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Photo Germaine Tillion, 1930 (photographie de sa carte d'étudiante) / Photo 7 Jours à Clermont
Photo Germaine Tillion, 1930
Événement Histoire

“Le Verfügbar aux Enfers” de Germaine Tillion interprété lors d’une nuit au Musée

La Métropole de Clermont invite le public pour la 21e édition de la Nuit européenne des Musées, à découvrir, lors d'une soirée, un riche programme dans les 5 musées de l'agglomération et notamment celui de l'adaptation des écrits d'une résistante : Germaine Tillion.

La Nuit européenne des Musées est née d’une initiative allemande : en 1997, Berlin crée la Longue nuit des Musées, une initiative encourageant les habitants à visiter et découvrir les musées proches de chez eux. 2 années plus tard, la France reprend cette idée avec le Printemps des Musées en proposant à tous les musées de France d’ouvrir gratuitement leurs portes au public un dimanche de printemps. En 2005, l’événement devient officiellement la Nuit européenne des Musées, avec pour objectif de valoriser le patrimoine culturel de nombreux pays, d’attirer un nouveau public, notamment plus jeune, familial et accessible à tous. En France et en Europe, plus de 3 000 musées ouvrent leurs portes chaque année lors de cet événement. La ville de Clermont participe chaque année depuis 20 ans à cette soirée unique permettant de mettre en lumière l’Europe, sa culture et son histoire.

Les 5 musées de la métropole ouvrent leurs portes gratuitement ce samedi 17 mai de 20h à minuit. Une occasion pour le Musée d’art Roger Quilliot, le Muséum Henri Lecoq, le Musée Bargouin, le Musée de la vigne et du vin d’Aubère et le Musée de la Résistance, de l’Internement et de la Déportation, de faire découvrir et donner l’accès au grand public à la culture et à sa richesse. Portée par une ambiance nocturne, la variété des programmes s’annonce ludique et stimulante. Un programme en particulier se démarque des autres, de par sa singularité et son histoire : l’adaptation de l’opérette revue de Germaine Tillion par le Collectif Romy, “Le Verfügbar aux enfers” au musée de la Résistance, à Chamalières.

Résister : telle était la devise de Germaine Tillion

Germaine Tillion naît le 30 mai 1907 à Allègre, une petite ville située entre le Puy et La Chaise-Dieu, en Haute-Loire. Son père est bourguignon et sa mère auvergnate, elle grandit dans une famille bourgeoise, intellectuelle et catholique. Durant son adolescence, la jeune femme s’intéresse à la préhistoire, à l’archéologie et à la psychologie avant d’opter finalement pour l’ethnologie en suivant les cours de Marcel Mauss. En 1934, conseillée par son professeur, elle part pour une première mission d’étude à l’Aurès, dans le Sud de l’Algérie. Après 6 années de mission, Germaine Tillion rentre à Paris au lendemain d’une capitulation qui la révolte. Patriote et républicaine, elle s’engage dans une association en compagnie de Paul Cauet, un colonel à la retraite, avec lequel elle commence son activité de résistante sous couvert d’une association d’aide aux prisonniers de guerre, l’Union nationale des combattants coloniaux (UNCC). En 1946, elle donnera le nom de réseau du Musée de l’Homme, en hommage à une partie de ses fondateurs, avec pour activité principale de collecter des informations sur l’armée allemande, sur les mouvements des troupes et sur les camps des prisonniers.

Après de multiples arrestations de ses résistants, Germaine Tillion se fait à son tour arrêter en août 1942. Elle est mise à l’isolement à la prison de la Santé, puis transférée à celle de Fresnes deux mois plus tard. Lors de son incarcération, la résistante arrive à prendre des notes et ne cesse d’imaginer des moyens pour entrer en communication avec ses camarades. Le 23 octobre 1943, l’ethnologue est déportée à Ravensbrück et passe un an et demi en captivité. Placée dans la catégorie des Verfügbar (disponibles en allemand) pour effectuer les pires corvées, elle parvient à s’échapper pendant plusieurs mois à tout travail pénible, et utilise ses forces pour comprendre le monde dans lequel elle se trouve. En octobre 1944, Germaine Tillion écrit sur un cahier, une opérette Le Verfügbar aux Enfers, dans laquelle elle y mêle des textes relatant avec humour sur les dures conditions de vie et des aires populaires tirés du répertoire lyrique. Avec ses camarades, elles luttent contre cette inhumaine détention avec la plus redoutable des armes : la joie de vivre.

Une adaptation des écrits par le Collectif Romy

L’opérette-revue Le Verfügbar aux Enfers de Germaine Tillion sera adaptée au musée de la Résistance, de l’Internement et de la Déportation à Chamalières par le Collectif Romy. Avec pour unique volonté ; se souvenir. Durant 1 heure, ils raconteront la vie de cette femme exceptionnelle qui n’a jamais cessé de combattre la violence et l’injustice. “Pour ne jamais oublier qu’il n’y a pas eu que des grands hommes dans l’histoire” (selon le Collectif Romy).

La Nuit européenne des musées, samedi 17 mai de 20h à minuit, accès libre et gratuit ; 

Musée de la Résistance, de l’Internement et de la Déportation, 7 place de Beaulieu, Chamalières
À 21h, Le Verfügbar aux enfers (Durée 1h)

Musée de la vigne et du vin de Basse-Auvergne, 24 bis avenue Jean-Noëllet, Aubière
De 20h30 à 23h, Le tour du monde en quelques vins (durée : 2h30)

Musée Bargoin, 45 rue Ballainvilliers, Clermont-Ferrand
À partir de 20h, Le musée en clair-obscur

Musée d’Art Roger-Quilliot [MARQ], Place Louis-Deteix, Clermont-Ferrand
À partir de 20h, Ramène ta fraise !
À partir de 20h, Déconstruire Roland
À 22h, Genèse du Volcan

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À propos de l'auteur

Manon Leguay

Native de Bourgogne, Manon Leguay est étudiante à l’Université Clermont Auvergne en Licence Info Com. Elle se passionne depuis l’enfance pour le journalisme, l’actualité et les rencontres humaines. À la rentrée 2025, elle intégrera un Master dans une école de journalisme.

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