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La PM de Clermont dans une salle de boxe Photo Éric Gauthey
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Vie publique

Avec Julien Bony la sécurité est un sport de combat

Accompagné de son premier adjoint chargé de la sécurité, Gérald Sertelet, c’est entouré de policiers municipaux et dans la salle de boxe de la maison des sports que le maire de Clermont a présenté sa politique de sécurité pour les six prochaines années.

Sécurité : une rhétorique guerrière

Présenter cette politique[1], au dernier moment, dans une salle de boxe, ériger cette politique en bouclier de sécurité, « choisir la tolérance zéro envers tous ceux qui pourrissent la vie des habitants » relèvent pour le moins d’une phraséologie choisie, d’une rhétorique parfois guerrière, d’une communication affichée et assumée. Il est vrai que l’on ne peut ignorer le réel.

Sécurité et délinquance croissante

À Clermont-Ferrand, comme ailleurs, la délinquance progresse. C’est, sans entrer dans une bataille de chiffres, un fait, même si cette simple réalité mériterait plus d’analyses comme la part croissante des violences intrafamiliales. Le problème est identifié, l’attente des citoyens connue. Le maire de Clermont-Ferrand entend y répondre par « une politique publique locale (…) dans le respect des principes de l’État de droit et en complémentarité avec les compétences de l’État ».

Une promesse cohérente, une politique de moyens

Pas de doute, la politique déclinée est en totale cohérence avec celle annoncée lors de la campagne des municipales. Constance et cohérence donc pour une politique centrée sur le renforcement des moyens.

40 policiers municipaux en 2020, 76 début 2026. Ils devraient être 100 de plus à la fin de la mandature pour rejoindre un ratio moyen national d’environ 1/1 000 habitant. Des policiers armés[2] « sur volontariat et, d’abord, pour leur propre sécurité », un nouvel Hôtel de Police plus adapté « pour plus d’efficacité dans l’organisation des policiers », une présence sur le terrain élargie (aux quartiers, en amplitude) « pour plus de visibilité ». S’ajoutent à ce premier axe, principal, et sans reprendre en simple copie l’intégralité du communiqué de presse, l’extension de la vidéosurveillance (« pour passer de 115 à environ 3 ou 400 équipements ») ou la création d’une « brigade dédiée aux transports », par exemple.

Des moyens, ce sont aussi des budgets. Le maire de Clermont-Ferrand évoque un budget actuel de l’ordre de 2 % du budget d’ensemble de la Ville et devant passer à environ 8 ou 9 %. Julien Bony indique « qu’il s’agit là d’un ratio conforme aux moyennes nationales » et promet « une augmentation sans impôts supplémentaires, financée donc par des économies menées par ailleurs ». Pas de chiffres clairs, mais une indication donnée pour la seule augmentation des effectifs « chiffrée à environ 3 millions d’euros ».

Sécurité : l’impossible débat ?

Une réponse du tac au tac, c’est le pragmatisme revendiqué dans cette politique, « en réponse à l’attente claire des citoyens » rappelle l’édile et qui consiste à mettre en face des actes de délinquance une présence ferme, renforcée, directe. C’est aussi une illustration de l’évolution de nos sociétés. Si les actes d’incivilité, de violence augmentent, c’est malgré l’augmentation parallèle des moyens affectés à la lutte. Une évolution incontournable sans doute, une évolution nécessaire peut-être. Le temps s’éloigne donc où les forces de l’ordre redeviendront les gardiens de la paix. Elles n’ont aucune responsabilité dans cette dure réalité et méritent absolument tout le respect qui leur est dû. Répondre aux faits par des actes ne saurait cependant occulter le nécessaire travail à mener, Élus et citoyens, pour mieux comprendre les causes plus profondes, sans dogmatisme ni d’un côté, ni de l’autre. Il s’agit là de marcher sur nos deux pieds.

[1] Elle fera l’objet d’un vote au prochain conseil municipal du 19 juin.
[2] Armes de poing létales, catégorie B (anciennement D), de type pistolet 9 mm.

policiers municipaux en démonstration Photo Éric Gauthey
Policiers municipaux en démonstration Photo Éric Gauthey
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À propos de l'auteur

Eric Gauthey

Né avec la crise des missiles de Cuba, son enfance, ses études et ses premières années de la vie d’adulte furent nomades.
Au début des années 90, il émigre à Clermont-Ferrand pour se sédentariser. Son métier, non moins sédentaire, l’engage dans le service au public (transports publics de l’agglomération clermontoise).
Le voyage reste sa passion, pour ses vacances mais pas seulement. Cofondateur d’Il Faut Aller Voir et du RV du Carnet de Voyage, il pousse jusqu’à publier deux ouvrages : « Cher Bouthan » – 2011 et « Buna Tatu » - 2017 (sur l’Ethiopie).

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