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David Ducreux / Photo 7 Jours à Clermont
David Ducreux / Photo 7 Jours à Clermont
Culture Événement Week-End

Un salon du livre de Royat-Chamalières renouvelé par David Ducreux

David Ducreux dirige à présent le Salon du livre de Royat-Chamalières. Il a peaufiné la 11e édition avec de l'exigence et un nouveau format limité à 50 auteurs mais tous prendront la parole au cours de rencontres.

En ce début octobre, la 11e édition du Salon du Livre de Royat-Chamalières va se tenir au Casino Partouche. David Ducreux qui assure désormais la programmation et la direction de la manifestation a sérieusement fait évoluer le format. Tout en restant grand public, ce salon s’est recentré sur la littérature avec moins d’auteurs, beaucoup plus de rencontres et de débats et un confort accru pour les invités et le public.

Olivier Perrot : David, vous avez étudié les lettres et la philosophie à l’Université de Clermont, travaillé chez France Bleu pays d’Auvergne puis vous êtes parti à Paris. Qu’avez vous fait pendant toutes ces années ?
David Ducreux : J’ai travaillé presque 25 ans dans l’édition et durant les dernières années passées chez Gallimard, j’étais responsable, entre autres choses, des salons. J’en ai vu énormément, j’ai accompagné des auteurs pratiquement tous les weekends sur des salons un peu partout en France et à étranger. J’ai donc vu comment se déroulent ce genre de manifestation.

O.P : De retour à Clermont, vous voilà secrétaire général du prix Alexandre Vialatte et désormais  programmateur du Salon de Royat-Chamalières. Qu’elle était votre perception de ce rendez-vous ?
D.D : Je savais que le salon de Royat-Chamalières était un bon salon, mais qu’il était noyé au milieu d’autres et avait un peu de mal à exister au niveau national. L’idée de départ a été de définir une ligne beaucoup plus clairement car des salons généralistes, il y en a beaucoup et ceux qui fonctionnent bien sont ceux qui ont une ligne claire, souvent en sciences humaines. En réalité quand on est sur le roman, on est très vite généraliste car on va sur une multitude sujets.

O.P : Quand vous avez accepté la mission, vous avez clairement affiché l’intention d’en faire un salon littéraire. Qu’aviez-vous en tête ?
D.D : Quand j’ai dit que l’ambition était d’en faire un salon littéraire, je pensais à toute la palette de littérature pas forcement en terme de genre, même si on a un peu de science-fiction et un peu de Polar. Mais je visais de la littérature plus populaire et plus grand public au bon sens du terme et en même temps, des romans ou des récits un peu plus exigeants avec des auteurs qui ont aussi une ambition et une exigence sur la forme. L’idée était de mélanger tout cela pour être sur une ligne tournée vers le grand public cultivé, les gens qui ont l’habitude de lire mais qui ne sont pas pour autant des spécialistes de la physique nucléaire. On se situe début octobre, l’idée était d’avoir des auteurs de la rentrée littéraire, ce qui était déjà un peu le cas.

O.P : Justement à cette période il faut savoir un peu jouer des coudes pour programmer un salon.
D.D : On a une concurrence assez importante car sur le seul premier weekend d’octobre, il y a, en tout, 8 salons du livre. Certains sont plus importants que celui de Royat-Chamalières, déjà en terme d’ancienneté mais aussi en nombre d’auteurs invités, parfois jusqu’à 250, 300 sur deux jours. Donc pour se démarquer plutôt que de rentrer dans la course pour avoir le plus de monde possible, on a essayé de travailler la qualité. La qualité d’accueil évidemment avec l’idée qu’un auteur heureux, bien reçu et avec le sourire est un auteur qui reviendra et qui sera content de son weekend… cela je l’ai appris dans mon poste précédent.

O.P : Cela vous a obligé à revoir le format du salon ?
D. D : Ce qui se passait avant, avec 80 à 100 auteurs et une dizaine de rencontres pour une dizaine d’auteurs c’est que la majorité des invités ne faisait que dédicacer. J’étais passé sur le salon l’an passé et j’avais été un peu effrayé de voir que les auteurs étaient presque assis les uns sur les autres, même si l’image est un peu exagérée. Moi je suis parti du principe que tous les auteurs invités devaient être traités de la même manière et que tous les invités devaient bénéficier d’une rencontre. Le salon débutant le samedi midi et fermant le dimanche soir, on a un peu plus de 24 heures, moins la nuit évidemment, et on a du limiter à 50 auteurs. Cela donne également plus de confort général à la manifestation, permet d’avoir plus de moyens pour développer la qualité d’accueil et surtout de mieux mettre en valeur tous les invités.

O.P : Du coup comment avez-vous travaillé la répartition en lançant les invitations  ? 
D.D : On a des auteurs publiés dans des maisons nationales et parisiennes la plupart du temps. C’est la moitié de la programmation et cela nous permet de suivre l’actualité. L’autre moitié est composée d’une partie jeunesse-ado et des éditeurs régionaux, mais toujours en suivant la ligne de la littérature générale. Les éditions De Borée ou Revoir qui sont présentes ne le sont qu’avec des romans.

David Ducreux a programmé avec un peu d’exigence, mais pas trop

Olivier Perrot : Les auteurs réclament de plus en plus une rémunération lorsqu’ils sont en tournée de promotion. Vous avez fait ce pas en avant ?
David Ducreux : Oui, on a décidé de rémunérer les auteurs. Tout cela est un engagement très fort à la fois des municipalités, du Casino et de nous tous, pour soutenir la filière du livre. C’est tout simplement une véritable aide aux auteurs, qui est un peu symbolique mais qui a le mérite d’exister. De plus, on offre une rencontre à chacun des auteurs, souvent par deux, parfois seul ou a trois, mais le face à face est majoritaire avec un modérateur qui est là pour faciliter l’échange.

O.P :  En limitant à 50 invités et avec votre exigence, vous n’avez pas la crainte de perdre des visiteurs qui trouveraient que le salon est devenu pointu ? 
D.D : Je ne sais pas si on peut employer le mot pointu car en réalité on a des auteurs comme Michel Bussi, Cécile Coulon qui sont très connus, des auteurs comme Pierre Rofast et Frabrice Rose des auteurs de Clermont ou de la région qui tournent depuis un certain nombre d’années, on a aussi des auteurs comme Olivier Bourdeaut, Bartabas, Cédric Sapin-Defour… c’est tout sauf élitiste. Aurélien Bellanger qui fait l’actualité de la rentrée présente un livre au Seuil un peu plus exigeant mais cela reste grand public. C’est une belle programmation, avec un peu d’exigence mais pas trop. Je pense que le public s’y retrouvera tout à fait, je n’ai pas de crainte. Ce que l’on a aussi créé, c’est un espace jeunesse un peu dédié, en réorganisant l’espace, avec des ateliers de dessins et aquarelles ouverts aux petits et aux grands. C’est vraiment l’idée d’ouvrir à un public plus large. En fait, on imagine davantage gagner du public qu’en perdre.

11e Salon du livre de Royat-Chamalières, samedi 5 et dimanche 6 octobre 2024, casino de Royat. Programme complet et liste des 50 auteurs invités à découvrir sur le site web du salon

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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