L'Essentiel
En 2024, les interventions du CSU ont augmenté de 89%, atteignant 4 466, grâce à un doublement des effectifs d'opérateurs vidéo et à l'amélioration des équipements, ce qui a facilité la détection des événements sur la voie publique.
Les opérateurs vidéo, formés par le CNFPT, appliquent des normes éthiques strictes pour respecter les libertés publiques et prévoient d'introduire la vidéo verbalisation pour sanctionner les infractions de stationnement dans des secteurs spécifiques de la ville.
Le CSU, Centre de Supervision Urbain de la Direction de la Prévention et de la Sécurité Publique de Clermont, vient de se doter d’un nouveau mur d’images, un investissement de 43 000 euros. Avec ce nouveau matériel, les opérateurs vidéo peuvent superviser de manière plus fluide, les images des 300 caméras désormais déployées sur Clermont et la Métropole, y compris les zones d’activités. Si le CSU fonctionne 7 jours sur 7 de 9h00 à 1h00, le territoire est, en fait, surveillé 24h sur 24 h puisque la Police Nationale a accès en permanence aux images des 300 caméras dans le cadre du fameux continuum de sécurité.
Mais, même avec des moyens techniques de plus en plus nombreux et performants, comme le rappelle Arnaud Bavois, directeur départemental de la police nationale du Puy-de-Dôme, il est toujours difficile d’apporter des preuves vidéo qui ne sont pas balayées par les avocats. Dans la lutte contre le narcotrafic, par exemple, même si la preuve en image d’une transaction est apportée, il se peut qu’elle ne porte que sur des Haribo… La justice de son côté, utilise de plus en plus les images de vidéo protection qui ne sont conservées que 14 jours. En 2024, le nombre de réquisitions judiciaires auprès du CSU de Clermont, est monté à 219, contre 183 en 2023.
Lionel Monteilhet responsable du CSU de Clermont, chapeaute une équipe de 7 opérateurs vidéo et s’apprête à en accueillir trois supplémentaires dans l’avenir. Le nouveau mur d’images permet à cette équipe d’être encore plus efficace dans cette tâche qui est avant tout un accompagnement des agents de terrain.
Le CSU n’est pas un centre de commandement mais un centre de visualisation
7 Jours à Clermont : Quelles sont les tâches quotidiennes du CSU ?
Lionel Monteilhet : Détecter les faits anormaux qui peuvent se présenter devant une caméra et qui sont en lien avec les finalités pour lesquelles nous avons une autorisation de la préfecture : Protection des biens et des personnes, le secours à personne, le trafic de stupéfiant, le trafic routier, etc.
Le deuxième usage en direct des caméras, c’est la protection des équipes sur le terrain, équipe de policiers, mais aussi des équipes de pompiers, tous ceux qui peuvent intervenir sur le terrain. Le CSU a donc un œil de protection sur ces équipes.
7JàC : Le CSU est aussi en liaison radio avec les équipes sur le terrain, dans quel but ?
L. M : Nous pouvons voir des choses et nous le signalons aux agents, soit de la Police municipale, soit de la police nationale, mais le CSU n’est pas un centre de commandement, c’est uniquement un centre de visualisation. Ce sont eux, qui font la liaison, après, avec les agents de terrain. On est les yeux des polices et dès qu’on détecte un événement, on retransmets l’info de la manière la plus précise possible pour que les forces de secours puissent intervenir de la manière la plus efficace possible. Si on avait pas d’agent derrière les écrans, on perdrait 50% de l’utilité de chaque caméra. On peut utiliser la vidéo protection, en direct pour détecter et protéger mais aussi à posteriori dans le but d’identifier les auteurs d’infractions.
