À Riom, à l’occasion des vacances de Noël, le musée Mandet rouvre au public ses collections du XIXe siècle. Les œuvres, habituellement exposées, n’étaient pas visibles ces dernier temps car les salles de présentation nécessitaient un lifting et avaient été fermées pour permettre des travaux de remise à niveau. Au delà de l’aspect esthétique, cette intervention a aussi permis à l’équipe du musée, de repenser la scénographie et la mise en valeur des œuvres, après un travail de documentation, d’inventaire, de traitement des collections et de restaurations. Le public va donc pouvoir découvrir ou redécouvrir les collections dans un nouvel environnement.
Scénographie et circulation repensées
À l’étage du bâtiment qui accueille les collections XIXe siècle, les visiteurs se retrouvent en présence des peintures de paysages, genre pictural particulièrement bien représenté au musée Mandet. Les tableaux nombreux dans les intérieurs de la bourgeoisie de l’époque, sont présentés à la manière d’un «cabinet» avec un accrochage très dense. Le sens de circulation des visites a également été repensé pour une meilleure compréhension à la fois du parcours de visite et du fil chronologique. La compréhension est facilitée par les couleurs marquées, désormais présentes sur les murs. L’ensemble des cartels a été revu et les panneaux de signalétique sont dorénavant en français, anglais et braille.
Une seconde salle permet de pénétrer dans le monde « lumineux et idéalisé » des artistes orientalistes auvergnats, attirés par un Orient fantasmé, puis dans celui du peintre riomois Alphonse Cornet, auteur d’une composition monumentale de 6 mètres de long, mi allégorique, mi réaliste, Le Défilé des gueux. L’immense tableau au format inhabituel, représente une déambulation de membres d’un petit peuple proche d’une cour des miracles.
Le musée présente ensuite des tableaux qui témoignent du rôle de Napoléon III et d’hommes politiques riomois, dans l’envoi de tableaux pour qu’ils soient présentés dans les Salons parisiens. Parmi ces notables, on relève la présence d’Eugène Rouher qui était ministre de l’Empereur. Les toiles illustrent le travail de transmission du goût impérial pour des scènes idéalisées et bucoliques « vendues » comme peintures d’Histoire.
La suite de la visite offre la bascule vers le XXe siècle dans une salle consacrée au rôle d’Etienne Clémentel, qui fut maire de Riom de 1904 à 1936, mais aussi ministre et surtout conservateur du musée Mandet entre 1928 et 1936.

Les traces du passé au second étage du musée Mandet
En 1866, l’hôtel particulier Dufraisse situé rue de l’Hôtel de Ville, devient un musée, mais le second étage abrite, de la fin du XIXe siècle jusqu’en 1954, un collège de jeunes filles. Après son départ pour l’ancienne caserne d’Anteroche, une campagne de réfection est menée durant les années 1956-1957. Ce deuxième étage est annexé au musée en octobre 1957 avec une présentation d’œuvres d’art contemporain. 30 ans plus tard, de nouveaux travaux de peinture sont effectués et une moquette couleur vert bouteille en lien avec la présentation des collections du XIXe siècle recouvre le sol. En 2024, une réflexion globale sur le parcours des collections permanentes débouche sur une présentation revue et corrigée. La moquette vert bouteille est déposée et le parquet en pin d’origine réapparaît. Il porte encore les traces d’encre bleue, vestige de l’époque où au collège, on écrivait au porte plume.
Réouverture des salles consacrées aux collections XIXe siècle du Musée Mandet, samedi 21 décembre à 10h.
Musée Mandet, 14 rue de l’Hôtel de Ville, Riom ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30. Fermé les 25 décembre et 1er janvier












Commenter