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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

La vie quotidienne est loin d’être un long fleuve tranquille. La complexité administrative, spécialité française, n’y est pas pour rien.

Le fameux « choc de simplification » régulièrement promis par ceux qui nous dirigent, restera évidemment une vue de l’esprit, un vœu pieux, une illusion. Plutôt que de prendre cet engagement avec sérieux, le postulat entraîne l’hilarité. Si choc il y a, il demeurera, et pour longtemps, celui que ressente régulièrement les citoyens lorsqu’ils se heurtent aux procédures administratives et aux diverses contraintes réglementaires. De quoi y perdre sa patience, son latin voire ses cheveux tant elles tournent parfois au chemin de croix et touchent à l’ubuesque.

Bâtons dans les roues

Ce parcours du combattant se révèle une particularité française dans un pays qui enregistre le record du monde des taxes et un déficit devenu abyssal au fur et à mesure d’une gestion calamiteuse. Ce n’est même pas la bonne foi originelle de notre personnel politique que l’on remet ici en cause mais son incapacité à mettre en œuvre de vraies réformes salutaires à tel point que l’on se demande s’ils n’y a pas renoncé. Lorsque, miracle, une mesure positive est adoptée, d’autres, contradictoires, viennent aussitôt lui mettre des bâtons dans les roues. Simplifier n’est tout simplement pas dans l’ADN de notre pléthorique administration.

« Phobie administrative »

En matière de règles, de normes, de procédures, d’obligations tous azimuts, les couches se superposent, s’accumulent, elles s’entassent, s’empilent jusqu’à former un véritable capharnaüm. Pas une séquence de notre vie, pas une initiative individuelle, pas une démarche quotidienne n’échappent à ce dédale insensé, à ce carcan étouffant. A tel point que l’on finit par ressentir une certaine empathie pour l’ancien secrétaire d’Etat Thomas Thévenoud qui, rattrapé par la justice pour quelques manquements financiers, avait fait part de sa « phobie administrative. »  Une maladie qui nous affecte tous, à des degrés divers, évidemment, et qui- plus globalement- anesthésie la vitalité de notre pays .

Le « choc de simplification » ? Hélas, il n’est pas pour demain…

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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