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C. Michy en compagnie d'A. Schaefer et O. Bianchi au stade Montpied
Rencontre Vendredi

Clermont Foot : Retour sur les années Michy avant la reprise de la saison

Alors que le club débute sa saison en Ligue 2,ce vendredi (20h), avec la réception de Châteauroux, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le Clermont-Foot. Arrivé un peu par hasard à la tête du CF 63, Claude Michy a décidé de passer la main à l’investisseur suisse Ahmet Schaefer au printemps dernier. Tout sauf amateur de football, le fondateur de la société PHA s’est pris au jeu et revient, en exclusivité pour 7 jours à Clermont, sur un règne de 14 ans, qui a installé le club durablement dans le monde professionnel.

7 JOURS A CLERMONT : Vous avez repris un « champ de ruines » en 2005 alors que personne ne voulait plus du Clermont Foot. Comment êtes-vous arrivé dans ce qui ressemblait à une galère ?

Claude Michy : On ne peut tout de même pas parler de galère ! Je ne suis pas spécialement fan de football à la base et le club connaissait des difficultés en termes de gestion. C’est vrai que le contexte de l’époque n’était pas simple. Il existait pas mal de problème entre les dirigeants du club et les collectivités, mais aussi au sein même du club. Je suis arrivé un peu par hasard. La municipalité souhaitait que je prenne en main le club avec son soutien pour essayer de le remettre sur de bons rails et, dans une certaine mesure, le développer et le pérenniser. Je me suis retrouver face à quelque chose dont je n’avais pas toute la maîtrise au départ…

 7JC : Pourtant, on vous sait bien plus passionné par l’organisation événements sportifs que par le football …

C.M : La vie est faite de hasards mais aussi de choix. Le football n’était pas un vecteur vers lequel je me serais tourné spontanément. Toutefois, devant cette opportunité, j’ai pris mes responsabilités pour découvrir également un monde que je ne connaissais pas.

7JC : Quels objectifs vous étiez-vous alors fixés à l’époque ?

C.M : Quand vous arrivez dans un monde que vous ne connaissez pas, vous ne vous fixez pas d’objectif précis hormis celui de réaliser une bonne gestion du club. C’est une philosophie auvergnate qui m’a guidé avant tout. Venir, observer, écouter et ensuite, dans un second temps, apporter des réponses pour valoriser les bonnes choses et mettre en place de nouvelles méthodes pour aider le club à grandir.

7JC : Quels souvenirs conserverez-vous ? Qu’avez-vous appris à la tête du club ?

C.M :  Je n’ai pas pour habitude de vivre dans le passé donc je n’ai pas de souvenir particulier à mettre en avant. La seule chose qui compte en réalité, c’est l’aventure humaine, faite de rencontres. Je retiens également la découverte d’un milieu particulier, qui a ses propres codes. On dit souvent du mal du football mais j’ai appris à découvrir sa principale qualité : la mixité ! Dans un vestiaire de foot, on trouve des blancs, des noirs, des chrétiens et des musulmans, des athées aussi ! Au lieu de se tirer dessus, les différentes communautés feraient bien de prendre exemple sur le vestiaire d’un club de foot ! On a même réussi à renforcer encore un peu plus cet aspect en ajoutant une touche féminine pour driver tout ce petit monde … (Rires)

7JC : On a le sentiment que vous vous êtes finalement « pris au jeu » avec votre arrivée au sein des instances dirigeantes du foot français…

C.M : Que ce soit au conseil d’administration de la Ligue nationale de football (LFP) ou au sein de l’UCPF (syndicat des clubs professionnels), j’ai surtout été poussé par mes camarades présidents de clubs. Je ne voulais pas spécialement en être et, d’ailleurs, je pensais ne pas avoir été élu dans un premier temps ! Deux postes étaient à pourvoir au sein de la LFP et j’étais arrivé second ex-aequo et disant à tous qu’il était inutile de voter à nouveau… Finalement, suite à un désistement, j’ai été rattrapé par la patrouille ! Cela n’avait pour moi rien de négatif, car il est vraiment très intéressant d’apprendre chaque jour de nouvelles choses.

7JC : Depuis votre arrivée, le club a grandi. Peut-on rappeler les diverses étapes de la restructuration ?

C.M : Le club possède aujourd’hui de bonnes fondations tant sur le plan financier que sportif. Sur le plan structurel également avec la mise en œuvre du centre de formation partagé avec l’ASM-Clermont. Ce rapprochement est assez unique en son genre et réussir à unir deux clubs professionnels de sports différents était une première ! Là-aussi, c’est une belle aventure humaine qui s’est matérialisée avec l’ASM-Omnisport qui gère la formation des jeunes rugbymen. C’est une réalisation pérenne qui permet aux différents staffs d’échanger, de partager les expériences. Elle se révèle profitable à tous et on prolonge cette envie de voir les différents acteurs évoluer dans cette notion de bien vivre ensemble.

7JC : Au cœur de ces évolutions majeures, ce centre de formation, c’est l’héritage Michy et une trace de votre passage à la tête du club ?

