Accueil » Culture » Florine Paulius, fière du succès de la série « Samuel »
Florine Paulius / Photo Dorian Blanot
Florine Paulius / Photo Dorian Blanot
Culture Entretiens

Florine Paulius, fière du succès de la série “Samuel”

En cette semaine marquée par le festival clermontois de films d'animation français, "Animade in France", la clermontoise d'adoption, Florine Paulius, assistante réalisatrice de la série "Samuel", s'exprime à propos de l'industrie française de ce genre de cinéma.

Au cours de la deuxième édition du festival clermontois Animade in France, consacré aux films d’animation hexagonaux, la série culte de l’année 2024, Samuel a été mise à l’honneur pour son premier anniversaire. Diffusée sur Arte, la série Samuel raconte l’histoire d’un garçon de 10 ans, qui partage sa vie dans un journal intime tout au long de 21 épisodes envoûtants. Samuel est l’oeuvre de la réalisatrice Émilie Tronche qui a demandé à son amie Florine Paulius de prendre le rôle d’assistante réalisatrice. Cette dernière qui a fait ses études au lycée Descartes de Cournon, où elle enseigne désormais, a accepté de soutenir Animade in France par sa présence, l’occasion pour elle de parler transmission et d’évoquer les difficultés de diffusion rencontrées par le cinéma d’animation.

“Un coup de cœur pour Clermont”

7 Jours à Clermont : Votre choix de s’installer à Clermont est-il lié à vos études effectuées à Cournon ? 
Florine Paulius : Non, mon retour à Clermont est vraiment dû au coup de cœur que j’ai eu pour la ville pendant mes années d’étude. Je suis revenue ici avec des proches il y a quelques années. Et en fait, je n’avais pas perdu le lien que j’avais tissé avec les anciens professeurs du lycée et de la filière DNMade, professionnalisante dans le cinéma d’animation. Tout naturellement, je suis devenu prof contractuelle pour la formation. Je fais très peu d’heures, entre 4h et 8h par semestre mais j’essaye d’apporter ma connaissance du terrain.

7JàC : Au moment de devenir professeure, un désir de transmission était-il présent ? 
F.P :  Oui, c’est un peu ce que je cherchais. C’est très important pour moi de donner du concret aux étudiants. Cela permet de donner une autre vision que celle des professeurs déjà présents sur la formation. J’ai conscience des changements qui s’opèrent dans le monde de l’animation et je peux les exposer dans les cours que je donne.

“Une image infantile de l’animation persistante”

7JàC : Grâce à un festival comme Animade in France, le monde du film d’animation s’ouvre un à un public élargi. Que faut-il faire pour améliorer sa visibilité selon vous ?
F.P : Je pense qu’il faut parler du genre de manière différente. Parce que le cinéma d’animation a encore malheureusement cette étiquette qui lui colle à la peau de médium pour enfants. Et ce que je trouve chouette avec Persepolis ou encore la série Samuel, c’est que ce sont des œuvres qui ne s’adressent pas uniquement aux enfants. Aujourd’hui, dans le discours de l’animation, il manque une notion intergénérationnelle. Et pourtant, on trouve des super œuvres aussi et les lignes sont en train de bouger. Des productions ados, jeunes adultes se fabriquent mais il existe un manque de reconnaissance aussi sur ces œuvres-là.

“Un manque de rentabilité” selon Florine Paulius

7JàC : Le manque de diffusion est-il lié au budget comparé à d’autres productions cinématographiques ?
F.P : Alors c’est à nuancer parce que, évidemment, sur des très grosses productions de films grand public, ce sont des budgets qui sont monstrueux. Donc nous, forcément, on ne rivalise pas parce qu’en fait, on n’a pas les mêmes budgets avec tous les cachets de comédiens, complètement délirants à payer. Mais par contre, ça reste des budgets conséquents parce qu’il s’agit de faire travailler tout un tas de personnes donc des équipes quand même assez importantes pendant très longtemps.  Les temps de production, par exemple, sont beaucoup plus longs que sur un long métrage classique en prise de vue réelle. Donc oui, ça reste quand même des gros budgets donc il y a des enjeux économiques. Mais ces derniers sont plus de l’ordre de la rentabilité. Les films d’animation sont moins rentables que certains longs métrages qui sont beaucoup plus médiatisés.

7JàC : Un mot pour les personnes réticentes qui n’osent pas venir voir les films et séries d’animations?
F.P : Il faut justement passer le pas et vouloir aller au-delà de cette réticence de découvrir des films qu’on n’a pas l’impression qu’ils sont destinés à notre génération. Parfois, il faut faire ce petit pas pour se rendre compte qu’on peut découvrir une nouvelle culture encore inconnue avant la fin des années 90.

Partager :

À propos de l'auteur

Dorian Blanot

Natif de Bourgogne, Dorian Blanot est étudiant en Master Études Européennes Internationales, à l'Université Clermont Auvergne. Durant une année en Erasmus à Saragosse en Espagne, il a suivi une formation en journalisme et se destine à faire carrière dans la presse.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé