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Photo Fanny Reynaud.
Edito

La revanche des syndicats

La mobilisation contre la réforme de la retraite remet les syndicats sur le devant de la scène. Après l'épisode des Gilets Jaunes, dont ils étaient les grands absents, ils ne pouvaient rêver meilleure opportunité.

Il y a évidemment différentes façons d’apprécier la crise sociale que traverse la France depuis le début du mois de décembre. Les médias dans leur ensemble s’attardent longuement sur les galères rencontrées par les usagers des transports en commun, sans trop souligner que ces désagréments frappent principalement les habitants de la région parisienne et plus parcimonieusement ceux de la France profonde.

On peut mettre l’accent sur le relatif flou qui entoure une réforme-phare du quinquennat d’Emmanuel Macron. Dans leur ensemble, les Français ont l’impression de ne pas savoir ce qui les attend. Dès lors, il leur est difficile de soutenir un dispositif dont ils mesurent mal les conséquences.

Universelle mais pas vraiment

Il est permis, aussi, de s’interroger sur ce qu’il reste de la notion d’universalité qui guidait la réforme quand se multiplient les exceptions, les cas particuliers et les singularités. Et logique de suivre, épisode par épisode, les négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Un face à face qui ressemble fort à une querelle d’égos et d’intérêts, un combat de coqs où, pourtant, tous les coups ne sont pas permis…

Retour sur scène

Le conflit social en cours, avec ses mouvements de grève qui troublent le quotidien des Français et ses mobilisations dans la rue, constitue aussi une forme de revanche pour les syndicats. Rappelons-nous. Il y a un an, seulement, ceux-ci étaient marginalisés, ringardisés, mis à l’écart  par une nouvelle forme de contestation, venue de la base. Les Gilets Jaunes occupaient les rond- points, descendaient dans la rue et donnaient des sueurs froides à un pouvoir médusé. Sans véritable structure, hirsute, spontané, polymorphe et difficilement contrôlable, le mouvement inquiétait les corps constitués. Et si les syndicats, dépassés et peu représentatifs dans notre pays, étaient devenus inutiles ?

La réforme des retraites est arrivée à point nommé pour des organisations en bien mauvaise posture. Elle les remet au centre du jeu, leur rend une place d’interlocuteur privilégié, leur donne, en quelque sorte, un bâton de maréchal. En prouvant leur capacité d’action ou de nuisance, suivant le côté de la barrière où l’on se situe, les syndicats retrouvent des couleurs. Ils peuvent ainsi remercier le gouvernement qui leur fournit du grain à moudre. L’occasion est idéale.

A eux, désormais, de sortir de cet épisode par le haut, sans quoi il pourrait s’agir d’un coup d’épée dans l’eau…

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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