Accueil » Environnement » C’est quoi les méga-bassines ?
Irrigation / Photo Suleyman Sahan Pexels
Photo Suleyman Sahan Pexels
Environnement

C’est quoi les méga-bassines ?

De 5 à 7 000 marcheurs opposant au projet de méga-bassines dans la Limagne, ont défilé ce weekend de Chignat à Billom. Mais que sont exactement les méga-bassine ?

Durant le long pont de l’Ascension, un défilé contre le projet des deux plus plus grandes méga-bassines de France, dans la plaine de la Limagne, a réuni entre 5 et 7 000 marcheurs et cyclistes entre Chignat et Billom. Ambiance plutôt calme, pas de débordement et une volonté affichée de faire de la pédagogie afin d’expliquer pourquoi ce qui est annoncé comme une avancée vers une agriculture durable n’est pas forcement une très  bonne idée.
En Limagne, deux retenues d’eau de 14 et 18 hectares doivent, à termes, irriguer près de 800 hectares exploités par une trentaine d’agriculteurs* partenaires de Limagrain. L’entrerpise auvergnate qui est l’un des plus importants semenciers du monde, défend l’idée des méga-bassines au nom de la sécurité alimentaire. Les opposants, de leurs côté, pointent du doigt un accaparement d’un bien commun et dénoncent l’impact écologique et les méfaits de « l’agrobusiness ». L’Association Syndicale Libre des Turlurons qui a mis sur pied le rassemblement, embarquant au passage, divers associations et collectifs, espère obtenir un moratoire  accusant Limagrain de vouloir « sécuriser sa production de maïs, semence destinée à l’exportation« .

C’est quoi les méga-bassines ?

Ce que l’on appelle une méga-bassines est une réserve de substitution (ou retenue de substitution) permettant de stocker de l’eau agricole, destinée à l’irrigation afin de permettre l’arrosage des cultures au moment où elles en ont besoin, en particulier l’été. Le principe est de constituer la réserve en hiver en pompant dans les nappes phréatiques, ou parfois dans des cours d’eau. Ce devrait  être le cas pour les deux méga-bassines de Limagne qui seraient alimentées par l’eau de l’Allier. Au regard de la situation hydrologique durant l’année 2023, le principe est plutôt rassurant pour les exploitants qui, durant l’été dernier ont été soumis à des restrictions. Cependant pour certains scientifiques, ce stockage n’a pas de sens. Christian Amblard, directeur de recherche honoraire au CNRS et docteur d’État en hydrobiologie, estime que le fait de stocker de l’eau dans des retenues en fait perdre une grande quantité par évaporation, en particulier durant les périodes de fortes chaleurs, entre 20 et 60 % en fonction de la météo. On peut cependant argumenter le fait que l’eau qui s’évapore, n’est pas perdue puisqu’elle finit par retomber en pluie… ailleurs.

Répartition équitable de la ressource

La vraie question est sans doute du côté de la répartition équitable de la ressource. Si le remplissage d’une méga-bassine l’hiver conduit à des coupures d’eau potable l’été, une méga-bassine ne semble pas pertinente, surtout si son eau est utilisée pour produire des céréales grandes consommatrices, destinées à l’export. On peut également creuser du côté des cultures nécessitant peu d’eau comparées à d’autres. Par exemple, le Sorgho ou le colza sont très sobres comparé au maïs. Mais finalement, cette question ressemble fort à celle posée à propos de grands groupes qui ont autorisation de pomper dans les sources pour commercialiser dans le monde entier, de l’eau en bouteille . Il serait d’ailleurs intéressant de comparer les débits et les mètres cube.

* Selon certaines sources, le président de la coopérative Limagrain ferait partie des 36 agriculteurs concernés.

À propos de l'auteur

7 Jours à Clermont

La rédaction de 7 Jours à Clermont est composée de journalistes professionnels locaux. 7 Jours à Clermont, média web entièrement indépendant, a la volonté de mettre en exergue l’activité et les événements marquants des 7 jours à venir dans la métropole clermontoise.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé