L'Essentiel
Le préfet Joël Mathurin a souligné que la lutte contre le narcotrafic à Clermont a déjà débuté, avec une augmentation significative des amendes pour consommation et des mises en garde à vue, reflétant la violence croissante générée par des trafiquants cherchant à reprendre le contrôle de points de deal.
Enfin, la lutte contre un système pré-mafieux se met en place, nécessitant une coopération entre l'État et les bailleurs pour rompre les dynamiques de contrôle social exercées par des narcotrafiquants dans les quartiers.
Le ministre de l’Intérieur se rendra à Clermont vendredi 5 septembre : C’est globalement la seule information qui est ressortie de l’entretien qui a réuni le préfet du Puy-de-Dôme, les patrons locaux de la police nationale et de la gendarmerie et le vice procureur de la république. Joël Mathurin a expliqué que cette réunion était avant tout destinée à évaluer la manière dont le dispositif de sécurité renforcée annoncé cet été, était mis en place à Clermont, tant sur l’idée du continuum de sécurité que sur les besoins du quotidien. Il faudra donc patienter une semaine pour connaître le détail des moyens supplémentaires éventuels octroyés par le ministère dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic.
La « déstabilisation » du marché qui génère l’hyper violence actuelle
Comme l’explique le Préfet Mathurin, le travail de lutte contre le narcotrafic à Clermont, a débuté bien avant l’annonce de l’intégration de Clermont dans le dispositif de sécurité renforcée. Dès la fin de l’année 2024 des premiers points de deal sont tombés notamment dans le quartier Saint-Jacques et dans le quartier de la gare. Arnaud Bavois, Directeur interdépartemental de la police nationale du Puy-de-Dôme confirme la mobilisation de terrain et emploi la formule « on ne lâche rien » pour illustrer le travail quotidien. C’est précisément, selon Joël Mathurin, cette « déstabilisation » du marché qui génère l’hyper violence actuelle inédite à Clermont, puisque des trafiquants, venant parfois d’autres régions, tentent par tous les moyens de reconquérir les points qui ont été « asséchés ». Dans le collimateur des autorités, il y aussi les consommateurs qui rendent le territoire captif. Depuis le début de l’année 2025, la police a augmenté de 96% la distribution d’amendes forfaitaires liées à la consommation, alors que du côté du parquet, on annonce pas moins de 700 mises en garde à vue.
Lutter contre le système pré-mafieux
Autre travail moins visible évoqué par le préfet la lutte contre l’installation d’un système pré-mafieux. « Quand vous avez dans les quartiers, des personnes qui commencent à proposer de payer les loyers, à payer les courses ou donner des cadeaux aux enfants pour avoir des renseignement, il y a une sorte de contrôle social par un réseau qui n’est pas un réseau républicain. Il faut évidemment casser cette logique et quand on a sur l’espace public une volonté de contrôle des flux par des narcotrafiquants et par leur complices, nous sommes dans un système prè-mafieux et il faut bien sûr casser cela. La République est chez elle partout et pour tous, c’est la raison pour laquelle nous déployons une stratégie globale et le harcèlement de terrain ». Sur cet aspect précis, une collaboration a vu le jour entre les services de l’État et les bailleurs privés ou publics.











Question : à quoi va servir la visite du Ministre de l’Intérieur à quelques jours du vote de confiance de l’actuel PM ?
Une chute du gouvernement Bayrou dans les prochains jours, menace de destabiliser le peu d’espoir que nous avions encore sur le bien-fondé de cette visite.