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Chantier du centre de conservation métropolitain Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Patrimoine Vie publique

La métropole clermontoise se dote d’un centre de conservation muséal

Il va ouvrir dans un an et va révolutionner la vie des musées de la métropole clermontoise. Le Centre de Conservation des Musées actuellement en construction à Cébazat, abritera 597 846 œuvres dans les meilleures conditions.

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L'Essentiel

Le Centre de Conservation des Musées, en construction à Cébazat et prévu pour ouvrir au printemps 2026, accueillera 597 846 œuvres dans un espace de 4 000 m², optimisant ainsi la gestion des collections des six musées de Clermont Auvergne Métropole. Ce bâtiment, conçu par l'architecte Hugues Fontenas, favorisera la conservation grâce à un design protecteur, incluant des réserves sombres et des espaces de médiation, tout en permettant une cohabitation des collections pour enrichir les réflexions culturelles. Le projet s'inscrit dans une stratégie de 10 ans visant à améliorer l'accessibilité des musées et à repenser les parcours d'exposition, tout en libérant des espaces pour le public.

En 2022, Clermont Auvergne Métropole a lancé un “Plan musées” destiné à définir une stratégie à 10 ans pour l’avenir des 6 musées métropolitains*. Ce plan permettra de viser la sobriété foncière pour le développement des établissements, optimiser leur fonctionnement par mutualisation et favorisera une ouverture plus large pour les publics. Véritable clé de voûte de ce plan, un nouveau bâtiment, le Centre de Conservation des Musées de Clermont Auvergne Métropole, est actuellement en construction dans une zone d’activité située sur la commune de Cébazat.
D’une surface totale de 4 000 m², dont 2 070 m² de réserves, il accueillera à partir du printemps 2026, les 597 846 œuvres et objets des 6 musées métropolitains. Il possédera également un espace de médiation avec une salle dédiée pour constituer des groupes sur rendez-vous et un espace de documentation destiné à des chercheurs ou des scolaires. Au delà de ces deux espaces, Hugues Fontenas, l’architecte parisien qui a conçu le centre, a imaginé des fenêtres intérieures ouvertes sur les réserves, une première en France. Elles permettront de voir les lieux de stockage, de se rendre compte de leur dimension et de découvrir le travail dans un des ateliers ou l’on pratiquera la conservation et la restauration, des métiers assez méconnus.

Une coquille protectrice

“Conserver une œuvre d’art, c’est avant tout lui constituer une espèce de coquille, d’enveloppe, la plus calme possible, la plus stable possible, la plus obscure possible” explique Cécile Dupré conservatrice en chef du patrimoine et directrice des musées et du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole. “Notre métier c’est conserver, mais pas seulement. Ce nouveau bâtiment est aussi un lieu pour mettre en mouvement les collections de la manière la plus sécurisée et la plus pérenne pour les œuvres. Ce bâtiment est donc cette coquille protectrice, ces réserves sombres, sans ouverture vers l’extérieur avec un climat très contrôlé et ces  réserves sont elles-mêmes entourées par des espaces en ossature bois qui au contraire sont très ouverts et très lumineux. Il est important d’avoir des conditions de travail adaptées agréables pour les équipes”. Ce nouveau centre va permettre l’étude et la restauration des collections mais aussi l’organisation de la logistique pour des expositions, le retour des œuvres dans de bonnes conditions et surtout les interventions, lorsqu’elles rentrent avec un dégât ou une infestation nécessitant une quarantaine.

Les collections des différents musées vont cohabiter

“On a fait le choix radical de mettre les collections par matériaux et non par établissement, ce qui signifie que les collections des 6 musées seront dans la même salle. La cohabitation des collections permet une perméabilité et un dialogue entre elles pour avoir des réflexions sur des périodes, sur des thématiques, sur des sujets. Au delà du sujet de conservation c’est un vrai projet culturel” explique Cécile Dupré. “Les matériaux doivent être approché dans leur caractéristique première et notre travail devient parfois compliqué car il y a plein d’objets qui sont faits avec des matériaux différents. Par exemple, on pense à des coffres médiévaux avec un ensemble en bois ancien, éventuellement vermoulu, sur lequel on a des ferronneries en métal… tout l’enjeu est de trouver le juste équilibre et surtout d’apporter de la stabilité, parce qu’en fait, ce que détestent les œuvres, un peu comme les hommes, ce sont les variations inattendues…”

Des espaces rendus dans les musées

Le nouveau Centre de conservation est la première brique d’un plan, qui va avoir un impact sur la stratégie et le fonctionnement des musées de la métropole. “Le Centre de conservation va libérer des espaces qui sont aujourd’hui occupés dans chaque musée, espaces que l’on va rendre au public, à l’exposition, à la présentation des œuvres ou à des espaces de médiation, c’est une première étape” reprend Cécile Dupré. “L’avenir c’est de rendre le musée Bargoin et le muséum Lecoq accessibles aux personnes à mobilité réduite, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui et puis à la faveur de ces travaux structurels, de repenser les parcours muséographique, repenser les discours parce qu’aujourd’hui, on ne conçoit pas un musée de sciences naturelles comme le muséum Lecoq comme on pouvait l’imaginer dans les années 80, avec les enjeux climatiques, la préservation de la biodiversité qui sont devenu très prégnants”.

L’inertie thermique, une grande qualité du béton

“Ce n’est pas un bâtiment qui s’ouvre sur l’extérieur, il est protecteur, il est fermé pour des questions à la fois de climat et de sûreté, de protection contre les vols et toutes sortes d’agressions” précise Hugues Fontenas. Ce dernier a utilisé beaucoup de béton pour la structure du centre de conservation, un matériau qui a une mauvaise image. “On critique beaucoup le béton car c’est la mode et parce qu’il y a eu des manières de faire du béton pas très intéressantes, mais il a une grande qualité c’est qu’il apporte l’inertie thermique. Une fois qu’il a pris la température, il va la conserver et la restituer très lentement et c’est précisément ce qu’on recherche ici. Mais dans toutes les zones qui sont hors conservation, il n’y a que très très peu de murs en béton. Il n’y a que des poutres et un cloisonnement léger qui va pouvoir évoluer, les murs sont en bois… le béton est là où il a une utilité”. Avec ce matériaux il sera possible de garantir le maintien des conditions pendant 72 heures, même avec les systèmes de traitement d’air arrêtés.
Le centre est également conçu pour évoluer dans l’avenir, avec des possibilités d’extension ce qui permettra d’accompagner l’évolution des collections et pourquoi pas d’accueillir des collections d’autres structures, comme le FRAC Auvergne dont les réserves initialement prévues dans le nouvel espace de Ballainvilliers ont finalement disparu au profit d’espaces d’expositions.

*Musée d’Art Roger Quilliot – Musée Bargoin – Musée Lecoq – Musée de la Résistance de l’internement et de la déportation (Chamalières) – Musée de la Batellerie d’Allier Pierre-Mondanel (Pont-du-Château) – Musée de la vigne et du vin (Aubière).

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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