Beau temps et température agréable en ce samedi après-midi du mois de décembre 2025.
Pascal Barreyre a donné rendez-vous à une petite bande d’amis, à 14 heures précises, sur le parking du col de Ceyssat au pied du puy de Dôme. L’instant est plus que symbolique. Ce Clermontois, infatigable marcheur et amateur de sommets va donner le top départ de sa 10 000e ascension. Il a choisi de gravir, une fois de plus, le très populaire chemin des Muletiers dont il connaît chaque caillou pour marquer l’événement au sommet du géant d’Auvergne. 5,6 km d’ascension, un dénivelé de 406 mètres, cela reste raisonnable pour un reportage en immersion.
La petite troupe s’élance à cadence raisonnable, l’objectif du jour n’est pas faire claquer un chrono, mais de trinquer à 1 465m d’altitude avec quelques gouttes d’un vin produit au Chili, histoire de retrouver le goût de la Cordillère des Andes. Arrivée au sommet, le puy est dans le brouillard, c’était à prévoir en décembre… la petite cérémonie se déroule donc au chaud dans le refuge. Un petit discours, quelques anecdotes sur d’incroyables ascensions et il est déjà l’heure de redescendre tout en posant des questions :

Le 10 000e était l’occasion de réunir des amis
7 Jours à Clermont : Pascal, encore un puy de Dôme à votre actif. Nous avions relaté votre 1 000e en 2017, où en êtes vous aujourd’hui ?
Pascal Barreyre : Le puy de Dôme ? Aujourd’hui c’était le 1 179e… donc 179 en 8 ans.
7JàC : Atteindre votre 10 000e sommet, quelles sensations cela vous a procuré ?
P.B : 10 000 sommets… hormis le fait d’être avec des amis que je n’ai pas forcement l’habitude de voir, mais qui m’ont accompagné parfois très haut, cela ne m’a rien fait de plus que le 9 999e.
7JàC : 10 000 sommets était un objectif sportif ou juste un symbole ? Est-ce que c’était important pour vous ?
P.B : Non, ce n’était absolument pas un objectif… d’ailleurs je recommence dans deux jours, pas symbolique non plus. Simplement un jour, je me suis aperçu que je me rapprochais du 10 000e et que c’était l’occasion de réunir des amis et de faire quelque chose de sympa ce jour là.
7JàC : Vous avez toujours autant de plaisir à grimper ?
P.B : Oui, quel que soit le sommet. Que ce soit un grand sommet ou le puy de Dôme, que je n’aurai pas gravi 1 179 fois, si je ne l’aimais pas, il y a toujours autant de plaisir.
7JàC : Depuis votre première grimpée à 13 ans, vous tenez un journal de bord de vos ascensions, qu’allez vous inscrire ce soir ?
P.B : Ce sera très léger, peut-être que je marquerai le nom des gens qui m’ont accompagné mais à part « montée par le sentier des Muletiers, descente par le sentier des Muletiers », il n’y a pas grand chose à raconter. Après évidemment, il y aura inscrit 10 000.
Le mont Kenya fait partie des plus belles choses vues en montagne par Pascal Barreyre
7 Jours à Clermont : Sur l’ensemble des sommets gravis, y en a-t-il qui sont profondément ancrés dans votre mémoire ?
Pascal Barreyre : Oui bien sûr, d’abord tous les grands sommets qui demandent un effort bien supérieur à l’ascension d’un puy de Dôme, et puis il y a eu des accidents qui restent en mémoire, en particulier celui du Huascarán (point culminant du Pérou, 6 768 mètres d’altitude) à la suite duquel j’ai été handicapé durant 4 mois. Il avait fallu que je me débrouille seul car il n’y avait pas de secours et je n’avais donc pas le choix… ce sont des choses qui marquent. Et puis le jour où j’ai fait le plus haut de la liste, le Sajama à 6 550 mètres (stratovolcan de Bolivie, point culminant du pays). Il y a eu aussi les échecs sur les 7 000, une fois à cause de la météo, une fois à cause de problèmes techniques. Le Mont Blanc, aussi, m’a marqué parce qu’on est parti à trois copains à pied, depuis Chamonix, c’était un grand moment parce qu’on l’a fait comme les anciens. On a mis trois jours aller-retour.
7JàC : Cette année vous avez ressenti un émerveillement particulier en Afrique…
P. B : Oui le mont Kenya. Tout un massif de dentelle de pierre, cela fait partie des plus belles choses que j’ai vues en montagne. C’était très particulier, il y avait de la neige, c’était à la fois émouvant et magnifique.
7JàC : Établissez-vous un classement personnel des plus beaux sommets que vous avez atteint ?
P. B : Je n’ai pas de plus beau sommet, cela me parait impossible à dire. Il y a des sommets considérés comme les plus beaux, le Cervin, l’Alpamayo, le Kailash… mais je n’ai pas de préféré. Chaque sommet à son charme, il y en a des petits qui n’ont pas d’aspect esthétique particulier, mais les montagnes d’Auvergne sont magnifiques, celles des Vosges sont magnifiques comme celles de la Cordillère des Andes pour lesquelles j’ai une petite préférence, mais de l’une à l’autre, il n’y a pas de différence.
7JàC : Le plaisir de grimper reste sans cesse renouvelé malgré la répétition ?
P.B : Oui, même si je suis peut-être moins courageux qu’il y a quelques années. Je ne pars plus 8 heures sous la flotte comme je le faisais avant, mais j’ai toujours du plaisir. Aujourd’hui j’ai refait « mon » puy de Dôme, je suis content et je le referai dans quelques temps.
7JàC : Votre physique vous permet-il toujours de pratiquer cette activité exigeante malgré le temps qui passe ?
P.B : Oui pour l’instant, après j’ai un peu mal au genou, je suis un peu abîmé à cause de charges très lourdes. Je ne me relancerai pas dans l’ascension d’un 7 000, mais je garde espoir de remonter à 6 000. Cette année, on est monté à presque 5 000, 4 985, en Afrique.





Commenter