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Bernard Brajoux.
Culture Économie Lundi

Le boom des spectacles d’humour

L'humour se porte comme un charme dans un secteur réputé économiquement fragile et fluctuent, celui du spectacle vivant.  

Doit-on mettre ça sur le compte d’une conjoncture difficile ? D’un environnement social fébrile ? D’une société de plus en plus répressive et en constante régression ? Les moments de détente sont rares et précieux. Toujours est-il que dans un contexte pareil, depuis quelques années, l’humour fait un tabac. Un organisateur de spectacles de la région, Bernard Brajoux, fondateur des Derniers couchés en 2007, mesure la tendance.

Les Derniers couchés

Après la disparition de Pierre-Yves Denizot1 et le rachat d’Arachnée par Sony, Bernard Brajoux monte sa propre société pour promouvoir les spectacles en région. « J’ai recréé ce que j’avais appris avec Arachnée. Pierre-Yves m’a tout appris, c’était mon mentor. » En 2007, les gros spectacles d’humour sont déjà Florence Foresti, Gad Elmaleh et Franck Dubosc. « Puis, sont arrivées les émissions de Laurent Ruquier qui a fait émerger des jeunes talents. À partir de là, toute une nouvelle génération a débarqué avec Jérémy Ferrari, Jarry, Élisabeth Buffet, etc. »

Fréquentation

« Quand on fait 10000 personnes à Lyon, on fait généralement 5000 à Clermont. C’est la tendance. Évidemment, le bassin de population est prépondérant. Mais je pense que les gens ont plus l’habitude de sortir à Lyon. » Clermont appartient désormais au circuit régulier des tournées même s’il manque une salle de 15000 places pour accueillir les grosses pointures internationales selon Bernard Brajoux. « Le Zénith fait 9500, c’est bien. Mais ce n’est pas suffisant. » L’humour compte pour 40 % dans la programmation des Derniers couchés. Ce qui donne entre 50 et 60 spectacles par saison sur la région, le plus souvent à Lyon, à la Bourse du Travail. « À Clermont, on fait la Maison de la Culture, mais la Scène Nationale y est installée, ce qui laisse peu de disponibilités. À la place, on fait le Zénith en petite version pour des artistes de moindre notoriété. Le Zénith convient plutôt aux artistes confirmés. » Sur la saison 2017 / 2018, les Derniers couchés ont accueilli 57000 spectateurs à des spectacles d’humour sur la région (Aurillac, Clermont, Montluçon, Roanne, Saint-Étienne, Lyon) dont 6000 à Clermont, « mais ce n’est pas représentatif, on n’a pas beaucoup organisé ici cette année. »

La culture, une filière créatrice de richesse et d’emplois   

Jeff Panacloc au Zénith d’Auvergne le 21 mars.

Le chiffre d’affaires généré par l’humour fluctue en fonction des artistes en tournée. Une année où Foresti, Dubosc et Gad Elmaleh jouent, le CA sera florissant. Les Derniers couchés emploient approximativement vingt salariés à temps complet en cumulant les heures des intermittents sans lesquels le spectacle vivant ne serait pas. « Les gros mois, on arrive à établir 800 salaires. Le plus gros spectacle qu’on ait fait, c’est Foresti Party de Florence Foresti à la Halle Tony Garnier. On a employé une centaine de personnes pendant huit jours. Pour la dernière venue de Franck Dubosc, c’était vingt-cinq personnes. Le prochain gros spectacle à Clermont, c’est Jeff Panacloc. C’est complet. On a déjà ouvert la billetterie pour décembre prochain. On préfère faire des jauges de 3000 personnes pour que tout le monde voie bien et faire une seconde date plutôt que monter à 5 ou 6000 personnes avec les spectateurs du fond qui regardent des écrans géants. » L’étape suivante pour Bernard Brajoux est de devenir lui-même producteur pour développer de jeunes artistes. Comme son mentor. Il a monté une société à cet effet. Une histoire en devenir…

 

1) créateur d’Arachnée en 1976, disparu en octobre 2006

 

http://www.lesdernierscouches.com/

 

À propos de l'auteur

Patrick Foulhoux

Patrick Foulhoux

Journaliste et grand amateur de musique rock, Patrick Foulhoux a collaboré pendant de nombreuses années avec des magazines consacrés à la musique (Rollling Stone, Rock Sound, X-Rock...) et des titres de la presse de territoire. Sa passion pour le Rock l'a conduit à devenir directeur artistique de labels, tourneur, manager, organisateur de festival et écrivain.

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