Accueil » Rencontre » Didier Guyot : le photographe sur verre
Didier Guyot, autoportrait.
Rencontre

Didier Guyot : le photographe sur verre

Didier Guyot réalise des photographies sur verre d’une incroyable intensité dans son atelier de la rue du Terrail.

C’est dans le vieux Clermont, sous l’ombre tutélaire de la cathédrale, que se trouve une petite boutique avec en vitrine des plaques de verres photographiques d’une profonde intensité. Didier Guyot est ambrotypiste, un drôle de nom pour désigner la maîtrise d’une technique photographique née en 1851. « L’ambrotype est un procédé de prise de vue photographique, à base de collodion humide, qui a dominé de 1851 à 1880. Il est le premier système de formation d’image sur plaque de verre et a été mis au point par le Britannique Frederick Scott Archer » souligne ce passionné d’appareils photographiques d’un autre temps.

Un couple- photo Didier Guyot.

Avant de s’intéresser à la photographie, Didier Guyot a eu plusieurs vies. Il a d’abord été dessinateur projeteur dans un cabinet d’architectes américain à Paris. Puis, il s’est frotté au design, quand les frontières entre design et architecture d’intérieur n’étaient pas encore distinctes, il a touché à tout : luminaires haut de gamme contemporains chez l’éditeur Roland Jamois, mobilier pour un expert en art et des galeries d’art.

C’est en arpentant une brocante qu’il est tombé sur une vieille chambre photographique à soufflet. Du pur bonheur pour cet amoureux de la photographie. Il a retapé le magnifique appareil mais reconnaît que sans le don précieux du brocanteur, un livre où étaient consignés les procédés anciens de la photographie du XIXe siècle, il n’aurait peut-être jamais franchi le pas du collodion humide. Soucieux d’en apprendre encore plus, il s’est rapproché d’une ambrotypiste qui a accepté de lui donner un coup de main.

Tombé amoureux de l’Auvergne

Didier Guyot aurait pu s’installer sur Paris mais avec son épouse Sylvie, ils sont tombés amoureux de l’Auvergne, un peu par hasard. « C’est en remontant de Montpellier en dilettante, par les petites routes que nous avons eu le coup de foudre pour l’Auvergne. J’avais vu un pêcheur à la mouche, près d’une rivière, avec un labrador à ses pieds, le rêve !” se souvient Didier Guyot. Didier et Sylvie sont venus passer des vacances à Picherande, dans le massif du Sancy. Ils ont tellement bien été reçus par leurs hôtes qui leur ont fait découvrir les beautés naturelles de la région émaillées de confitures délicieuses et de belles tranches de Saint-Nectaire qu’ils ont décidé d’acheter une maison secondaire à Egliseneuve d’Entraigues.

« Je suis tombé par hasard sur ce local qui était à louer depuis trois ans et demi, en me promenant à Clermont. J’ai signé un bail pour six mois. Puis j’ai eu très vite un reportage sur TF1 qui m’a attiré du monde ». Depuis, Didier Guyot n’est jamais reparti. Il prend le contre-pied de notre époque moderne qui multiple les selfies avec leurs appareils photo. Il entre dans l’âme des gens et donne un rendu saisissant à toutes les personnes qui franchissent les portes de son atelier.

Photo Didier Guyot.

Se photographier comme au XIXe siècle

Derrière un rideau, installé sur une chaise ancienne, le modèle cale sa tête sur un appui tête et prend la pose sans bouger, entre 3 et 15 secondes, selon la taille de la photo. Avant cela, le maître des lieux, lui a donné des consignes pour s’habiller car on ne peut pas porter n’importe quelle couleur et surtout lui a expliqué la technique photographique. Quand la chambre photographique a fait son ouvrage, le client descend dans le noir et assiste en direct au développement. Tout d’un coup son image apparaît, un moment d’une vive émotion qui restera à jamais gravé dans sa mémoire. Il faudra attendre que la photographie sur plaque de verre sèche, avant de pouvoir l’emporter.

Didier Guyot propose des coffrets cadeaux pour 90 €, un prix raisonnable pour vivre une expérience aussi forte et replonger dans les techniques photographiques du XIXe siècle.

À propos de l'auteur

Véronique Feuerstein

Véronique Feuerstein

Diplômée en histoire de l’art, Véronique Feuerstein a deux passions : le patrimoine et l’économie. Après un début de carrière au quotidien l’Eveil de la Haute-Loire au Puy-en-Velay, elle a collaboré au magazine de territoire Massif central puis est devenue rédactrice en chef de Massif-central entreprendre pendant neuf ans. Elle a ensuite participé au lancement d’un nouveau média : la Montagne entreprendre, appartenant au groupe Centre France.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite