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Christian Prudhomme et Olivier Bianchi autour de la carte du Tour 2020- photo Emmanuel Thérond.
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Un Tour quand même mais un drôle de Tour

Ce devrait être finalement le 12 septembre, soixante et un jours après la date initialement prévue, que le Tour de France reviendra à Clermont. Les organisateurs ont enterriné la nouvelle version de l'épreuve après concertation avec les instances internationales du cyclisme.

Il faut être né il y a longtemps pour se souvenir d’un mois de juillet sans Tour de France. Et encore, pour les témoins de l’époque, ne pas avoir la mémoire qui flanche. L’allocution d’Emmanuel Macron, intervenue lundi soir, a porté le coup de grâce à ceux qui rêvaient encore d’un départ à Nice le 27 juin, sur une Promenade des Anglais naturellement baignée par le soleil. Les organisateurs, jusqu’au bout, avaient pourtant laissé la porte entrouverte, espérant que, d’ici l’été, les choses pourraient rentrer dans un “ordre suffisant”. Mais cette porte était trop étroite…

Voilà donc le cyclisme dans de sales draps. Face à une situation à la fois inédite et critique, les responsables ne peuvent désormais que tenter de sauver les meubles. Et improviser un semblant de calendrier hypothétique qui aura des airs de pis-aller.

Contre vents et marées

Annuler purement et simplement le Tour de France ? Ou le maintenir contre vents et marées quitte à le retarder ? La question, évidemment, se posait et, depuis des semaines, organisateurs de la course, instances internationales du cyclisme et groupes sportifs discutaient d’un possible plan B, afin de trouver la moins pire des solutions. Encore fallait-il attendre la position officielle du gouvernement français pour accoucher d’un nouveau scénario, toujours susceptible d’être déconstruit en cas d’évolution défavorable de l’épidémie. On connaît désormais la réponse mais au-delà du Tour, c’est un calendrier entier qu’il s’agit de rebâtir, en amont et en aval de la Grande Boucle.

Contre vents et marées

A Châtel-Guyon, une affiche signée Doz.

Prenez la carte initiale du Tour 2020. Remplacez juin ou juillet par août et septembre dans le calendrier. Et ajoutez une journée. Vous obtiendrez ainsi l’itinéraire de la Grande Boucle new look telle qu’il devrait se présenter. Partis le 29 août de la Côte d’Azur, les coureurs atteindront, en principe, Châtel-Guyon le 11 septembre pour rejoindre le Puy-Mary. Et c’est le lendemain qu’ils partiront de Clermont pour une étape les menant à Lyon par-delà les monts du Forez.

L’événement sportif de l’année

On ne l’a plus vu dans la capitale de l’ex région administrative depuis 1988 et la victoire du Danois Johhny Weltz sur les pentes désormais interdites du puy-de-Dôme. Aussi la venue du Tour dans la métropole clermontoise est vécue comme l’événement sportif de l’année. Imaginez l’immense barnum dressé sur la place de Jaude… Mieux encore, grâce aux circonvolutions de l’itinéraire, l’agglomération devrait accueillir l’énorme caravane durant deux nuits. Une belle affaire pour l’hôtellerie locale et l’économie en général. Elles en auront le plus grand besoin au sortir d’une crise dont on est loin, aujourd’hui, de mesurer l’étendue des conséquences.

Sans repère

Mais que vaudra un Tour au mois de septembre ? Un Tour décalé, déplacé, sans repère, après une préparation avortée pour l’ensemble du peloton…La ferveur qui accompagne l’épreuve est intimement liée à sa saisonnalité, à son inscription au cœur de l’été. La Grande Boucle rime avec vacances. On peut dès lors s’interroger sur l’engouement qu’elle suscitera alors que l’activité aura repris, que les enfants auront retrouvé les salles de classe et que les premières feuilles tomberont, annonçant l’automne. Peu de public au bord des routes, des retransmissions télévisées réservées aux seuls retraités, une météo capricieuse… on peut craindre un Tour sans le charme et la ferveur du Tour, un Tour sans chaleur, un Tour sans lumière. Un Tour qui ne serait que l’ombre du Tour. Mais avec un maillot jaune, tout de même, distribué aux portes de l’automne.

Le grand spectacle du Tour- photo D.R.

Le grand embouteillage de septembre…

Après la grande disette sportive, l’orgie d’événements ? En tous cas, les passionnés devraient rattraper une partie du temps perdu en septembre et ne plus savoir où donner de la tête. Trois monuments français vont ainsi se chevaucher ou se succéder au mois de septembre. Le Tour de France, on l’a vu, devrait s’achever le 20 sur les Champs-Elysées. Ce même week-end doivent avoir lieu les 24 Heures du Mans sur le “grand” circuit de la Sarthe (trop souvent confondu avec le circuit Bugatti). Et le dimanche devrait aussi marquer le début du Tournoi de Roland-Garros (recalé du 20 septembre au 4 octobre). Sans oublier l’organisation probable de plusieurs Grand-Prix de Formule 1 et Grand-Prix moto à travers le monde. De quoi redonner un peu de baume au cœur à des diffuseurs télé sévèrement secoués par la crise actuelle.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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