Un non pour un oui… pour un peu, on pourrait croire à un slogan politique à la veille d’un référendum.
Alors que la France est appelée aux urnes pour élire 34 958 maires, le nouveau recueil de Jean-Pierre Siméon, s’impose comme une parenthèse très bienvenue dans un monde qui ne cesse de prouver combien il peut-être brutal. L’auteur clermontois explique, en préambule, que ce nouvel ouvrage n’est pas une accumulation d’aphorismes mais un livre de 251 pensées-poèmes “où la liberté fait loi, où l’emportement, l’éclat de la voix, les tremblement du sens, le doute et l’enthousiasme ont leur part revendiquée”.
Le poète est un guide
La poésie sauvera le monde ne cesse de clamer Jean-Pierre Siméon… et si cela était une prophétie ? Malgré cet enthousiasme, quelques doutes transparaissent dans l’esprit de l’auteur à propos de l’espèce humaine. Pensées-poèmes n°114 : L’homme serait-il la folle tentative de la nature de se donner pour une fois à l’imprévisible ? Elle aura alors réussi au delà de toute espérance. Comment imaginer une espèce qui organise sa disparition ? Mais il reprend rapidement sa place de poète. Pensées-poèmes n°119 : Parler simplement ce n’est pas dire des choses simples. Le ciel étoilé parle simplement mais qui prétendra comprendre ? Le lecteur qui a un peu de mal à déposer son cerveau reptilien en lisant Siméon, serait bien avisé de faire un petit effort pour goûter aux joies l’élévation. La pensées-poèmes n°11 peut l’y aider : Non pas vivre sérieusement : vivre abondamment, les bras chargés de ciel, de montagnes, de mers et de lumières sauvées.
Et si le poète était une sorte de Waze de la pensée ? On n’est pas obligé de le suivre, mais ses conseils sont parfois sacrément efficaces.
Jean-Pierre Siméon, poète, dramaturge, essayiste, inventeur de La semaine de la poésie, a reçu le Grand Prix de poésie de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre. Un non pour un oui paru chez Gallimard est sa énième publication.













Commenter