7JàC : En 2024, les interventions du CSU ont augmenté de 89% passant de 2 365 à 4 466. Qu’est-ce qui explique cette explosion ? Pas uniquement la monté de la délinquance…
L. M : C’est multifactoriel. On a doublé l’effectif des opérateurs vidéo, on a augmenté le nombre de caméras et il y a aussi le fait que les caméras sont de plus en plus performantes et que l’on peut voir de plus en plus finement, ce qui peut se passer sur la voie publique. Le nombre de faits augmente, mais c’est aussi lié au nombre de faits que l’on détecte, pas forcément aux faits qui se déroulent sur le terrain. On a plus de moyens, on a augmenté le maillage vidéo, on remplace des caméras obsolètes avec des visions qui n’était pas assez performantes par du matériel beaucoup plus efficace. On a donc plus d’opérateurs et ce nouveau mur d’image qui vient d’être inauguré, nous permet d’avoir une vision globale bien plus fine sur les événements.
7JàC : Au regard de la taille d’une métropole, 300 caméras est-ce suffisant ?
L. M : On ne balisera jamais tous les endroits. On pourrait mettre 1 000 caméras et avoir un 1 001ème point où il sera déroulera quelque chose sans que nous ayons une caméra. Néanmoins, on essaie d’avoir un maillage le plus cohérent possible, dans le centre ville, sur les sites les plus sensibles, sur les lieux de vie. Mais il faut aussi que l’on ait une certaine proportionnalité par rapport à ce que l’on doit et ce que l’on peut regarder.
Derrière les écrans, pas d’IA mais des opérateurs formés et aguerris
7 Jours à Clermont : les opérateurs vidéo suivent-ils une formation particulière ?
Lionel Monteilhet : Oui le CNFPT, centre national de la fonction publique territoriale dispense des formations. Lorsqu’ils sont recrutés, les opérateurs sont invités à faire ce stage d’intégration sur le métier d’opérateur vidéo, en plus de tout ce qu’ils peuvent apprendre avec les anciens collègues. Mais ils doivent également connaître parfaitement la ville géographiquement évidemment, connaître chaque position de caméra avec les rues adjacentes, les lignes de fuites, les commerces qui peuvent se trouver autour et les lieux qui sont fréquentés le soir, le weekend, là où se déroule la vie et où éventuellement peuvent se dérouler les mésusages de la voie publique.
7JàC : Certains citoyens ne supportent pas l’idée de ce “Big brother” les observe en permanence. Que leur répondez-vous ?
L. M : Ici au CSU, on voit toutes les têtes, mais on applique l’éthique et on travaille dans les conditions de respect des libertés publiques et individuelles qui sont assez élevées. Elles sont même très élevées contrairement à plein d’endroits où l’on est également filmé, comme des lieux privés qui n’apportent pas la sécurité que les images ne sont pas exploitées de façon correcte. Ici on a l’obligation de respecter le code de sécurité intérieure. Par exemple tous les intérieurs d’immeubles d’habitation sont floutés. Sur chaque fenêtre il y a un masque en mosaïque qui nous interdit d’aller voir à l’intérieur des habitations.
7JàC : La vidéo verbalisation va bientôt être opérationnelle. Qu’est ce que les opérateurs assermentés vont faire exactement ?
L. M : C’est une décision qui a été votée dernièrement et c’est à partir de ce centre que les opérateurs vont vidéo-verbaliser sur des secteurs géographiques déterminés précis, les infractions au stationnement et à l’arrêt. Cela ne concerne pas la circulation, c’est uniquement sur des secteurs bien précis du centre ville et pas forcement la ZTL. Ce sont des zones déjà couvertes où l’on a beaucoup de réclamations de la part des riverains. Par exemple place Gaillard, on a une place normalement réservée aux véhicules de transport en commun mais qui est constamment utilisée par des véhicules, le jour et la nuit. La verbalisation se fera directement par les agents, au moyen de petits terminaux électroniques et au même titre que les policiers municipaux ou les ASVP.













Bon, c’est bien, mais enfin désolé de le faire remarquer, mais que se passe-t-il un tiers du temps qui reste dans une journée ?
Cela veut-il dire que l’espace public urbain est complètement délaissé de supervisation et les habitants de cette métropole sont plus exposés aux risques ?
Comme il est noté dans l’article, toutes les images sont basculées sur le service de vidéoprotection de la police nationale, ce qui permet d’avoir du 24/24