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Soupirail / Photo 7 Jours à Clermont
Soupirail / Photo 7 Jours à Clermont
Patrimoine Vie publique

Inquiétante mélodie en sous-sol

Clermont Auvergne Métropole a lancé, sur les 21 commune de son territoire, un plan de gestion du sous-sol et des risques liés. L'institution souhaite que ce plan soit mis en action fin 2026. La première étape est de cartographier les cavités, caves et galeries et d'identifier celles qui pose un problème de sécurité

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L'Essentiel

Clermont Auvergne Métropole a initié un plan de gestion du sous-sol pour cartographier les cavités et améliorer la sécurité d'ici fin 2026, en réponse à des risques accrus liés à l'érosion et aux conditions climatiques.

Ce projet, élaboré en collaboration avec plusieurs institutions, vise à cartographier les cavités sur l'ensemble des 21 communes et à établir des protocoles d'intervention, en particulier dans des zones critiques comme Clermont et Aubière.

Depuis 2022, des diagnostics ont été réalisés pour évaluer l'état des soupiraux de la ville, révélant que 96 d'entre eux présentent un risque pour la sécurité, avec des réparations estimées entre 300 et 500 000 euros.

Retour à l’été 2019. Sur la butte de Clermont, place Royale, un engin de chantier extrêmement lourd stationne plusieurs jours et fragilise le sous sol. Moins d’une semaine plus tard, un énorme cratère s’est formé laissant apparaître les entrailles de la ville. La rue restera bloquée plusieurs semaines, le temps de combler la cavité qui s’était formée en limite des fondations des immeubles de la rue Saint-Genès. Cet épisode a réveillé les consciences et a montré que le sous-sol du vieux Clermont se fragilise au fil des ans. Les fameuses caves et galeries qui font partie du patrimoine clermontois et qui alimentent beaucoup de fantasmes, se révèlent être aussi une menace pour l’espace public mais aussi pour les immeubles et les gens qui y habitent. Cette fragilisation liée à l’érosion mais aussi aux évolutions du climat, impose une surveillance accrue et parfois quelques décisions, pas toujours comprises, comme l’interdiction de circulation aux camions de plus de 7,5 tonnes dans le centre historique de Clermont, ce qui a conduit, par exemple, au transfert du marché de Noël de la place de la Victoire à la place de Jaude.

Le phénomène de la cloche de fontis

On a coutume de dire que la butte qui porte la cathédrale est un morceau de gruyère. D’ailleurs, il vaudrait mieux faire la comparaison avec l’emmental car le gruyère n’a pas de trou, simple détail de l’histoire au pays du Saint-Nectaire qui a longtemps mûri dans les caves. Le réseau est un héritage vieux de 2000 ans et compose une ville sous la ville des immeubles qui revendiquent plusieurs niveaux de caves, jusqu’à 5. Un relevé récent fait même état de 7 niveaux avec 5 mètres sous plafond, soit près de 40 mètres de profondeur. Mais si elles constituent un fantastique patrimoine, les caves souffrent parfois d’une mauvaise utilisation ou d’un mauvais entretien. Leur nécessaire ventilation est parfois bloquée par des gravats, par des murs de propriété ou des bouches d’aération fermées hermétiquement. Il se produit alors le phénomène de la cloche de fontis.
Une cavité en forme de cloche se forme peu à peu par chute répétée de fragments du plafond d’une cave ou d’une galerie. Progressivement la dégradation remonte, attaquant les couches de roche et de tuf volcanique, jusqu’au moment où la couche supérieure, trop fine, se perce et s’effondre.
Le manque d’aération entraîne également le développement de champignons, dont un est particulièrement destructeur : la mérule

La métropole a décidé de mettre en œuvre un plan de gestion

Face à cette situation évolutive et préoccupante, Clermont Auvergne Métropole vient d’annoncer une série de mesures importantes pour la gestion des cavités souterraines afin de garantir la sécurité des citoyens et la préservation de l’espace public. L’État n’ayant pas mis en place de plan de prévention liée à la gestion des cavités de sous-sol, l’institution locale a décidé de créer son propre outil, en partenariat avec le BRGM, Bureau de Recherches Géologiques et Minières, le CEREMA, Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement et l’Université Clermont Auvergne via son laboratoire Magma & Volcans. L’objectif est de cartographier l’ensemble des cavités éventuelles à l’échelle des 21 communes de la métropole. L’idée est de prescrire des modalités d’interventions sur le domaine public et de définir une stratégie de communication ainsi qu’un protocole d’intervention. Toutes les communes de la métropole sont donc concernées, sachant que Clermont et Aubière possèdent de nombreuses cavités, mais aussi les communes du sud-ouest, tout comme Châteauguay, Lempdes et Cournon.

Des travaux nécessaires

Onze premiers diagnostics ont été fait depuis 2022, sachant que deux sont en attente à Royat et Châteauguay et qu’un est en cours à Clermont, rue Saint-Genès.
La Place de l’Étoile à Clermont va être mise sous surveillance en 2025, alors que 6 chantiers ont déjà été finalisés, et qu’un est en cours, rue Leblanc à Clermont, petite rue qui permet de rejoindre la place de la Treille depuis la rue Saint-Genès, encore elle.
En parallèle, une cartographie exhaustive des soupiraux  de Clermont a été réalisée, soit 3904 structures dont 1 430 situées sur le domaine public. 14% sont dans un état moyen, 9% en mauvais état. 96 présentent un risque pour la sécurité, dont 3 nécessitent des réparations urgentes. Le coût estimé des réparation pour ces 96 soupiraux est estimé entre 300 et 500 000 euros.
À partir de 2025, le recensement des soupiraux sera mené sur les 20 autres communes de la métropole. En attendant les conclusions, les services technique demandent de ne pas obstruer les soupiraux qui garantissent la stabilités des caves.
On l’aura compris, la Métropole ne peut intervenir que sur le domaine public. À ce jours il est impossible d’établir une cartographie complète des cavités, caves et galeries du territoire car on en découvre encore régulièrement et une grande partie est située dans le domaine privé. Les propriétaires, lorsqu’ils sont connus et reconnus, ont donc intérêts à être attentifs et vigilants à la bonne santé du sous-sol afin d’éviter tout risque de nature à mettre la sécurité en défaut.

Cavité / Photo ville de Clermont
Photo ville de Clermont

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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