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Vie publique

Clermont : Bilan 2024 de la Police Municipale

Un an après l'annonce d'un train de mesures fortes pour 2024, la Police Municipale de Clermont vient de présenter un bilan révélateur d'une hause de moyens qui accompagnent une dégradation de la tranquillité publique.

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L'Essentiel

La Police Municipale de Clermont a présenté un bilan qui met en évidence une hausse des interventions et des mesures, mais souligne également une dégradation de la tranquillité publique.

Malgré le renforcement des moyens, comme l'ajout d'une brigade à moto et l'adoption de la vidéoverbalisation, la sécurité à Clermont est en recul, avec une augmentation notable des infractions liées au stationnement.

Le directeur de la Prévention et de la Tranquillité publique, Stéphane Coloneaux, insiste sur la complémentarité des rôles entre la Police Municipale et Nationale, tout en notant que les citoyens peinent à comprendre cette distinction dans un contexte de tensions croissantes.

Au printemps dernier, la municipalité de Clermont avait annoncé 10 mesures fortes pour la sécurité (lire notre article du 25/04/2024). Presqu’un an plus tard, cette même municipalité a tenu à présenter un bilan des mesures mises en œuvre et des actions menées.
Premier constat, les annonces ont été suivies de faits et les 10 mesures sont aujourd’hui au catalogue. Ainsi, la Police Municipale c’est dotée d’une brigade à moto, un premier chien a rejoint l’équipe de la cynophile, la coopération entre les Polices Municipale, Nationale et la justice s’est renforcée, un comité d’éthique a été créé et la vidéoverbalisation a été adoptée par les élus du Conseil Municipal pour une mise en œuvre prochaine.

Une situation en dégradation

À ce volet que l’on peut qualifier de politique, le bilan a été l’occasion de présenter des chiffres qui témoignent d’une activité en forte hausse. Si mécaniquement l’accroissement des moyens permet des interventions plus nombreuses, le constat est sans appel, la situation en matière de sécurité se dégrade à Clermont, constat que font également de nombreux  maires de grandes villes. Le narcotrafic galopant pèse lourd mais l’évolution de la société génère d’avantage d’incivilités et de comportements repréhensibles.
Stéphane Coloneaux, directeur de la Prévention et de la Tranquillité publique de la Ville de Clermont confirme cette évolution, prenant en exemple, les infractions au stationnement sur les trottoirs dont les verbalisation ont doublé en 2024, répondant ainsi aux appels répétés de commerçants et de riverains qui ne peuvent sortir de chez-eux. Durant l’année, 61% des interventions de la Police Municipale étaient liées à du stationnement gênant ou très gênant, une augmentation de 13% révélatrice de comportements sans doutes liés aux travaux et chantiers InspiRe.

Qui fait quoi en matière de police ?

“Nous n’avons pas les même prérogatives que la Police Nationale” reprend Stéphane Coloneaux “Notre travail, qui est encadré par le Code des collectivités territoriales mais aussi par le Code de sécurité intérieure, c’est avant tout la tranquillité publique et la prévention du bon ordre. Nous n’agissons pas directement sur le maintien de l’ordre, les enquêtes liées au trafic de stupéfiants, sur les homicides, les meurtres… cela appartient à la Police Nationale. Nos prérogatives sont de l’ordre de la prévention du bon ordre, de la présence, de la dissuasion. C’est un travail de complémentarité”.
Mais cette répartition est bien souvent ignorée ou mal connue des habitants qui ont tendance à attribuer au maire des compétences qu’il n’a pas, l’accusant de laxisme sur certains domaines dépendant du niveau national. “C’est très compliqué aujourd’hui pour les citoyens. Un policier est un policier et il est difficile de comprendre qu’il y a des policiers pour le trafic, d’autres pour la tranquillité publique, tout cela n’est pas très clair et en plus les tensions sur l’espaces public sont exacerbées. Ce dont ils ont envie, c’est du calme, un retour à l’ordre peut importe que les policiers soient nationaux ou municipaux. Cela demande donc beaucoup de pédagogie auprès des habitants” conclut le directeur.

Le bilan 2024 de la police municipale en chiffres

26 819 interventions de la Police municipale en 2024, contre 24 077 en 2023 (+11,4 %)
749 procédures rédigées en 2024, contre 362 en 2023 (+107 %)
22 145 appels reçus par la Police municipale, contre 20 957 en 2023 (+5,7 %)
13 452 verbalisations pour stationnement très gênant, contre 11 885 en 2023 (+13 %)
1 977 véhicules mis en fourrière, contre 1 619 en 2023 (+22 %)
15 462 personnes contrôlées avec la T2C dans les transports, contre 11 657 en 2023 (+32,6 %)
1 163 verbalisations dans les transports avec T2C, contre 989 en 2023 (+17,6 %)
Activité du CSU, Centre de Supervision Urbain en hausse de 89 % : 4 466 interventions en 2024 contre
2 365 en 2023,  219 réquisitions judiciaires en 2024 contre 183 en 2023
36 131 veilles résidentielles avec Actéo contre 26 858 en 2023 (+34,53%)
51 patrouilles mixtes avec la Police nationale contre 32 en 2023
53 personnes présentées au commissariat en 2024 par laBrigade de Soirée et de Proximité (BSP) a  contre 15 en 2023 +253 %.
2 808 élèves de CE2 et CM2formés à la prévention routière dans 30 écoles par des policiers municipaux et des ASVP.

Évolutions RH en cours

70 policiers municipaux en 2025, (54 en 2024 et 45 en 2020)
94 agents sont affectés à la police municipale (Policier, Agents Surveillance de la Voie Publique, Brigade Incivilité et Proximité…)
6 agents dans le service Administration & Ressources, créé en janvier 2024
3 agents au département de la Prévention de la délinquance
Effectif global de la DPTP en 2025 : 111 agents +27,6 % en deux ans

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • C’est clair qu’il ne fait pas bon vivre à Clermont-Ferrand et ses alentours. Et dire que le constat est le même dans les autres grandes villes n’a rien de rassurant ; cela veut tout simplement dire que la société a perdu un grand sens des valeurs.

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