Au bout du « Kilomètre lancé » à Cournon, le gigantesque chantier du nouveau Centre d’Exploitation et de Maintenance des bus T2C est une véritable ruche. Tous les corps de métier sont présents et mettent les bouchées doubles pour mener à bien la construction de la « pierre angulaire » d’InsipRe. Pourquoi une telle effervescence sur le chantier qui n’est pas celui dont on parle plus ? Tout simplement parce qu’il est le plus important du projet. Si le Centre d’Exploitation et de Maintenance n’est pas terminé à temps, les futurs trams-bus des lignes B et C ne pourront pas circuler à la fin de l’année comme le prévoit le programme, et l’ensemble du nouveau réseau aura bien du mal à devenir réalité.
Le futur centre d’exploitation T2C va s’étaler sur 7 hectares
Visiter le chantier permet de se rendre compte que les transports en commun exploités par T2C sont en train de passer définitivement au niveau requis par une métropole, tant l’ensemble est vaste et imposant. Les chiffres sont éloquents : 7 hectares de surface totale, 19 200 m² de surface végétalisée, 18 359 m2 de panneaux photovoltaïques* 36 000 m² de surface de stockage pour accueillir à terme 190 bus mais aussi le personnel de l’entreprise, soit 530 agents, Sur le chantier du centre d’exploitation T2C, en gilet fluo et avec un casque sur la tête, Philippe Lemeau, chargé d’opération au SMTC-AC veille au bon déroulement des opérations.
7 Jours à Clermont : Quel est exactement votre rôle ?
Philippe Lemeau : Je m’occupe, pour le compte du SMTC, de ce grand projet qui va héberger le siège de T2C, la partie maintenance des bus et le remisage de 190 véhicules avec la grande problématique de la migration énergétique vers le tout électrique et toute les problématiques que cela pose. C’est un bel enjeu et un beau challenge pour moi aussi…
7JàC : À terme la technologie thermique va sans doute disparaitre au profit de l’électrique, mais arrivera peut-être l’hydrogène. Le centre est donc conçu pour évoluer ?
P. L : On a vraiment prévu un site très modulaire. Il est prévue pour les deux technologies, électrique et thermique. Le bâtiment est adapté à la question puisqu’on pourra travailler au dessus bus pour l’électrique et sous le bus, pour le thermique et on a déjà réfléchi à une évolution prochaine.
7JàC : Quelle seront les tâches accomplies sur ce site ?
P. L : T2c assure 100% de la maintenance des bus, que ce soit l’entretien courant, les vidanges, la mécanique pour la partie flotte thermique, mais aussi de la carrosserie, de la peinture. Et aujourd’hui l’électromécanique, la maintenance des systèmes électriques, l’électronique de puissance.
7JàC : Quand le site sera opérationnel quel sera le circuit des bus ?
P. L : Ce sera un parcours quotidien. À l’arrivée du bus il y a un nettoyage** puisque les véhicules sont nettoyés tous les jours. T2C assure un nettoyage intérieur tous les jours et un extérieur tous les quatre jours en moyenne. Ensuite, il vient se garer sur le site avec soit un avitaillement électrique, soit un avitaillement gaz ou anecdotiquement en gasoil. Ensuite si besoin, pour la maintenance régulière il entrera au garage ou pour du curatif lorsqu’il y aura besoin de réparations.
Une réception de chantier prévue le 30 septembre 2025
7JàC : Le timing semble serré : Où en êtes vous actuellement ?
P. L : Le chantier a commencé en novembre 2023, cela fait donc bientôt 15 mois et il est prévu que la réception de chantier se fasse le 30 septembre. Il reste encore beaucoup de travail. On a quasiment doublé le nombre de compagnons, on est à près de 180 compagnons sur le chantier. On est pas loin du « hors d’eau – hors d’air » et l’objectif est de tourner la clé le 30 septembre pour faire migrer T2C sur ce site.
7JàC : Tout se déroule comme prévu ?
P. L : Aujourd’hui on a une évolution rapide des thématiques technologiques. On se confronte à des problématiques que l’on avait pas imaginé. Héberger des bus électriques sous les ombrière photovoltaïques que l’on nous impose par exemple, est une vraie question. Cela fait peur à tous le monde, il y a des risques et c’est la plus grosse difficulté rencontrée. Le reste est une construction classique qui reste dans ce que l’on connaissait déjà.
7JàC : Ce chantier du Centre d’exploitation T2C est gigantesque, sera-t-il terminé à temps ?
P. L : On met les moyens pour que cela soit fini à date. C’est un objectif, mais c’est presque une obligation de résultat puisque les lignes seront prêtes, les bus seront arrivés et il faut absolument que cela fonctionne. On met les moyens et j’ai bon espoir qu’on y arrive. Pour l’instant on est dans les temps.
*Le site sera une véritable centrale de production d’énergie solaire, capable de répondre à 100 % des besoins énergétiques nécessaires l’exploitation des bus des lignes B et C et du centre lui-même.
**Sur le site, la récupération des eaux pluviales permettra d’alimenter les équipements sanitaires. 25 à 30 % des besoins en eau
pour le lavage des bus seront également couverts par le système de récupération de l’eau de pluie et le recyclage des eaux de lavage des bus en sera en circuit fermé, à hauteur de 80 %.












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