Clermont est désormais dans la liste des villes bénéficiant du dispositif « Villes de sécurité renforcée ».
Ce dispositif qui fait partie de l’arsenal de la loi “anti-narcotrafic” portée par Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, permet à l’État de mobiliser des moyens supplémentaires et exceptionnels dans les villes en proie à la criminalité organisée, au trafic de drogue et à la violence urbaine. Dans une circulaire du ministère, il est indiqué que 4 critères doivent être cumulés par une ville pour bénéficier du dispositif : « enkystement du trafic de stupéfiants », « concentration des faits de délinquance sur un territoire réduit », « existence de troubles récurrents à l’ordre public » et « présence d’une immigration irrégulière et de repli communautaire ». Clermont, qui cumule ces critères, aura du attendre le 31 juillet pour devenir enfin « Ville de sécurité renforcée » suite à une forte pression mise sur le gouvernement ces derniers mois, par les élus locaux, de toutes les tendances.
Pas un label mais une doctrine
« Villes de sécurité renforcée » ne constitue pas « un nouveau label », à toujours précisé le ministre de l’Intérieur rappelant qu’il s’agit seulement d’une « doctrine », un prolongement des opérations « place nette » déployée par son prédécesseur Gérald Darmanin. Il est question, aujourd’hui, d’inscrire le travail dans la durée, en permettant aux préfets de « reprendre le contrôle de la voie publique et obtenir des résultats visibles et durables ». La feuille de route présentée par le ministre aux préfets concernés, cible le démantèlement des filières, l’occupation de l’espace public, la mobilisation des moyens administratifs et la saisie du patrimoine des délinquants.
Si l’annonce du dispositif pour Clermont est désormais officielle, il faut cependant noter que rien de concret n’est annoncé. Pas de chiffre sur les effectifs supplémentaires, pas de calendrier non plus et en analysant la doctrine, on constate que ce qui est requis, est déjà une place à Clermont avec le fameux continuum de sécurité auquel participe désormais la police ferroviaire.
Espérons que cette annonce au cœur de l’été ne va pas rester sans effet et que les moyens supplémentaires seront à la hauteur des besoins, à l’heure où l’État cherche par tous les moyens à faire des économies de fonctionnement.
À chacun son courrier
Cette annonce de fin juillet à donné l’occasion d’observer comment la question de la sécurité cristallise le débat politique avec les prochaines élections municipales en point de mire.
Delphine Lingemann, député Modem de la 4e circonscription à été la première à annoncer la nouvelle, s’appuyant sur un courrier reçu du Premier ministre, François Bayrou lui expliquant que « ses arguments avaient porté ». Dans la foulée, Julien Bony et Sébastien Galpier, déjà engagés pour les municipales sous l’étiquette LR, ont présenté le courrier qu’ils avaient reçu de la part du ministre de l’intérieur, Bruneau Retailleau annonçant le renfort du continuum de sécurité. Idem pour le sénateur LR Jean-Marc Boyer, qui a, lui aussi, publié la réponse de Bruneau Retailleau à son courrier envoyé début mai.
Si l’on remonte dans le temps, on constate que la mobilisation des élus n’est pas nouvelle et pas l’apanage du centre et de la droite. Marion Canalès, sénatrice PS, lors d’une séance de questions orales mi juin avait interpelé le ministre de l’intérieur sur la question de la sécurité et du manque de moyens. Olivier Bianchi, maire PS de Clermont et président de la Métropole s’était quant à lui rendu à Paris, début novembre 2024, avec Brice Hortefeux, président des LR du Puy-de-Dôme et ancien ministre de l’Intérieur, pour rencontrer Nicolas Daragon, alors ministre délégué à la tranquillité du quotidien et demander des renforts dans la lutte contre le narco trafic suite à l’opération « place nette » du quartier Saint-Jacques. Nicolas Daragon avait quitté le gouvernement un mois et demi plus tard… et en l’absence de moyens supplémentaires, Olivier Bianchi a envoyé un courrier à Bruneau Retailleau, le 22 avril 2025. À ce jour, il attend encore la réponse.











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