Guillaume Darrasse, directeur général d’Auchan Retail et président d’Auchan France, a été convoqué par la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale afin d’apporter des éléments justifiant le plan de sauvegarde de l’emploi, autrement dit le plan social, qui doit conduire à la suppression de 2.400 emplois dont 200 à Clermont avec la fermeture de l’hypermarché Auchan Nord, établissement emblématique et poumon économique du quartier Croix-de-Neyrat, né sous l’enseigne Mamouth au début des années 70.
Marianne Maximi, députée LFI du Puy-de-Dôme, membre de cette commission avec le député PC, André Chassaigne, a demandé des explications sur la stratégie actuelle d’Auchan au sein du Groupe Mulliez dont certaines enseignes rentables permettent de distribuer des dividendes. Guillaume Darrasse a esquivé le sujet financier en s’abritant derrière le fameux « délit d’entrave » alors que le PSE est en cours de négociation avec les instances syndicales mais a apporté un élément de justification de la fermeture en disant que Marianne Maximi avait oublié d’évoquer un problème de sécurité et de trafic de drogue dans le centre commercial.
La vision caricaturale de Guillaume Darrasse
Cette justification a provoqué une vive réaction de la part des deux députés du Puy-de-Dôme, au point que Guillaume Darrasse a du présenter ses excuses et préciser qu’il n’y avait pas de relation de cause à effet et que les problèmes de sécurité et de drogue étaient devenus une réalité pour un certain nombre de magasins. Olivier Bianchi, maire de Clermont, a lui aussi régit expliquant que les propos « sont non seulement inappropriés, mais aussi profondément injustes envers les habitants et les associations de Croix-de-Neyrat, mais également les salariés du site, qui aimeraient être considérés avec plus de dignité et moins de caricature » et d’ajouter « ces regrets n’effacent pas le tort causé par de telles déclarations. Ils entretiennent des stigmatisations infondées, et détournent l’attention des véritables raisons de cette fermeture : une absence d’investissements sur le site par le groupe ; et une stratégie commerciale défaillante. »
Le maire a également tenu a rappeler que la municipalité reste attentive à la vie sociale et économique du quartier et que ces dernières années, elle a fait démolir la passerelle qui enjambait le boulevard Clémentel, racheté la galerie marchande, construit une nouvelle médiathèque et bloqué l’implantation de nouvelles enseignes commerciales pour épargner à la grande surface de trop de concurrence.
En attendant la mise en œuvre du PSE et la fermeture de l’établissement, ville et métropole réfléchissent au futur du quartier dont une partie de la vie tourne autour de ce pôle commercial.
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