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Sécurité à Clermont : pour Olivier Bianchi, toute la société doit évoluer

En 2025 les effectifs du service de la Prévention et de la Tranquillité publique de la Ville de Clermont dépasseront 110 personnes, toutes fonctions confondues. Olivier Bianchi annonce de nouvelles mesures pour l'avenir mais le "toujours plus" ne suffira pas. Pour la sécurité à Clermont le maire rappelle qu'il est nécessaire de traiter plusieurs sujets de société.

L'Essentiel

En 2025, le service de la Prévention et de la Tranquillité publique de Clermont comptera plus de 110 personnes, avec un objectif d'atteindre 150 policiers dans la prochaine décennie, tout en soulignant que les problèmes de sécurité nécessitent une approche sociétale globale.

Olivier Bianchi, le maire, insiste sur l'importance de traiter des questions comme la déscolarisation, la santé mentale et l'addictologie, qui sont souvent négligées dans le discours sur la sécurité, pour véritablement améliorer la situation.

La création d'un nouveau commissariat est envisagée pour renforcer la présence policière dans certains quartiers de Clermont, mais Bianchi souligne que cela ne suffira pas sans une coopération efficace entre les différentes forces de sécurité et une prise de conscience collective des enjeux sociaux.

Lors de la présentation du bilan 2024 de la police Municipale de Clermont, Olivier Bianchi a évoqué l’avenir, en annonçant des mesures qui se retrouveront sans doute dans sa campagne pour les prochaines élections municipales. Si troisième mandat il y a, l’édile poursuivra le programme d’augmentation des moyens techniques et humains, visant la barre des 150 policiers municipaux dans la prochaine décennie avec l’ouverture d’un second commissariat.
Mais alors que le quartier gare vient encore de vivre une violente agression, le déploiement de moyens supplémentaires est-il la seule réponse à la problématique de la sécurité à Clermont ? Pour l’édile c’est toute la société qui doit, aujourd’hui évoluer, dans ses comportements.

“J’aimerai que l’on se pose la question du comment on vit en société”

7 Jours à Clermont : Sur le sujet de la sécurité à Clermont, on sent parfois chez vous de l’agacement mais aussi de la lassitude : est-ce la cas ?
Olivier Bianchi : Je suis un peu fatigué d’entendre toujours les mêmes légendes urbaines, sur le fait que l’on ne ferait rien, qu’il y a de l’insécurité, que le maire ne prend pas les choses au sérieux. On vient de réaffirmer que les engagements pris, il y a un an, sont tenus. Je ne veux pas laisser s’installer l’idée que nous ne faisons rien et que nous ne prenons pas les choses en mains. En dehors même des questions des incivilités ou du deal, je rappelle que 61% de nos forces de l’ordre sont requises pour des questions de gens qui sont garés à des endroits gênants, empêchant la circulation sur les trottoirs où la sortie des garages. Cela veut que les forces de l’ordre municipales pourraient être davantage mobilisées sur la tranquillité dans l’espace public, la lutte contre l’alcoolisme, les hurlements, les soirées qui se terminent en rixes… si elles n’étaient pas requises pour aller faire déplacer des voitures qui ne devraient pas être garées là. Ce ne sont pas des voitures de délinquants, ce sont des voitures de Monsieur Toulemonde.

7JàC : Vous parlez désormais de contrat social …
O.B : Ce que j’aimerai c’est que l’on se pose la question du comment on vit en société, comment on fait société, comment on vit dans une collectivité de ville, c’est à dire des habitants qui partagent un espace public qu’ils doivent partager, sur lequel chacun doit prendre des précautions et ne pas avoir des comportements qui vont importuner les autres.

7JàC : Vous voulez dire que la problématique doit être réglée au delà de l’espace public ?
O. B : Évidemment, on va continuer sur la sécurité et la répression, tout cela en grande coopération avec les services de l’État, mais je veux interroger les politiques sur le fait qu’il y a d’autres sujets. Il y a les problèmes de la déscolarisation des enfants, de l’addictologie, de la santé publique, de la misère sociale avec le chômage et des gens qui tombent dans des dépendances. Tout cela est comme si ça n’était pas évoqué dans le continuum qu’on devrait avoir sur la lutte contre l’insécurité. Je tire juste, peut être avec un peu d’agacement, ce signal d’alarme d’une mobilisation politique de tous les courants, sans en faire finalement une sorte de compétition, parce que certains pourraient vite se voir rappeler que ce sont leurs amis qui dirigent le ministère de l’Intérieur.

L’accroissement des effectifs ne réglera pas à lui seul les problèmes de sécurité à Clermont

7 Jours à Clermont : Vous avancez des chiffres, ceux de l’année 2024 et ceux d’un éventuel prochain mandat. Mais la réponse est-elle uniquement une question de chiffres ?
Olivier Bianchi : Non, mais c’est important de dire que, comme nous ne sommes pas les bras ballants, je vais continuer à renforcer les engagements pris. C’est la raison pour laquelle j’annonce déjà que nous allons essayer de tangenter le “un policier municipal pour mille habitants” d’ici le milieu des années 2030. Cela veut dire que l’on pourrait recruter cinq à six policier par an, cela ne nous amènera pas aux 150 policiers nécessaires, mais cela nous permettra d’en avoir 110 et de commencer à passer un cap en terme de saturation des services publiques par “les bleus” pour reprendre la formule du préfet.
Ce que je veux dire c’est que ce n’est pas simplement l’accroissement des effectifs qui réglera à lui seul les problèmes si on ne résout pas les questions d’éducation, de déscolarisation, de santé mentale, d’addictologie. La drogue ce n’est pas récréatif, ce n’est pas fun… elle est en train de déstructurer notre société, il faut dire les choses clairement.

