Frédéric Aguilera, vice président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, en charge des transports et des mobilités, vient de présenter officiellement le M-Ticket sur Oùra. Oùra est déjà une carte dédiée aux transports urbains et régionaux. On l’utilise pour voyager sur le réseau clermontois T2C ou sur le réseau TER dans sa version à puce. Nouvelle évolution, le M-Ticket sur Oùra qui vient d’être mis en service avec succès au regard du nombre d’utilisateurs déjà comptabilisés, va permettre aux voyageurs occasionnels de s’affranchir de la carte au profit d’une appli sur smartphone avec QR sécurisé.
La vraie nouveauté c’est la dématérialisation
7 Jours à Clermont : En quelques mots qu’est ce que le M-Ticket Oùra ?
Frédéric Aguilera : C’est un support digital unique, auquel on accède via l’application Oùra pour les usagers occasionnels. C’est un support unique avec un QR code qui apparaît sur l’écran comme on peut avoir sur SNCF Connect, par exemple. Il permet d’acheter non seulement les titres TER, mais aussi les réseaux urbains, en amont ou en aval du voyage TER. Le déploiement va se faire progressivement, mais demain on aura plus qu’un seul M-Ticket pour voyager. Globalement, pour l’offre TER, plutôt qu’acheter sur SNCF Connect, la Région a déployé son système de support unique numérique.
7JàC : Pouvez-vous nous donner un exemple ?
F. A : Oui par exemple en début d’année prochaine, avec le nouveau réseau InspiRe, vous pourrez partir de la place de Jaude vers la place de l’Hôtel de Ville de Grenoble en utilisant deux fois le TER et deux réseaux urbains, mais vous aurez ce M-Ticket de bout en bout.
7JàC : Qu’elle est la vraie nouveauté pour Oùra ?
F. A : La vraie nouveauté c’est la dématérialisation. Aujourd’hui les abonnés ou ceux qui ont la carte Oùra, peuvent avoir le service mais avec un support physique. Mais tout le monde n’est pas abonné, ou n’a pas la carte, et l’on voulait un outil simple pour les occasionnels, ceux qui prennent rarement les transports.
7JàC : Comme SNCF Connect, la région prend-elle une commission sur les ventes ?
F. A : On en prend pas car, par définition, c’est notre propre réseau et nos propres recettes. Lorsque l’on passe par SNCF Connect, qui est la plateforme la plus connue aujourd’hui, elle se rémunère au passage ce qui est logique d’ailleurs. Mais pour la Région, donc pour les finances publiques, tout ce qui passe par l’achat Oùra est plus intéressant financièrement mais c’est le même prix pour l’usager.
7JàC : On pourrait imaginer qu’avec ce système les trajets pourraient coûter moins chers ?
F. A : Aujourd’hui, on est sur un système cumulatif. Cela additionne le prix du transport en commun, le prix du TER, plus le prix d’un autre type de transport de la communauté Oùra. Donc, on est bien sur du cumulatif, on est pas sur des systèmes qui permettent à ce que l’on achète de bout en bout et d’avoir une remise. Mais c’est une chose sur laquelle on travaille aujourd’hui avec les futurs SERM, (RER Urbain) avec les territoires.
La communauté Oùra regroupe les grands transporteurs publics du territoire
7JàC Le M-Ticket va-t-il fonctionner sur tous tous les réseaux urbain du territoire régional ?
F. A : La communauté Oùra regroupe à peu près tous les grands transporteurs publics du territoire. T2C, TCL (Lyon) STAS (Saint-Etienne) sont déjà dans la communauté et vont utiliser de M-Ticket au premier semestre 2026.
7JàC : Le développement de l’appli a coûté 10 Millions d’euros* un bel investissement, mais quel est l’objectif final ?
F. A : L’objectif c’est de développer les réseaux de transports et de faciliter les mobilités de chacun. L’idée est de ne pas avoir à se demander quand je vais à Chamonix, comment je fais, combien de billets je dois acheter, quelles sont les applications que je dois télécharger… notre objectif ultime c’est de faciliter, d’avoir des moteurs de recherche dans lesquels on a intégré un maximum d’informations, avec des calculs d’itinéraires, c’est aussi bientôt la possibilité de recharger sa carte avec son téléphone et puis un jour la dématérialisation complète de nos abonnements. À terme, cet outil qui commence à se déployer avec des briques que l’on rajoute progressivement, dont celle du M-Ticket, permet de simplifier. On sait que l’on est en Auvergne-Rhône-Alpes, on sait que l’on passe par OURA et on a tout ce qu’il faut pour la mobilités.
7JàC : Cela veut dire que la réflexion porte aussi sur l’intermodalité…
F. A : Oui dans les calculs d’itinéraires on à la marche, on aura les vélos, on est d’ailleurs en train de rentrer les itinéraires cyclables, et c’est ce qu’on appelle les systèmes de masse. On travaille avec Clermont, Lyon, Grenoble avec tous ceux qui développent ces systèmes pour avoir un ensemble intégré. Mais l’idée c’est vraiement d’aller d’un point A à un point B et de regarder le calcul d’itinéraire et trouver les meilleures solutions pour y aller. Je ne sais pas si le calcul d’itinéraire proposera d’aller à Chamonix à vélo…mais on va mettre toutes les options !
*7,3 Millions sont apportés par le FEDER Fonds européen de développement régional.











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