C.M : Je ne me trouve pas dans cette pensée-là … Vous savez, quand les gens viennent à disparaître, les discours à l’église en font toujours des gens exceptionnels. Fort heureusement je ne suis pas encore dans le cercueil, alors évitons ce genre de théorie. J’ai fait de bonnes choses, d’autres moins, mais j’ai apporté ma pierre à l’édifice. Aux nouveaux dirigeants de faire à leur tour de bonnes choses et d’accomplir ce qui n’a pu être réalisé ou que je n’ai pas eu le temps de mettre en oeuvre.

« Malgré mon côté macho, j’ai eu envie d’essayer une femme coach à la tête de l’équipe ! »   

Claude Michy- photo B.Cherasse.

7JC : Quand on n’a pas de pétrole on a des idées, les vôtres sortaient clairement du lot, et avec un certain succès, comme la première coach féminine d’un club pro ?

C.M :  Quand vous avez la chance d’être actionnaire unique, vous vivez dans le luxe et vous n’êtes pas obligé de demander leur avis aux autres. On peut alors se permettre de prendre des décisions plus instinctives. Je suis issu du monde rural et, en général, on a un peu plus d’instinct que lorsqu’on est issu du monde urbain ! (Rires) Même si j’ai un côté un peu macho, tendance moyen-âge, j’ai eu cette envie d’essayer de proposer à une femme de gérer un vestiaire de footballeurs masculins. J’ai avant tout voulu voir les compétences de Corinne Diacre et ce qu’elle pouvait apporter au club.

7JC : Avec un petit budget, des structures moins qualitatives que d’autres clubs, Clermont est aujourd’hui bien installé en Ligue 2. Était-il possible de faire mieux selon vous ?  

C.M  Le football est un sport aléatoire et donc tout est toujours possible, y compris avec des moyens plus modestes. On voit bien en Coupe de France que le petit peut parfois croquer le gros, et ce qu’on a vu cette saison en Ligue des Champions démontre également qu’on peut exceller lors d’un match et tout gâcher ensuite pour se faire éliminer. A Clermont, on s’est toujours battu avec nos moyens, sans rougir, ni faire de complexe par rapport aux autres. Souvent, la notion de performance ne tient pas à grand-chose, alors on aurait peut-être pu faire mieux, mais ce qu’on a fait n’est déjà pas si mal. Peut-être avions nous atteint le plafond de verre, je ne le sais pas. Mais la nouvelle équipe dirigeante aura j’espère l’occasion de le briser !

« Ahmet Shaefer et son équipe savent où ils vont… »

7JC : Vous avez activement préparé votre succession, il était impossible de laisser « le bébé » dans de mauvaises conditions…

C.M : J’ai essayé de prendre toutes les précautions pour que cette succession se réalise dans les meilleures conditions. Il est évident que lors d’un changement de direction, il y a de nouvelles méthodes de travail qui s’installent. Il faut que les personnes en place s’adaptent à ce nouveau mode de fonctionnement et on sait que, dans un monde particulièrement médiatisé, il existe beaucoup d’attente vis-à-vis de la nouvelle direction. Ce qui m’a plu dans le discours d’Ahmet Schaefer, c’est sa volonté de ne pas tout révolutionner et de prolonger le bon travail des gens déjà en place.

7JC : Un mot sur cette succession avec Ahmet Schaefer…

C.M : Pendant la séquence de vente, nous avons bien sûr connu une certaine proximité mais, ensuite, durant la phase de transition, débutée en mars, j’ai fait le choix de rester en réserve de la république. Mon sentiment est qu’Ahmet Schaefer et son équipe savent où ils vont et comment mettre en place leur projet.

7JC : Vous resterez un supporter du club ?

C.M :  Je n’ai pas de raison de ne pas l’être en tous cas ! Comme je vous le disais plus tôt, je n’ai pas cette philosophie de vivre dans le passé, d’entretenir le souvenir. Dès que les choses ont été effectives pour la vente du club, on est entré dans la dernière ligne droite de la préparation du Grand-Prix de France moto, dont je suis le promoteur. Je suis passé immédiatement à autre chose et seuls les nouveaux défis m’intéressent vraiment pour le futur.

Pour la reprise de la saison de Ligue 2, le Clermont-Foot dispute son premier match de la saison à domicile ce vendredi 26 juillet à 20 h, avec la réception de Châteauroux. Pour plus d’informations et la billetterie : www.clermontfoot.com

 

À propos de l'auteur

Julien 0ury

Julien 0ury

Journaliste-commentateur sportif dans des médias nationaux comme Eurosport, Sud Radio ou encore Rugbyrama.fr, c'est un ancien sportif qui a choisi de vivre sa passion jusqu'au bout. Amoureux de sa région, il a la volonté de présenter le sport à travers ses émotions. Diplômé de l'école de journalisme de proximité de Vichy, il souhaite mettre en avant la qualité du travail des clubs sportifs locaux afin de faire connaitre les hommes et femmes qui se battent pour faire perdurer l'activité sportive pour tous.

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