7JàC : La création d’un second commissariat, voilà une annonce forte. 
O.B : Ce sera un autre engagement, réfléchir à l’installation d’un nouveau commissariat de Police Municipale car si demain nous avons 110 policiers, ils ne peuvent pas tous être à Fontgiève et je pense que ce serait l’opportunité de faire de l’aménagement du territoire et de poser un poste dans un quartier de Clermont qui pourrait être un point d’ancrage pour une activité déployée afin de préserver l’espace public et la sécurité à Clermont.

7JàC : Où ce commissariat pourrait-il être installé ?
O.B  : C’est une discussion qu’il faudra voir avec les élus et annoncée dans un programme municipal. Naturellement ce sera plutôt dans des quartiers qui ont besoin de présence de services publics, de services de police. Il est évident que pour les quartiers nord de Clermont, ce pourrait être une solution de maintien de services publics et d’activité. Avec Fontgiève ont peut imaginer que l’on tient le centre-ville et Saint-Jacques et avec celui-ci on aurait les 40 ou 50 000 habitants du nord de la ville où les habitants eux-mêmes demandent de la sécurité, à juste titre.

7JàC : Pour autant ce n’est pas un commissariat de plus qui réglera tous les problèmes et il faut de la coopération
O. B : Non évidemment… cette coopération, je le dis depuis plusieurs années, elle est plutôt excellente. Les préfets, les procureurs, les directeurs départementaux de la police nationale passent et on a plutôt bien travaillé. Il y a en plus une augmentation des opérations conjointes.
Pour l’anecdote quand j’arrive en 2014, sur un terrain en friche en matière de sécurité, je découvre avec stupeur que la Police Nationale et la Police Municipale n’ont même pas la même fréquence sur les talkies-walkies, c’est dire d’où on vient. Aujourd’hui on met en place tous les éléments techniques de terrain, on instille un désir, on est solidaire et du coup cela produit des effets. On fait de plus en plus d’opération conjointes et le sens de l’histoire c’est qu’on en fera de plus en plus.

7JàC :  Les caméras de protection, sont de plus en plus réclamées, elles coûtent cher… est-ce un investissement “rentable” pour la sécurité à Clermont ?
O. B : Les caméras n’ont pas d’utilité de prévention, encore que… nos agents devant les écrans peuvent éviter une rixe en observant un mouvement de foule. Ce qui est démontré par contre, c’est que l’on a de plus en plus de réquisition par la police et la justice et que les images servent à l’élucidation des crimes et des délits. Les caméras sont chères, mais nécessaires, parce que la demande sociale est exacerbée, parce que des politiques jouent la dessus, certains média aussi. On est en train d’exciter tout le monde, de faire croire que la société est bestialisées mais je continue à dire en historien que les rues de Paris en 1344 devaient être certainement moins sécuritaires qu’aujourd’hui… mais c’est difficile de le faire entendre aux gens dans leur vécu du quotidien.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

3 Commentaires

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  • Ça fait des années qu’on réclame ce type de mesures ! A une année de l’élection et devant une ville qui parre complètement en vrille les élus clermontois n’ont plus le choix. A lire cette interview on pourrait croire que les idées viennent d’eux

  • Ce maire a toujours le mot pour rire. En mars 2017, il indiquait, je cite : “c’est en amont que tout se joue, en s’attaquant aux causes de l’insécurité. On parle là d’éducation, de culture, de sport, d’action sociale et associative, de prévention, …”
    A l’époque, il évoquait même, je cite encore : “…la création d’un conseil pour les droits et devoirs des familles”.
    Ma question : pour quels résultats ?
    Quand il clame, je le cite (une dernière fois) : “j’arrive en 2014, sur un terrain en friche en matière de sécurité” c’est un peu fort de café. Il connaissait la situation puisque ses prédécesseurs du même bord politique (Quilliot et Godard) étaient comme lui à ses débuts, c’est-à-dire, dans le déni.
    Alors se positionner comme un maire apaisant, c’est bien, mais en 11 ans, il a aussi montré son incapacité à endiguer la montée de l’insécurité.

  • 1) pour répondre à Olivier Perrot, non, il ne faut pas mettre son vrai nom et prénom, il ne s agit pas d un manque de courage ou de ne pas assumer ses opinions mais tout simplement protéger sa personne et ses proches, pour un gars qui se dit journaliste, je suis surpris par si peu d intelligence dans ses propos.
    2) pour résumer, olivier bianchi, c est à lui d évoluer, la société a changé, mais certains ont stagné dans leur façon de penser et faire, ils ont beaucoup d années de retard

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