Marion Rousse, directrice du Tour de France féminin pour Amaury Sport Organisation, est actuellement en tournée de promotion pour l’épreuve qui se déroulera du 26 juillet au 3 août 2025. Le départ de la 6e étape aura lieu le 31 juillet depuis la place de Jaude. Selon la championne de France sur route 2012, il n’y a plus de distinguo entre le Tour masculin et féminin. La tenue de l’événement n’est plus questionnée et le public vient en nombre assister à un véritable événement cycliste. La promotion du Tour est pour Marion Rousse l’occasion de revenir sur les avancées du Tour féminin et les impacts positifs qu’il génère sur le sport cycliste féminin en France.
Clermont, ville de sport et du Tour féminin
7 Jours à Clermont : Retour du Tour de France femmes à Clermont: cette ville a t-elle une affinité particulière avec le cyclisme féminin ?
Marion Rousse : Oui, je viens très régulièrement à Clermont pour le vélo, que ce soit pour le Tour Hommes, le Critérium du Dauphiné ou encore le Tour de France feminin. Clermont sera la seule ville à accueillir le Tour Femmes deux fois, elle est particulière pour moi. La capitale auvergnate a vu le premier grand départ du Tour hors de Paris et a permis l’émancipation de son grand frère, le Tour Masculin. Il y a également une volonté de la ville, réputée très sportive et de ses élus d’accueillir ce genre d’événement.
7JàC : Le Tour de France féminin et sa tenue ont-ils été suscités des questionnements à l’aube de sa création?
M.R : Des questions ont été posées lors de la première édition en 2022 : est-ce que les gens vont suivre ? Est-ce que le spectacle sera celui attendu ? Et au final, les championnes ont répondu à la pédale. Dès la deuxième édition, les questions étaient différentes : qui sont les favorites ? On voit là une évolution au niveau du sport cycliste féminin.. Une autre phase est arrivée, maintenant ce n’est plus une curiosité de voir des femmes sur un vélo. Aujourd’hui, ce sont des championnes méritantes qui nous offrent un beau spectacle. L’année dernière, il était à son paroxysme avec les 4 secondes que séparaient les deux premières coureuses au sommet du Alpes du Huez, ce qui est du jamais vu. On s’installe progressivement mais il est important de noter que le système du cyclisme féminin reste encore fragile.
“La magie opère aussi pour le cyclisme féminin”
7 Jours à Clermont : Est-ce que vous avez eu vent des retombées et des impacts qu’a eu le Tour sur les jeunes femmes de France ?
Marion Rousse : Il est un peu tôt pour estimer les retombées, car on en est qu’à la quatrième édition mais évidemment ça crée des vocations. Les petites filles peuvent désormais s’imaginer faire un Tour de France. Maintenant, on laisse le choix aux jeunes femmes sportives de faire ce qu’elles veulent vraiment. C’était notre objectif et cela se verra dans quelques années sur le nombre de licenciées. Il y aura aussi des impacts sociaux, grâce à la dictée pour les plus jeunes et à la transmission de l’apprentissage du vélo chez certaines femmes de quartier reculés qui ne savaient pas en faire avant.
7JàC : En terme d’audience, les précédentes éditions sont-elles encourageantes ?
M.R : En effet, les 2 premières éditions ont très bien marché et on a pensé que cela avait un lien avec la diffusion du Tour Femmes juste après le Tour Hommes. L’année dernière, on était donc dans l’attente avec les JO 2024, qui se sont intercalés entre les deux éditions du Tour. Malgré la coupure, le public a pris l’habitude de regarder le Tour féminin, peu importe sa date de diffusion. Cela nous montre donc que le vélo féminin a sa place à la télévision et cette catégorie tient la route.
Un Tour, en progression constante
7 Jours à Clermont : Y-a-t-il, comme chez les hommes, cette volonté de la part des équipes de participer au Tour ?
Marion Rousse : Ah oui, c’est comme chez les hommes, il y a besoin de participer et même une certaine nécessité d’être présent au Tour féminin car c’est médiatisé et retransmis dans plus de 190 pays dans le monde. Le public est devant la télévision car c’est l’été et il y a le Tour de France donc il y a des habitués qui regardent le cyclisme. D’autres sont devant leur télé juste pour cet événement emblématique du sport cycliste. Toutes les recettes dont la caravane du Tour qui marchent pour les hommes, on les a repris et c’est un succès.
7JàC : Pour le nombre d’étapes, voulez-vous aller concurrencer le volume du Tour masculin ?
M.R : Il ne faut pas griller les étapes en allant trop vite, comme je le disais. Il ne faut pas oublier que chez les hommes, il y a 30 coureurs et leurs staffs qui sont rémunérés et chez les femmes, elles sont 10, 11 coureuses à être rémunérées. De plus, nous nous sommes imposés dans un calendrier sportif déjà important et l’objectif n’est pas de tuer les cyclistes pour les autres courses de la saison. Il faut y aller progressivement, c’est déjà un signe fort de passer de 8 à 9 étapes. Le principal à retenir est que l’on ferme la porte à rien…













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