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Equipe de France de Breaking 2022 / Photo : N. Mokhtari FFD
Photo : N. Mokhtari FFD
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Supreme Legacy entretient l’héritage du hip-hop clermontois

Le collectif Supreme Legacy qui vient de fêter ses 10 ans, occupe de plus en plus de place à Clermont, et promet la culture hip-hop dans la ville.

Cet article est le second et dernier volet de notre dossier sur le hip-hop à Clermont. Retrouvez le premier sur ce lien.

Si on vous dit « hip-hop », le premier mot qui vous vient à l’esprit est très probablement « rap ». Et pourtant, la culture hip-hop est bien plus que ça : il y a aussi, par exemple les graffitis, ou la break dance. C’est d’ailleurs cette dernière qui a séduit Mickaël Pecaud. « Il y a la liberté de faire ce qu’on veut, pas de mouvement imposés… La break dance repose sur des bases dont on se sert ensuite pour imaginer des mouvements. On peut faire des choses hyper vastes, il n’y a pas que du simple ou du spectaculaire », détaille le Clermontois de 35 ans.

La break dance, une passion depuis 20 ans

Une passion au long cours, puisque ça fait plus de 20 ans qu’elle accompagne Mickaël. « Quand j’avais 14-15 ans, j’étais en vacances avec mes parents et j’ai vu un cypher (lorsque des danseurs se mettent en cercle et se défient à tour de rôle ndlr). C’est un vrai moment d’échange et de partage, et ça m’a tout de suite accroché », se souvient Mickaël Pecaud.

En rentrant chez lui, il veut s’y mettre. Sauf qu’il était alors compliqué de trouver des cours de breakdance. « Quand j’ai commencé, il n’y en avait quasiment pas. » L’adolescent se tourne alors vers « les vidéos sur internet et les danseurs locaux. » De quoi vite progresser, et finir par même participer à plusieurs compétitions. Même si tout n’a pas été facile, très loin de là. « Quand j’ai dit à mes parents que je voulais vivre de ça, c’était compliqué parce que personne n’imaginait que ca pouvait être le cas », se rappelle Mickaël en souriant.

Créer Supreme Legacy pour accompagner les artistes hip-hop

Un manque de reconnaisse qui lui donne une idée : créer Supreme Legacy, afin « d’accompagner les artistes et de leur permettre de vivre de leur passion. » Au moment de lancer le collectif, Mickaël a fait le choix de le développer sur plusieurs axes. Et c’est plutôt incongru dans le milieu. « Il y a la partie compétitive, la partie spectacle, les cours… A l’époque on nous disait que tout était exclusif, qu’il fallait se concentrer sur un des aspects », rembobine Mickaël. Sauf que lui et son équipe en ont décidé autrement : « on s’est dit qu’on allait tout faire, et qu’on verra bien, se rappelle-t-il en souriant. On nous dit toujours que c’est une mauvaise idée ! »

Cie Supreme Legacy - Underground / Photo Hermès Milio
Photo Hermès Milio

Et même si Mickaël admet qu’être présent sur tous les fronts est « difficile », il ne regrette pas son choix. « C’est clair qu’aujourd’hui si j’arrête le reste, il y aurait plus de dates de spectacle, mais d’un autre côté tout est lié », assure-t-il en prenant l’exemple de Lucky. « C’est un jeune qui sort de mes cours et qui a connu la partie compétition. Il fait d’ailleurs partie de l’Equipe de France de breakdance mais en parallèle il fait des spectacles. Et ça lui permet d’avoir un sens du show en plus pour les battles. »

Le Breaking aux JO !

Depuis 2013, Supreme Legacy a bien grandi. Une croissance qui pourrait bien se poursuivre les prochains mois grâce à la présence aux Jeux olympiques de Paris d’une compétition de break dance, le Breaking. Ce qui a, sans surprise, fait augmenter l’intérêt pour la discipline.

Mais il ne faut pas non plus sous-estimer le travail réalisé par Mickaël Pecaud et les membres de Supreme Legacy dans leur ensemble. « On a organisé beaucoup d’ateliers dans plusieurs villes, qui ont permis de faire germer plein de danseurs. » Des danseurs avec des profils bien différents, puisque le collectif a aussi bien poussé les portes de maisons de retraite et que de centres pénitenciers.

Supreme Legacy- photo Benjamin Chérasse.

Le collectif compte aujourd’hui « une vingtaine de membres, des bénévoles et environ 80 adhérents. » De quoi compter dans le paysage clermontois, et de mettre en place un festival : Urban city. « Ce projet, il est né il y a trois ans. C’était une demande qu’on a eue. » Les commanditaires ? Des communes du territoire, ce qui montre bien toute la légitimité que la culture hip-hop et Supreme Legacy ont acquis ces dernières années. « Ils voulaient qu’on organise des battles, parce que ça ressemble du monde », détaille Mickaël Pecaud. De là est né l’idée d’un festival itinérant, qui allait se déplacer de ville en ville. Et cette année, c’est à Clermont que Supreme Legacy va enflammer le dance floor. 

À propos de l'auteur

Wilhem Lelandais

Diplômé d’une licence professionnelle option web à Lannion en 2017, Wilhem Lelandais a multiplié les expériences dans le journalisme, aussi bien en presse locale à Actu.fr que dans des médias plus spécialisés (HandAction ou Basketinfos). Est actuellement en Master Histoire, Civilisation et Patrimoine à Clermont-Ferrand.

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