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A Clermont, les nuits seront beaucoup moins belles- photo Patrick Bossin.
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La métropole clermontoise à l’heure du couvre-feu

Le couvre-feu est instauré dans la métropole clermontoise et l'ensemble du département du Puy-de-Dôme à partir de ce vendredi à minuit. Au total, 46 millions de Français se retrouvent désormais astreints au confinement nocturne.

Bien-sûr, on attendait la nouvelle conférence de presse du premier ministre, Jean Castex, flanqué de son ministre de la santé, Olivier Véran, dont la seule présence était un signe défavorable. De toute évidence, elle n’augurait rien de bon pour Clermont et sa métropole où les fameux indicateurs, brandis par les pouvoirs publics, montraient une augmentation de la contamination. La sentence était presque connue… Clermont allait rejoindre la liste peu enviable des agglomérations placées en alerte maximale.

Comme pendant la guerre…

Ce sera donc le couvre-feu, décrété pour une période de six semaines au minimum, et cela pour l’ensemble du département du Puy-de-Dôme… Le couvre-feu : une mesure extrême que la ville de Clermont n’avait connue qu’à deux reprises dans son histoire, entre le 2 et le 28 juin 1940 puis du 10 août 1943 au 27 août 1944.  Une décision dont on ne sait, en fin de compte, si elle se révélera efficace car le virus, évidemment, ne se contente pas d’agir quand le soleil se couche. Couvre-feu, ça signifie quoi ? Tout le monde à la maison, à partir de 21 heures. Finis les repas entre amis, les soirées familiales, les sorties-spectacles. Instauration du « métro, boulot, dodo » dans sa version clermontoise. Un véritable drame pour tout un secteur de l’économie locale, déjà plus ou moins exsangue après la longue période de confinement et qui tentait de sauver ce qui peut l’être.

“La situation est grave…”

« L’objectif est de pouvoir continuer à avoir une vie économique normale, que nos concitoyens puissent mener une vie normale, tout en réduisant les aspérités » expliquait récemment Emmanuel Macron. On pourra s’interroger sur sa définition de la normalité et même sur le sens qu’il donne au mot « aspérité ». Et le Chef de l’Etat de poursuivre : « On doit freiner la diffusion du virus pour protéger les autres, les plus âgés, les plus précaires ; on doit protéger notre système de santé et nos soignants… » Tandis que le premier ministre, recouvert d’un masque, a précisé, lors de son allocution: « la deuxième vague est là, la situation est grave. »

Des lendemains difficiles

Et maintenant ? Un passage du couvre-feu de 21 heures à 19 heures n’est pas écarté à court terme. Les plus pessimistes évoquent aussi un possible reconfinement que le gouvernement espère encore éviter. Jean Castex n’en a pas fait mystère : “si nous ne réussissons pas à juguler l’épidémie, nous devrons envisager des mesures beaucoup plus dures” a-t-il menacé. Ce qui est sûr, c’est que  l’automne sera long comme le printemps le fut. Au-delà des contraintes immédiates pour la vie quotidienne, les dégâts s’annoncent immenses.

La menace d’un nouveau confinement ?- photo P.Bossin.

 

 

 

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Décidémment personne n’ose suggérer l’immunisation collective… Je n’ai pas la science inffuse mais supposons que si cette décision avait été prise depuis mars, peut-être qu’il y aurait eu des chances pour que le premier confinement ne soit plus qu’une vieille histoire. Sauf que dans une société où l’on veut sauver tout le monde, on voit les côtés pervers de la chose.
    Que va-t-il donc se passer au-delà de 2020 ? Supposons qu’une 3ère, voire 4ème vague ait encore lieu, que devront donc décider les autorités ? Confiner toujours ?
    En termes de stratégie à long terme, on a vu mieux. Ce n’est donc pas la peine de faire les grandes écoles si c’est pour accoucher de telles décisions !

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