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Mur de pneus usés / Photo PxHere
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Innovation

BioDLab : un laboratoire de recherche sur les particules liées à l’usure des pneus

BioDLab, un laboratoire ouvert par Michelin, le CNRS et l’Université Clermont Auvergne, va travailler sur l’étude de la dégradation et biodégradation des gommes des pneumatiques.

En matière de pollution automobile, à force de se concentrer sur les émissions de CO2 des moteurs thermiques, on a fini par oublier que l’usure des freins, des pneus et des revêtements routiers produit, chaque année, le quart des particules en suspension dans les zones urbaines. Lorsqu’un véhicule roule, la friction du pneu sur le goudron génère des particules comme le zinc ou le silicone et des sulfures qui sont « aéroportées ». De même lors du freinage, la friction des plaquettes sur les disques, libère des particules de fer, de cuivre, du toxique antimoine et autres substances nocives. La moitié de ces particules se retrouve en suspension dans l’air, tandis que celles laissées au sol, s’envolent au passage des autres véhicules. Avec le développement des véhicules électriques, la généralisation du système Start-Stop et les filtres d’échappement de plus en plus efficaces, l’OCDE prévoit que d’ici à 2035, ce que l’on appelle « l’usure accessoire » de la voiture constituera rapidement la principale source d’émissions de particules liées au trafic routier, devant les gaz d’échappement.

L’exposition aux particules, un danger pour la santé

Toujours selon l’OCDE, l’exposition aux particules, plus ou moins fines, représente le septième rang des facteurs de risque de mortalité et de morbidité dans le monde. Les particules pénètrent dans les poumons et peuvent déclencher des inflammations importantes. Une étude réalisée en 2006, avait révélé que l’exposition prolongée à des particules fines serait associée aux maladies cardiovasculaires comme certaines arythmies et des infarctus. Elle est aussi associée à plusieurs troubles respiratoires chroniques, des maladies pulmonaires, des problèmes sanguin et cérébrovasculaires.

Avec BioDLab, Michelin, le CNRS et l’UCA se positionnent à la pointe de la recherche

Michelin, le CNRS et l’Université Clermont Auvergne viennent d’inaugurer BioDLab un laboratoire commun, dédié à l’étude de la dégradation et biodégradation des gommes des pneumatiques. Durant 4 ans, ce labo va mener des travaux pour mieux comprendre le processus de dégradation des pneus liée à leur utilisation et développer des solutions techniques aux problématiques environnementales des particules d’usures. Cette nouvelle collaboration qui intègre l’étude des matériaux, la chimie et la microbiologie, vise à développer des méthodes d’évaluation de la dégradation de l’élastomère, composant essentiel des pneumatiques, et à délivrer une analyse fine qui permettra de comprendre les mécanismes.
La collaboration mobilisera une vingtaine de membres de l’Institut de chimie de Clermont (UCA-CNRS) et une dizaine de salariés de la Direction Opérationnelle de Recherche et Développement de Michelin. Comme l’a précisé Eric-Philippe Vinesse, Directeur Recherche et Développement de Michelin, « le Groupe a toujours été favorable à l’établissement de seuils réglementaires d’abrasion des pneus pour limiter les émissions de particules d’usure partout dans le monde ».

Moins rouler reste, pour l’instant, la meilleure solution

Même si la recherche se montre rapide et efficace, le problème des particules restera entier durant encore plusieurs années. En parallèle, certains équipementiers travaillent sur des systèmes de récupération des poussières de freins par aspiration, sachant que l’émission de ces poussières de freinages est réduite sur les voitures électriques qui sont équipées d’un mode de freinage régénératif. Alors en attendant que les véhicules soient équipés de pneus moins polluants, la meilleure façon de réduire l’émissions des particules liées à « l’usure accessoire » reste encore d’utiliser les moyens de transports alternatifs dans les agglomérations.

Lire aussi : Recyclage du PET : un consortium européen piloté par Michelin voit le jour

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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