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L'Essentiel
Un superbe but d'Hunou à la 59e minute a permis à Clermont de prendre l'avantage, bien que l'équipe ait été largement dominée par Rodez au niveau des statistiques, avec un xG de 1,77 contre 0,49 pour les Auvergnats.
Cette victoire soulève des interrogations sur le style de jeu du Clermont Foot, qui semble jouer sur la défensive et pourrait avoir besoin de plus de dynamisme pour espérer une saison solide en Ligue 2.
Réduits à dix contre 10 après l’heure de jeu suite à l’expulsion controversée de Caufriez, les Clermontois ont su faire le dos rond face à une équipe de Rodez qui, elle, jouait bien sur la pelouse du stade Paul Lignon et non pas au fond d’une mare, les pieds empêtrés, lourds de vase.
Une superbe demi-volée d’Hunou suffit à faire la différence pour les clermontois dans une rencontre à sens unique… mais pas celui qu’indique le score final.
Un flash-back de la saison dernière… La chance en plus !
Dans une première période marquée par la passivité des visiteurs, Rodez a rapidement pris les commandes du match.
Les locaux se créent une première occasion dès la 5e minute, profitant d’une relance ratée de Boto.
Baldé, bien lancé, bute sur un Guivarch encore et toujours décisif.
Rebelote quelques minutes plus tard : Arconte oblige le portier clermontois à deux nouvelles parades.
À la pause, les chiffres sont sans appel : 66 % de possession pour Clermont, 66% du temps à jouer à la passe à 10 derrière et à subir des vagues ruthénoises à chaque ballon récupéré par les Aveyronnais.
Au retour des vestiaires, et sur l’un de leurs très rares temps forts, les Clermontois vont pourtant ouvrir le score.
L’apathie, un éclair de Hunou, puis le bunker défensif
Sur une incursion dans le camp ruthénois, Adrien Hunou hérite d’un ballon dans la surface et expédie une demi-volée magnifique dans le petit filet (0-1, 59e).
Un bijou collectif qui indique que les clermontois savent pourtant faire… et qui sauve un match jusque-là très moyen pour l’ex-Rennais.
À peine dix minutes plus tard, la partie prend une nouvelle tournure : Maximiliano Caufriez est expulsé pour une faute peu évidente. Le verdict est sévère – franchement trop.
Clermont se retrouve à dix et s’apprête à subir 20 minutes d’assauts. Rodez pousse, multiplie les centres (53 au total contre 10 pour Clermont) et confisque le ballon, mais bute à chaque fois sur un bloc clermontois replié, solidaire et concentré.
Avec 1,77 xG à 0,49 pour Rodez, 11 occasions à 3, et 35 touches ruthénoises dans la surface adverse contre 7 pour les auvergnats malgré une possession de 58%, les statistiques traduisent un scénario bien connu côté CF63 : une équipe qui joue sur un faux rythme, sans mordant, ralentit à chaque fois qu’une accélération semble possible et qui semble chercher à « gérer » la rencontre dès le coup d’envoi.
Rodez – Clermont : Guivarch impérial, Konaté volontaire
Ce succès, Clermont le doit presque exclusivement à Théo Guivarch.
Déjà en vue cette saison, il réalise un match complet, repoussant toutes les tentatives adverses (1,13 buts empêchés), signant une clean sheet miraculeuse au vu des 1,77 xG générés par Rodez.
C’est la 3e de la saison en 6 matchs, un ratio très flatteur pour une équipe qui se repose beaucoup trop sur les performances de son gardien pour assurer sa solidité défensive.
Derrière lui, Konaté s’est illustré par son activité. Malgré 20 ballons perdus (record du match), il est le Clermontois ayant remporté le plus de duels (8 sur 12), réalisé le plus d’interventions défensives (13), touché 66 ballons (3e du match côté CF63) et délivré 7 passes dans le dernier tiers (meilleur total clermontois).
Une prestation contrastée, mais qui montre au moins de l’envie – chose rare dans cette rencontre.
Côté remplaçants, Socka a eu un impact intéressant : une grosse occasion dès son entrée et de meilleures stats que Saïd sur une durée plus courte.
Gastien aussi a brillé dans l’ombre avec 6 duels remportés sur 8, malgré un temps de jeu réduit.
Caufriez expulsé, de la solidarité à défaut de dynamisme
Outre l’expulsion sévère de Caufriez, dont l’appel sera sans doute trop tardif pour qu’il puisse jouer à Reims mardi, c’est l’absence totale de dynamisme collectif qui interpelle.
Le CF63 semble figé, jouant sans intensité ni volonté de faire mal.
Que ce soit Boto, Bamba, Baallal ou même Hunou (sauvé par son but), les performances individuelles ont été plutôt faibles.
Camblan et Saïd n’ont rien montré de concret non plus sur ce match.
Plus globalement, Clermont a subi 11 occasions (en ne s’en créant que 3), perdu la bataille des duels (49 %), été dominé dans les zones chaudes (35 touches dans la surface contre 7), et n’a généré que 0,21 xA (passes décisives attendues) et 0,49 xG (buts attendus) – soit un chiffre famélique au regard du but marqué.
Le contraste est donc saisissant entre le contenu et le résultat.
Mais on peut noter une belle solidarité collective, malgré tout, face à l’adversité. C’est peu mais cela fait, comme vendredi soir, des différences certaines.
Grâce à cela, Clermont doit pouvoir espérer mieux que la saison dernière.
Une victoire… et des questions
Ce 1-0 ressemble à un hold-up pur et simple, et les chiffres le prouvent.
Mais au-delà du score, c’est la posture globale de l’équipe qui interroge.
Peut-on espérer une saison solide en Ligue 2 en jouant à ce point en retrait ? Est-ce une consigne de gestion du staff ou un manque de confiance des joueurs en leur talent ou en leur physique ? Est-ce un manque de motivation pour les matchs qui ne seraient pas “de gala” ?
Tant que ces questions ne seront pas réglées, le Clermont Foot restera dépendant de sa solidarité dans l’adversité, de la chance, des exploits de Guivarch… et de la maladresse adverse.
Si un résultat similaire est attendu contre Reims et Le Mans, un engagement autrement plus important dans le jeu aura nettement plus de chance de le rendre possible.
Voir la réaction (lucide) de Grégory Proment
Rodez – Clermont : Le Résumé Vidéo
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