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Le Clos Beaumont à Clermont.
L'entrée du Clos Beaumont- photo Christine de Laroussilhe.
Économie

A Clermont, les maisons d’hôtes ont la cote

Après un premier semestre en demi-teinte, suite à la crise du Covid, le tourisme urbain reprend des couleurs. Les maisons d'hôtes, en particulier, tirent leur épingle du jeu.

L’été bat son plein. Avec lui, ses offres d’hébergement. En période estivale les touristes, mûs par les grands espaces et les activités de plein air, tendent à privilégier celles situées dans les zones vertes. Désir accru, cette année, par le confinement. En parallèle du tourisme vert croit un autre type de tourisme : le tourisme urbain. Dynamique sur l’ensemble de l’année. Hôtels, gîtes, chambres d’hôtes, Airbnb : un marché exponentiel à l’offre parfois plus forte que la demande (1). C’est le cas sur Clermont-Fd dans le secteur hôtelier. Prisées, les chambres d’hôtes. A l’échelle nationale elles connaissent un boom. Qu’en est-il sur Clermont ?

Échapper à l’anonymat des villes et des structures d’hébergement classiques

Un bouddha avant d’accéder aux chambres au “petit Siam”- photo Isabelle Le Baron/ Le Petit Siam.

En ville les chambres d’hôtes jouent la carte de l’authenticité. Celle de la qualité. Là, réside leur principal atout. Un positionnement basé sur la personnalisation des prestations. Les attentes des clients ? Un accueil aux petits oignons par des propriétaires dans leurs murs. Proches du  patrimoine local et des commerces. Exit les services standardisés pour un hébergement à taille humaine. Ce qui les différencie de leurs concurrents, les Airbnb ? La clientèle, les prestations, le taux d’occupation. Sur la plateforme américaine la demande est majoritairement jeune, les prestations variables et les séjours généralement plus longs. Concernant les chambres d’hôtes, il existe, à ce jour “des labellisations par des réseaux privés mais pas de classement officiel“-, et des indicateurs économiques fournis par les métropoles et les CCI. “14 chambres d’hôtes en janvier 2020 sur Clermont“, détaille Magali Valls, chargée de mission Tourisme à Clermont Auvergne Métropole.

De l’immersion chez l’autre tout en préservant l’intimité de chacun

Derrière Jaude, une maison d’hôtes mise sur le dépaysement : Le Petit Siam. Un havre de paix détaché des bruits de la ville. Sitôt le seuil franchi, entrez en Asie. Dans le patio ceint de verdure, les couleurs évoqueraient plutôt la Provence si ce n’était la présence d’un albizia. Dans les étages, desservis par un “escalier typique de la région“, se répartissent les chambres. 5, le maximum autorisé par la loi. Chacune a le nom d’une ville thaïlandaise, pays qui aura marqué les propriétaires. Expatriés, ils y auront vécu huit ans et ramené, dans leurs bagages, un peu de sa culture. Et de l’artisanat à profusion. Meubles, textiles, objets distillés, ici et là, dans des pièces éclairées par des puits de lumière.

Cet après-midi-là, Isabelle Le Baron s’active au son du gazouillement des oiseaux de la volière. Dans l’air flottent les effluves d’un gâteau coco, dessert qu’elle servira, au dîner, pour des clients prévus “à partir de 17h30.” Déjà le téléphone sonne. Isabelle d’expliquer que, pour faire face aux conséquences du confinement, il lui aura fallu créer un nouveau service : la table d’hôte. “Pour nous permettre de rebondir (…) De la cuisine thaï .” Le soir, uniquement. Seconde vie pour cette enseignante qui, en 2014, lâche son métier pour une activité démarrée deux ans plus tôt, et qu’elle estime être plus qu'”un business.” “Je ne l’ai jamais regretté. (…) Ce qui me guide, c’est le confort et le regard des clients.” Ces derniers ? “Un gros public de fidèles, très agréables.” Dont elle écoute les besoins. Du tourisme d’agrément, d’affaires. Souvent du milieu médical.

Du rustique contemporain sous les combles.- photo Anthony Ith.

 Tenir une maison d’hôte ? Souvent le choix d’une seconde vie

Autre lieu, même ambiance chaleureuse. Au Clos Beaumont. Chambres d’hôtes depuis 2014 – “après l’envol des enfants” -, l’ambiance y est décontractée et la propriétaire, Christine de la Laroussilhe, occupée. Il est 9h00. Sur la terrasse en pierre de lave, des couples, des familles. Certains attablés ; d’autres sur le départ.  Sourire aux lèvres, elle veille à ce que personne ne manque de rien. Depuis le déconfinement la maison ne désemplit pas. “En ce moment, des demandes, il y en a 50 par jour.” Et l’avenir se révèle prometteur, avec des réservations jusqu’en octobre. La clientèle ? Elle provient  essentiellement de France et pays limitrophes : “suisses, belges, allemands.” La moyenne des séjours oscille entre trois et quatre jours. “Cinq” pour des Stéphanois en Auvergne pour randonner. C’est leur première. Enchantés, ils reviendront. Le Clos Beaumont mise sur du haut de gamme, à “tarif raisonnable.” De beaux volumes – une maison de maître -, une décoration qui témoigne d’un goût pour l’art et un attachement au terroir. En attestent les produits locaux, qui, au menu du petit-déjeuner tiennent une place de choix. Un cadre somme toute idéal. Avis partagé par le Guide du Routard, qui, pour la seconde année consécutive recommande l’adresse. Des souvenirs, voilà ce que les maisons d’hôtes ajoutent aux voyages et ça, ça n’a pas de prix.

En contrebas de la terrasse du “Clos Beaumont”, le jacuzzi.

(1)  “A Clermont-Ferrand l’offre hôtelière augmente plus vite que la demande”, Thierry Senzier, La Montagne, 10 février 2020.

À propos de l'auteur

Sandrine Planchon

Sandrine Planchon

Après une prépa lettres et des diplômes en sciences humaines, Sandrine Planchon s'oriente vers la radio. Depuis 1999 elle travaille différents formats sur Altitude, Arverne, RCF, RCCF. Investie depuis 2015 dans un projet sur le numérique avec Elise Aspord, historienne de l'art, elle encadre aussi depuis 2014 les projets d'étudiants du Kalamazoo College (US).

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