Voici une histoire de quartier comme on aimerait en voir plus souvent. À Clermont, rue de la Cartoucherie, la boulangerie-pâtisserie Dallier alimente quotidiennement les riverains en pain, viennoiserie et autre pâtisserie. La réputation du boulanger est plutôt bonne, ses produits aussi et chacun s’accorde à dire que la présence de cette boulangerie dans le quartier est indispensable. Mais un jour, les services de la préfecture du Puy-de-Dôme déclenchent un contrôle administratif. La visite se termine par une sanction sans appel : Fermeture administrative immédiate pour défaut d’hygiène généralisé et de maintenance de l’ensemble des locaux et équipements, défaut de maîtrise des conditions de conservation des denrées détenues et défaut de traçabilité des produits détenus. Comme d’habitude dans pareil cas, le préfet laisse la possibilité à l’exploitant de se mettre en conformité avec réouverture après contrôle. Pour le boulanger et son équipe, le coup est rude et risque même d’être fatal. Pour la petite entreprise artisanale, généralement les mises en conformité sont longues, parfois coûteuses souvent rédhibitoires. Ce que ne sait pas le boulanger au moment où il verrouille sa porte, c’est qu’il va pouvoir compter sur un élan de solidarité.
Cagnotte et huile de coude pour la boulangerie Dallier
Pour les habitants du quartier, pas question d’aller chercher le pain ailleurs que chez Dallier. Un élan de solidarité voit le jour pour aider le jeune artisan boulanger à rouvrir au plus vite. Une cagnotte en ligne est ouverte avec l’objectif de rassembler 5 000 euros, notamment pour payer les salaires le temps que l’établissement puisse retrouver son activité. Mais pour pouvoir le rouvrir, il faut le nettoyer et le remettre au niveau demandé par la préfecture. La solidarité du quartier entre encore en action et un sérieux coup de main est donné au boulanger pour procéder aux travaux et au nettoyage nécessaires. L’huile de coude ne manque pas et 15 jours à peine après la fermeture administrative, une contre-visite positive permet la réouverture et la reprise de l’activité.
« Cette mésaventure me servira de leçon et aura permis de refaire une beauté complète au lieu où je serai heureux de vous accueillir » écrit Julien Dallier sur sa page Facebook. La cagnotte quant à elle a atteint l’objectif fixé.
Pour autant l’édifice reste fragile et le boulanger ne doit pas se laisser submerger par le travail au détriment des conditions de travail pour éviter de revivre une telle situation. La solidarité à payé et peut payer davantage car il ne faut pas oublier que ces ont les clients qui possèdent le pouvoir sur l’économie…











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