Les sénateurs des départements dits thermaux ont co-signé une motion transpartisane pour réclamer la préservation de la prise en charge actuelle des cures thermales médicales.
C’est Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme, qui lors de la dernière séance publique au Sénat a remis la motion au Premier ministre et à la ministre de la Santé, se faisant ainsi le porte-parole d’une filière forte de 42 départements, 88 stations thermales, 25 000 emplois, 4,8 milliards d’euros de retombées économiques et 220 millions d’euros de taxes et cotisations sociales reversées à l’État.
À peine 0,5 % du budget global de la Sécurité Sociale
La motion avait pour but d’alerter sur « les conséquences désastreuses du projet de transférer sur les mutuelles, les prises en charge des cures thermales conventionnées qui représentent 200 millions d’euros » soit à peine 0,5 % du budget global de la Sécurité Sociale. Lors de son discours, le sénateur n’a pas hésité à évoquer un gouvernement qui s’apprête à casser la filière française du thermalisme sans même attendre les conclusions définitives qu’il a lui-même commandées à la HAS, Haute Autorité de Santé, dont les travaux débutent à peine pour évaluer les bienfaits des cures thermales médicales.
La motion a également pour but de réclamer un moratoire sur le transfert vers les mutuelles le temps que les conclusions scientifiques soient rendues et qu’une véritable concertation soit ouverte. Derrière cette demande, c’est l’avenir de la médecine thermale qui se joue mais aussi l’accès aux soins pour des milliers de patients et l’équilibre de nombreux territoires.
Remboursement des cures : un marronnier du gouvernement ?
Ce projet était déjà sur le tapis en 2025, alors que le Premier ministre grattait les fonds de tiroirs pour présenter son budget. Bis repetita pour 2026 avec le même motif et la même punition potentielle pour une filière qui a déjà du mal à se remettre de l’épisode Covid et de la hausse des coûts d’exploitation dans la période qui a suivi.
Interrogé sur la question en novembre 2025, le directeur des thermes de Royat* avait déjà fait les calculs et peut sortir exactement les mêmes aujourd’hui. Pour Dominique Ferrandon, ce projet est une erreur pour trois raisons. La première est médicale car pour faire 200 millions d’économies sur les cures thermales, les curistes vont abandonner ce type de soin et dépenser davantage en médicaments, ce qui médicalement n’est pas pertinent et risque de peser un peu plus sur le poste remboursement.
La seconde raison est économique car la réforme risque de mettre à mal 110 établissements en France qui emploient du personnel et rapportent plus que la dépense comme l’a rappelé le sénateur Boyer au Sénat.
La troisième raison est que 85 % des stations se trouvent dans des communes de moins de 5 000 habitants et qu’elles sont souvent le plus gros employeur du territoire. Pour Dominique Ferrandon, le gros risque serait de voir des territoires thermaux devenir des friches.
*À Royat, une centaine d’emplois est directement liée à l’activité thermale.
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