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Virginie Dupont / Photo 7 Jours à Clermont
Virginie Dupont / Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

La première rentrée de la rectrice Virginie Dupont

Ce lundi va être marqué par le retour des élèves dans les établissements scolaire. Dans l'académie de Clermont on dénombre pour la rentrée 2025, 210.556 élèves inscrits dans le public et le privé sous contrat et une rectrice qui va vivre ce moment important, pour la première fois.

L'Essentiel

Ce lundi marque le retour des élèves pour la rentrée scolaire 2025 dans l'académie de Clermont, avec 210.556 élèves inscrits, une première pour la nouvelle rectrice Virginie Dupont.

Cette rentrée s'inscrit dans la continuité des politiques éducatives précédentes, tout en introduisant l'Intelligence Artificielle dans les enseignements pour les élèves de 4e et 3e, et en appliquant des règles sur l'utilisation des téléphones portables à l'école.

Virginie Dupont souhaite également mieux comprendre les réalités des établissements en participant aux conseils de classe et souligne un besoin d'orienter davantage les élèves vers l'enseignement général pour éviter les déséquilibres dans les choix de parcours.

La rentrée scolaire 2025 sera la première de Virginie Dupont en tant que rectrice de l’académie de Clermont. Ancienne, présidente de l’Université Bretagne Sud, elle est, en effet, arrivée à ce poste seulement fin mars 2025, pour remplacer Karim Benmiloud. Ce 1er septembre sera donc, pour elle, un moment tout aussi symbolique qu’important.

« On devient vraiment rectrice quant on a fait sa première rentrée scolaire »

7 Jours à Clermont : C’est votre première rentrée en tant que rectrice. C’est un gros changement comparé à votre vie d’avant ?
Virginie Dupont : Oui c’est un gros changement parce que je connaissais bien plus l’enseignement supérieur que l’enseignement scolaire. La rentrée est quelque chose qui m’a permis d’apprendre, mais j’ai encore beaucoup à apprendre. Des collègues recteurs et rectrices me disaient cette semaine que l’on devient vraiment rectrice quant on a fait sa première rentrée scolaire, ma première journée c’était hier…

7JàC : Qu’est ce qui caractérise la rentrée 2025/2026 ?
V.D : C’est la continuité d’une politique engagé au moins l’année dernière si ce n’est les années précédentes, donc pas de grands changements à l’Éducation Nationale pour cette rentrée.

7JàC : Cependant cette année, on parle d’Intelligence Artificielle…
V.D : L’Intelligence Artificielle va effectivement arriver dans les enseignements. Cela va commencer à se diffuser vers les élèves cette année puis dans les années à venir. Cela est obligatoire pour les élèves de 4e  et de 3e sous la forme d’une sensibilisation à l’IA mais avant qu’elle ne se mette en route, on va former les enseignants qui vont devoir accompagner les élèves sur cette formation.

7JàC : Que vont-ils apprendre sur l’IA ?
V.D : Ils vont apprendre à l’utiliser, comment s’en servir, se faire un jugement critique aussi. Donc à la fois les avantages de l’IA et ce que cela peut leur apporter, mais aussi toute l’attention qu’ils doivent avoir sur la diffusion de fausses informations.

7JàC : Cette rentré est aussi marquée par une offensive sur le téléphone portable à l’école.
V.D : Laisser les portable au vestiaire pendant le temps scolaire est une loi de 2018 qui prend tout son effet en… 2025. C’est obligatoire dans les collèges et ce pourra être expérimental dans les lycées qui le souhaitent. Cela se fera avec des méthodes relativement souples : par exemple un bac comme en maternelle pour laisser les doudous, des casiers individuels, des pochettes… des moyens payés par les établissements ou par les départements.

7JàC : Quel est l’objectif de cette loi sur les portables ?
V.D : L’objectif est de favoriser le dialogue, la sociabilisation, l’attention dans les relations avec les autres élèves mais aussi avec les professeurs. Un rapport a prouvé les effets néfastes sur les apprentissages lorsque l’on passe trop de temps sur les écrans.

