7 Jours à Clermont : Ce développement fort du rugby féminin sur tout le territoire est une fierté pour vous à la Fédération Française de Rugby ?
Ariane Van Ghelue : Absolument, c’est le résultat d’un travail qui avait déjà commencé, lorsque j’étais joueuse. C’est un projet qui a été long à faire émerger. Il a fallu changer le format de la première division, en passant d’un championnat à 2 poules, à une poule unique. Il a fallu stabiliser le championnat pour permettre la diffusion par Canal Plus de certaines journées. Cette diffusion fait l’attractivité de ce championnat, à laquelle vient s’ajouter la qualité de jeu proposée. Nous sommes sur un jeu beaucoup moins frontal que chez les garçons, avec beaucoup de vitesse et de déplacement, et qui a trouvé son public.
7JàC : Avec cette dénomination Axa Élite 1, le rugby féminin évolue encore plus ?
Ariane Van Ghelue : Oui, c’est un socle de base qui va nous permettre de récompenser les clubs en fonction d’un cahier des charges bien précis, notamment sur le volet médical, qui les mènent vers la professionnalisation avec une structuration sur le plan sportif, et sur les infrastructures. C’est la première pierre pour aider à la structuration des clubs. Les Anglaises ont fait cela il y a 4 ans (naming, championnat à poule unique, partenariat, accord de diffusion avec la BBC). De notre côté, nous continuons à travailler avec Canal Plus pour obtenir l’accord de diffusion de plus en plus de matchs, chaque année. Aujourd’hui, nous avons conclu un accord de partenariat avec ce naming, et nous cherchons également d’autres partenaires pour grandir encore plus.
« Accompagner toutes les sections féminines »
7 jours à Clermont : Si le rugby féminin est en plein essor au haut-niveau, plein de petits clubs, dans ce rugby de villages cher à Florian Grill, se lancent aussi dans l’aventure. Il faut donc accompagner tout cela ?
Ariane Van Ghelue : Nous n’avons pas bien sûr que l’Élite 1 à structurer, mais également tout se qui ce passe au niveau féminin dans les autres clubs. Nous sommes 2 avec Pascale Mercier, à travailler sur ce sujet. Pascale travaille sur la partie développement, avec les catégories U5, U6, baby rugby, école de rugby jusqu’aux U14, U15. Elle s’occupe également des cadettes niveau régional sur les compétitions organisées par les ligues. Pour ma part je suis sur la catégorie haut-niveau, (cadette, Élite à XV), et le premier niveau du haut niveau avec les U18 Élite. Ce sont souvent des équipes de clubs d’Élite 1, excepté le club d’Agen qui a remporté 2 fois le titre, mais qui n’ a pas d’équipe senior. Nous avons donc 2 feuilles de route, avec une qui privilégie le développement, l’accueil de ces jeunes joueuses avec des éducateurs formés, et l’autre sur l’entrée en sports études et sur le perfectionnement.
« Des moyens importants sur la communication »
7 Jours à Clermont : Vous vous attendiez à autant d’adhésions autour de ce rugby féminin ?
Ariane Van Ghelue : C’était un objectif clairement avoué. Nous avons mis des moyens importants sur la communication, et le fait, qu’il fallait être en adéquation avec les très belles audiences TV réalisées. Nous avons touché pas mal de médias, et autres que sportifs. Les premières personnes à convaincre que les filles peuvent jouer au rugby dans un cadre sécurisé, sont les mères d’abord, et les pères également. Nous avons comme objectif de faire de cette pratique, un sport majeur en France. Quand on voit l’engouement qu’il y a derrière l’équipe de France, lors de cette Coupe du Monde, nous nous disons, que nous sommes sur le bon chemin. Il y a vraiment un appétit grandissant autour du rugby. C’est aussi l’occasion de faire tomber les clivages, et il faut encourager cette évolution sociétale. Sans oublier la valeur inclusive du rugby qui permet d’accueillir tout le monde autour de différentes pratiques de ce jeu.
7JàC : Un pronostic pour cette demi-finale entre les Anglaises et les Françaises en demi-finale de cette Coupe du Monde ?
Ariane Van Ghelue : Nous sommes en capacité de faire un grand match face à cette très solide équipe Anglaise. Nous n’aurons rien à perdre, et nous ne sommes jamais aussi fortes que lorsque nous sommes dans cette position d’outsider. On sait que devant cela va être dur, mais nous avons des filles qui savent répondre à ce genre de situation. Nous allons être présentes dans le jeu, dans la dimension physique. Après, il va falloir arriver à faire la différence derrière en mettant de la vitesse, et en faisant preuve de créativité, qui est la marque de notre rugby.











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