Qu’est-ce que l’aventure dans notre société hyper-connectée, hyper-surveillée, hyper-sécurisée, sous contrôle permanent ? Doit-on encore s’émerveiller devant les « exploits » des navigateurs du Vendée Globe qui fusent sur l’océan à bord de voiliers qui n’en sont plus vraiment, sous l’observation de satellites vigilants scrutant leur moindre défaillance ? Et que dire des pilotes de Formule 1, plongés dans un univers au risque zéro et guidés par des ingénieurs omnipotents, prêts à intervenir à tout moment ? L’aventure, évidemment, ne peut se conjuguer avec les certitudes. Pour ma part, je ressens davantage d’admiration pour les skieurs, dévalant sur un fil des pistes verglacées où le danger rôde ou pour les cyclistes lancés dans des descentes de cols vertigineuses. Sans filet, sans droit à l’erreur.
Quelques mots de Phnom Penh
Je compte un ami, qui à l’âge où bien d’autres préfèrent le confort de leur « chez soi » ou la présence rassurante ( ?) de leurs petits-enfants, achète chaque hiver un ticket pour ailleurs, l’Asie en l’occurrence. Il quitte délibérément son environnement, sans réservation, sans plan préétabli, seul avec son bagage, un peu d’argent dans la poche et personne qui ne l’attende au bout du voyage. « Mon sac, mes rêves et moi » fredonnait Yves Simon au milieu des années 70 à la faveur de sa chanson « Macadam à quatre voies »
Il s’évade ainsi pendant quelques mois, de l’autre côté du monde, à la façon des routards des années 60, allant au gré de son inspiration, de ses moyens et parfois du hasard. Unique entorse à son indépendance, il envoie régulièrement , par mail, un billet, sous l’intitulé « Pérégrinations » à quelques-unes de ses relations : des instantanés, des digressions, des impressions, quelques réflexions. Lors de son dernier message , il se trouvait à la table d’un café de Phnom Penh, « la ville aux quatre visages », située au confluent du lac Tonlé Sap et du fleuve Mékong. « L’ambiance est celle d’un ballet ou d’une ruche » écrivait-il, à l’heure du petit-déjeuner.
Recherche et fuite
Lui refuserait certainement de se définir comme un aventurier, il revendiquerait simplement de cultiver une certaine idée du voyage, de ressentir un besoin de rompre avec l’ordinaire, un refus de la routine, un désir de rencontres éphémères. Et aussi d’entretenir une attirance manifeste pour la culture asiatique.
Ce qui nous renvoie à la nature même de l’aventure. N’est-elle pas simplement une recherche de l’inattendu et de l’imprévisible ? Une expérience hors des sentiers battus…









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