7JàC : Les écrans favorisent aussi le harcèlement scolaire…
V.D : Absolument. Quand on voit tout le mal que peuvent faire les réseaux sociaux dans le cadre du harcèlement scolaire et bien cela permettra de freiner le phénomène. C’est sûr et cela a été prouvé dans les collèges qui ont déjà expérimenté.

7JàC : L’inclusion reste-t-elle un axe fort ?
V.D : Oui c’est un axe fort même si on arrive pas à répondre à l’ensemble des attentes des parents dont on comprend les attentes. Cela demande des moyens en AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap). Cette année, on aura plus 125 personnes qui vont venir accompagner les jeunes en situation de handicap mais c’est encore insuffisant. C’est ce que l’on arrive à faire avec les moyens que nous donne l’État. Mais on y travaille, avec un sujet sur les jeunes en situation de polyhandicap au niveau lycée. On n’arrivera pas à ouvrir de dispositif spécifique Ulis (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) à cette rentrée, mais on va néanmoins travailler à mettre en place pour la rentrée prochaine, quelque chose qui ne sera pas un dispositif Ulis  mais un dispositif type unité externe spécifique dans un établissement pour permettre aux jeunes de poursuivre. En attendant on accompagne les jeunes et leur familles pour trouver les meilleures solutions qui soient, dans cette période d’attente vers le lycée.

« Avoir une connaissance claire de ce qui se passe sur le terrain »

7 Jours à Clermont : Parlez-nous de votre souhait de participer à des conseils de classe.
Virginie Dupont : Je souhaite avoir une connaissance claire de ce qui se passe sur le terrain. On entend souvent un certain nombre de choses sur ce qui se passe dans les conseils de classe, hé bien j’ai envie d’aller voir ce qui s’y passe tant dans des  collèges de zones prioritaires que dans des collège en zones plus élitistes, pour voir comment le conseil, les enseignants, le principal mène ce conseil de classe en lien avec l’orientation des jeunes. Je l’ai déjà dit, dans l’Académie, il y a encore beaucoup de jeunes qui manquent d’ambition et je pense que l’on peut les amener d’avantage vers l’enseignement général et technologique simplement en leur passant les bons messages.

7JàC : Vous allez vous y rendre par surprise ?
V.D : Non, la surprise n’est pas ma façon de faire. J’ai envie de travailler avec des établissement qui sont volontaires.

7JàC : Peut-on revenir sur cette notion de manque d’ambition ?
V.D : Je pense qu’au niveau national, il est extrêmement important qu’il ait plus de jeunes qui viennent à l’apprentissage et vers la voie professionnelle, mais la problématique de l’académie de Clermont, c’est que justement par manque d’ambition, on a trop de jeunes qui veulent aller sur la voie professionnelle, et les places de cette voie sont limitées. On se retrouve avec des jeunes à l’issue de la 3e qui n’ont pas d’affectation en seconde car ils n’ont fait que des vœux dans le secteur professionnel mais aussi parce que c’est un choix qu’on leur a indiqué à la fin de la 3e. Il y a donc quelque chose à travailler dans l’académie sur ce champ là.

7JàC : Êtes-vous globalement satisfaite des moyens humains de la rentrée 25/26 dans l’académie ?
V.D : Dans l’académie, on est relativement content de nos recrutements notament sur les stagiaires qui vont intervenir soit à mi-temps, soit à plein temps. On a une belle augmentation du nombre de stagiaires dans l’académie, c’est la preuve de son attractivité. On a réussi à mettre un enseignant devant chaque élève, pas à 100%, il faut le reconnaître. Nous n’avons pas de réels soucis dans le premier degré, mais quand-même quelques tensions sur des secteurs comme les lettres et science-éco/gestion dans le second degré. Mais cela ne représente que 0.25% de postes non pourvus, c’est très peu sur 10 000 enseignants dans l’académie.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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