Longtemps, le monde rural a été perçu, surtout par les habitants des grandes villes, comme étant un monde un peu replié sur lui-même, évoluant en marge des progrès techniques, ignorant les évolutions des modes de vie et les transformations de la société. Mais cette vision, certes romantique relève aujourd’hui de la pure image d’Épinal. Un passage au 33e Sommet de l’élevage apporte la preuve que pratiquer un métier très ancien n’empêche pas d’être à la pointe de l’innovation en particulier numérique.
« Les agriculteurs constituent la classe socio-professionnelle la plus connectée, loin devant les journalistes ou les médecins » rappelle Victor Berthon, directeur du développement et du digital du Sommet de l’Élevage. « Par définition, un agriculteur, même celui qui est installé au fin fond des campagnes, doit obligatoirement avoir un mail et utiliser un ordinateur s’il veut faire sa déclaration PAC (ndlr : politique agricole commune) »
Le numérique indispensable pour optimiser les temps des agriculteurs
Au delà du mail, on parle d’une nouvelle révolution du monde paysan « La révolution de l’agriculture 4.0 est en route » clame Victor Berthon qui constate au quotidien tout ce que le numérique peut apporter. « Aujourd’hui, par exemple, il y a des systèmes de drones qui détectent avec de l’IA, (intelligence artificielle), le meilleur moment pour semer. Si c’est à 2h57, l’agriculteur se lève et va semer, il y des robots autonomes qui aident à désherber et qui détectent la bonne plante, des colliers connectés qui indiquent aux éleveurs les rythmes cardiaques des vaches au moment où elles vont vêler. Nous même, au Sommet de l’élevage, nous avons créé le Comptoir des éleveurs, le réseau des pros qui est un véritable « Linked’In rural » et même amélioré car nous y avons intégré de l’intelligence artificielle. Ce réseau aide à trouver la bonne vidéo, le bon podcast, la bonne personne, le bon produit… tout cela pour gagner du temps. Il ne faut pas oublier que les agriculteurs sont des personnes qui travaillent 7 jours sur 7 et il faut leur faire gagner du temps. Nous avons aussi créé un marketplace où les 1 700 exposants du Sommet peuvent gratuitement après mise en ligne, vendre directement. Ils n’ont plus qu’a s’occuper de la livraison et nous, nous les aidons à trouver des prospects ».
Les agriculteurs ont aussi leurs influenceurs
Le phénomène des influenceurs qui a envahi le web, touche également le monde rural mais sans travestir la réalité quotidienne. « Ça c’est génial car cela permet aux urbains qui sont parfois loin du monde agricole, de voir et de comprendre ce qu’est le milieu des agriculteurs, d’arrêter de penser qu’un paysan est quelqu’un d’arriéré, non connecté et autre » reprend le directeur du digital. « Les réseaux sociaux leur permettent de se connecter au monde, de montrer leur métier, et nous au Sommet, sans compter ceux qui vont participer à l’Amour est dans le pré, nous allons accueillir plus de 50 agro-influenceurs de plusieurs pays. On a un Turc, une Espagnole, des Italiens, des Anglais. Ils partagent leur vie quotidienne, leur façon de faire, leur difficultés. Actuellement avec la FCO, maladie contagieuse des ruminants, on voit des éleveurs de moutons vivre un calvaire horrible. On arrive à vivre leur quotidien, autant le bon que le mauvais. Les agriculteurs adorent également se comparer, voir qui utilise telle marque ou tel produit. Dans une ferme il y a plus de 50 fournisseurs de tracteurs, de panneaux solaires… et chez chaque fournisseur il peut y voir un dizaine de marques et donc ils adorent comparer leur quotidien ».
Des outils créés par le Sommet utiles toute l’année
Victor Berthon confirme qu’organiser un événement qui rassemble 120 000 personnes, 10 000 exposants, 1 700 sociétés venant de 100 pays en quatre jours nécessite d’y travailler toute l’année. L’équipe du Sommet a d’ailleurs participé à 210 événements, 4 par semaine, en 2024 à travers le monde. Ce travail en dehors de l’événement a permis de développer des outils numériques comme une TV alternative et ce qui est l’innovation de l’année, un système de géolocalisation à travers l’application My Sommet qui aide à ne pas se perdre dans la Grande Halle d’Auvergne mais surtout de trouver le bon exposant, la bonne conférence, à organiser des rendez-vous, à chatter, finalement à optimiser son temps de présence car il est est impossible de tout voir en une seule journée. En dehors du Sommet, cette appli restera un véritable outil couteau suisse pour un monde décidément très innovant.







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