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"Beau comme la rencontre fortuite..." Jean-Michel Nicolas
"Beau comme la rencontre fortuite..." Jean-Michel Nicolas
Culture

À l’atelier La Loupiote, on célèbre un siècle de surréalisme

2024 est l'année du centenaire de la Parution du "Manifeste du surréalisme" d'André Breton, acte fondateur d'un mouvement qui anime toujours les créateurs à l'image de ceux exposé encore ce weekend à l'atelier La Loupiote.

En cette année 2024 quasi terminée, le Manifeste du surréalisme d’André Breton a fêté son centenaire. À l’époque, quand on lui demandait ce qu’était la définition du surréalisme ce dernier répondait “un certain automatisme psychique qui correspond assez bien à l’état de rêve, état qu’il est aujourd’hui fort difficile de limiter”. Pour simplifier le propos, disons que Breton défendait un point de vue non intellectuel, où la création viendrait de l’inconscient de l’artiste, sa réflexion passant après les rêves et le hasard.
Antoine Lopez, qui, aujourd’hui, s’épanouit dans son atelier clermontois de la rue Terrasse, trouvait que ce centenaire passait un peu trop inaperçu malgré une grande expo à Paris, au Centre Pompidou. Alors il a proposé à quelques proches artistes de réaliser et d’exposer des œuvres en mode surréaliste, une grande et une petite chacun. In fine, ils ont tous produit deux œuvres et ont débarqué avec quelques créations supplémentaires stockées qui entraient dans le moule. L’ensemble représente 35 pièces, peintures, dessins, gravure, sculptures, installations, grattages et collages à découvrir urgemment.

“J’aime bien les expos collectives parce qu’il y a des façons d’aborder le thème de manières différentes”.

“C’est un mouvement qui a marqué fortement la culture occidentale, pas seulement la peinture ou le dessin, mais aussi la littérature, le cinéma, la photographie” explique Antoine Lopez. “Je trouvais dommage de passer à côté, notamment dans une ville comme Clermont qui a postulé au titre de capitale culturelle. Donc avec nos petits moyens, mais avec l’envie, le désir et l’énergie, on a monté cette exposition Rail sur méduse méfiante, titre éminemment surréaliste qui est l’anagramme de Manifeste du surréalisme”.
Encore fallait-il trouver des artistes que le mouvement surréaliste inspire, 100 ans après la publication du manifeste. “Quand on dit surréalisme, les artistes savent immédiatement de quoi on parle…. et l’on peut citer les références Max Ernst, Magritte, Dali et plein d’autres. Si j’ai choisi d’exposer ces artistes c’est parce que je connais bien leur travail et que je pensais que je ne serai pas déçu… ce qui est le cas”. Ces artistes se nomment Fabienne Cinquin, Marie Deschamps, Pierre Jourde, Jean-Michel Nicolas, Isabelle Pio, Raoul Tassin.  “J’aime bien les expos collectives parce qu’il y a des façons d’aborder le thème de manières différentes” ajoute Antoine Lopez.

“il y a toujours une petite lumière qui s’allume comme cela dans notre tête”

Sans se pendre au sérieux, l’artiste-galeriste a finalement réussit son pari en réunissant une production qui ne laisse jamais les visiteurs sans réaction. “Dans les expos que je mène ou auxquelles je participe, il y a toujours des clins d’œil et de l’humour qui rend les choses légères, et là, le surréalisme s’y prête beaucoup avec de l’humour décalé. Il n’y a qu’a voir l’œuvre de Magritte dans son entièreté, C’est un décalage permanent qui prête à sourire, ce qui n’empêche pas le questionnement… mais il y a toujours une petite lumière qui s’allume comme cela dans notre tête. Je pense que, pour cette expo, on a réussi cela. Souvent lors des visites, il y a des félicitations de complaisance, mais là je vois passer des gens que je ne connais pas et qui disent que cette expo leur a permis de passer un bon moment. ensuite, ils nous envoient du monde”. Il faut préciser que le maître des lieux dialogue bien volontiers avec les visiteurs, n’hésitant pas apporter quelques clés de compréhension sans être intrusif pour autant.

"Et si l'écriture automatique avait perdu la boule ?"  Raoul Tassin
“Et si l’écriture automatique avait perdu la boule ?” Raoul Tassin

Le Surréalisme, un projet pour changer le monde

Exposer des œuvres surréalistes en 2024, c’est aussi se poser la question du recul qu’elles imposent. Mais est-ce un recul nécessaire dans l’époque contemporaine ? “En fait je n’ai pas la réponse” avoue Antoine Lopez. “ce qui m’a motivé, c’est que c’était un mouvement important et qu’il avait, l’idée de changer le monde, comme beaucoup de projets d’ailleurs. Au début, beaucoup de gens étaient très engagés à gauche, à l’époque avec le Parti Communiste, après il y a eu des engueulades… les surréalistes ont beaucoup aimé s’engueuler, mais ils étaient polémistes car c’était un mouvement très vivant et qui l’est toujours. Il y a une sorte de radicalité dans leur approche, qui trouve des échos dans le monde actuel. Sans doute que cette radicalité n’est pas belle partout, mais je pense que c’est assez vital d’être radical par moment, ne pas s’endormir, ne pas ronronner. Je pense que les surréalistes ont donné un coup de pied dans la fourmilière et de ce point de vue, il faut continuer à le faire”.

Rail sur la méduse méfiante, 35 œuvres surréalistes-7 artistes,  Atelier La Loupiote, 6 rue Terrasse à Clermont. Ouverture tous les après-midi jusqu’au 22 décembre 2024

"Hep titl" Jean-Michel Nicolas
“Hep titl” Jean-Michel Nicolas
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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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