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Errol Flynn en compagnie de Olivia de Havilland dans "Captain Blood" (1935)- photo D.R.
Chroniques

Des livres à défaut de grand écran

Ces temps difficiles, où le cinéma en salles n’existe plus, posent un problème à votre chroniqueur qui va tenter de vous parler de livres à lire et d’un film passionnant.

En cette période de fêtes, je me permets de vous conseiller la lecture de My wicked, wicked way  traduit en français par «  mes quatre cents coups » dans la collection « Hollywood incorrect ». Ce livre, écrit avec un vrai talent d’écrivain par un de mes acteurs favoris, se révèle un roman d’aventures homériques, parsemé d’un humour ravageur qui vous promènera dans le Hollywood des grandes années, en passant par tout ce qui fera d’Errol  une figure indispensable du cinéma d’aventure.  Autre livre sur notre héros à la belle moustache : La montre d’Errol Flynn de François Cérésa. Un jeune homme raconte comment sa mère vivant sur la côte d’Azur a vu le bel acteur et lui a demandé l’heure. Aussitôt Flynn a donné sa montre à la dame en lui disant de la lire elle-même et de garder le précieux objet. S’en suit une série d’aventures très inspirées par la vie de notre Errol héroïque, racontée par le narrateur qui ne peut être que Cérésa. Le journaliste au Nouvel Obs et au Figaro est aussi un écrivain à qui l’on doit une vingtaine de romans, tous à lire.

Un touche-à-tout qui ne se prend pas au sérieux

Rosemary’s Baby de Roman Polanski (1968).

Enfin, pour rester dans les livres festifs et distrayants, il faut absolument se procurer Comment j’ai terrifié l’Amérique de William Castle, roi de la série B, voire Z, qui a été producteur, réalisateur et acteur. Ce touche-à-tout a inventé des procédés ahurissants pour que le public sorte épouvanté de ses films qui, il faut le dire, ne figurent pas parmi les chefs d’œuvres du 7ème Art…Il a pourtant eu, en première main, le scénario de La dame de Shanghai qui lui a été dérobé, fort heureusement, par Orson Welles, devenu son ami…De même, c’est lui qui devait adapter Rosemary’s Baby qui a été confié par les producteurs à un certain Roman Polanski. Le livre est drôle, enlevé et montre un homme qui a eu la grâce de ne jamais se prendre au sérieux.

Et un film quand même…

“Enorme” de Sophie Letourneur.

Evoquons  aussi un film dont je n’ai pas eu le loisir de parler dans mes articles précédents : Enorme de Sophie Letourneur est une œuvre captivante qui est apparue sur nos écrans en septembre 2020 et qui n’a pas eu le temps de trouver son public. Espérons que, dès la réouverture des salles, le long-métrage rencontrera le succès qu’il mérite largement. En résumé, c’est l’histoire d’un homme qui a un tel désir d’enfant qu’il trafique la pilule que sa femme, artiste, doit prendre chaque soir, afin qu’elle ne puisse  pas avoir d’ enfant.  L’expérience de la maternité est donc montrée telle qu’on ne l’a jamais vue au cinéma, à ma connaissance du moins. .Elle devient un fardeau pour la femme et un épanouissement pour l’homme. Cette comédie atypique est littéralement enlevée par Jonathan Cohen et Marina Foïs, les protagonistes de ce film étonnant qui va à l’encontre de toutes les idées reçues. On pense aux frères Farrelly qui auraient été drogués par la Nouvelle Vague. Sophie Letourneur, dont c’est le quatrième film, s’exprime ainsi : « L’idée du film est venue après l’arrivée de mon deuxième enfant. Je voulais montrer la complexité de la grossesse. Ca ne se passe pas comme au cinéma où la femme perd les eaux, prend le taxi, et on lui met le bébé sur le ventre. Je voulais désacraliser la maternité car la sacralisation culpabilise. » Ajoutons que les séquences de l’accouchement sont extrêmement réalistes sans choquer toutefois les heureux pères qui ont pu assister à la naissance de leur enfant. Un moment où la vie se déploie en direct.

Il me reste à vous souhaiter de joyeuses fêtes, sans oublier les fameux gestes barrières. Quant au masque, je le porterai avec joie car il me fait penser à un de mes héros favoris, le grand Zorro…

Bientôt, le retour dans les salles…

 

 

À propos de l'auteur

Roger Herzhaft

Roger Herzhaft

Né à Strasbourg, il a exercé la profession d'opticien, passionné depuis toujours par le 7ème Art. Arrivé à Clermont-Ferrand en 1992, il fonde alors le "Cercle des Amis du cinéma" qu'il dirigera jusqu'en 2016,en tant que président. A animé ‌des émissions de télé et radio sur Clermont-Première, Radio Nostalgie et Radio France Bleu Pays d'Auvergne. Il aime en particulier le Western, Hitchcock, Truffaut, Steven Spielberg.

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