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La chasse à courre, une pratique cruelle.
Un Président de la République proche des milieux de la chasse à courre- photo: site "Référendum pour les animaux"..
Chroniques

RIP : une nouvelle tentative pour forcer le passage

En l’absence évidente d’intérêt de la part des dirigeants passés et présents pour la cause des animaux, les associations en sont réduites à gratter à la porte, en attendant qu’on leur jette quelques miettes qu’elles feignent de prendre pour des pépites.

C’est ainsi qu’en 2015, le législateur a, par un étonnant tour de magie, fait passer pour une mesure révolutionnaire (il a été en cela largement aidé par les associations à l’origine de la revendication) ce que tout le monde savait n’être que poudre aux yeux : la modification du code civil (art. 515-14).

C’est ainsi que Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement sous le gouvernement Hollande, a fait en sorte que la reproduction des mammifères marins captifs soit interdite, ce qui signait la fin, à terme, de leur exploitation dans les parcs aquatiques. Hourrah ! Mais pas de chance : un vice de forme a fait annuler le décret dans la foulée de sa promulgation.

C’est ainsi que, afin de lutter contre la propension de certains à vendre à l’encan des portées de chiots sur Internet, il a été décidé que seuls les particuliers possédant un numéro Siret et déclarés comme éleveurs pourraient avoir accès à ce commerce. Rien n’est plus facile que d’obtenir un numéro Siret et les propriétaires de chiens, de chats ou autres ont vite compris où était leur intérêt. La marchandisation des animaux de compagnie, loin d’en avoir été freinée, y a même gagné un nouvel essor.

Des micro-mesures

On pourrait ainsi dresser une liste éloquente de ces micro-mesures qui arrivent à point à chaque fois pour calmer les ardeurs revendicatives des animalistes énervés. Mais il ne faut pas s’y tromper. Rien ne change. Les animaux continuent de plus belle à tenir le rôle d’esclaves dans un monde où, pourtant, l’esclavagisme n’a pas bonne presse.

Un référendum pour les animaux

Un élevage pour la fourrure-Photo: site “référendum pour les animaux”.

Récemment, une vingtaine d’associations et quelques « personnalités » ont imaginé un nouveau moyen de faire avancer la cause. Il s’agit cette fois d’un référendum d’initiative partagée. Le but, c’est qu’une proposition de loi soit, au terme d’une démarche qui durera neuf mois, soumise à l’Assemblée nationale. Ce « référendum pour les animaux » qui doit, pour être validé, obtenir le soutien de 185 parlementaires et la signature de 4,7 millions de personnes inscrites sur les listes électorales (10% des électeurs) porte sur six points : l’interdiction de l’élevage dans des cages ; l’interdiction de l’élevage industriel ; l’interdiction des élevages d’animaux à fourrure ; l’interdiction de la chasse à courre et d’autres pratiques (déterrage, chasses dites « traditionnelles ») ; l’interdiction des spectacles avec animaux sauvages ; la fin programmée de l’expérimentation animale lorsqu’il existe des alternatives.

Fort bien. Il nous faut toutefois remarquer l’absence de quelques acteurs de poids : les animaux dits de compagnie qui n’ont pas tous en ce moment, et il s’en faut, une vie facile ; les taureaux de corrida – rappelons que la corrida consiste à tuer un bovin à l’arme blanche après l’avoir torturé pendant vingt minutes ; enfin les quelques dizaines de millions d’animaux qui sont égorgés à vif dans les abattoirs à cause d’une dérogation accordée il y a longtemps aux cultes juif et musulman. Ce sera pour la prochaine fois. Voyons d’abord avec ce qui est proposé.

On n’est pas encore au terme d’un processus exigeant qui risque de faire un flop s’il ne suscite pas une mobilisation suffisante. Souhaitons bonne chance au référendum. Si le projet aboutit, il en sortira bien quelque chose et ce sera toujours ça de pris. Alors hâtons-nous d’ajouter notre signature…

 

À propos de l'auteur

Josée Barnérias

Josée Barnérias

A toujours été au plus près de la cause animale. En septembre 2010, a fondé La Griffe, association d'information et d'intervention pour les animaux. Aujourd'hui encore, elle en est la présidente. A travaillé pendant trente années dans la Presse quotidienne régionale. Elle vit à Clermont-Ferrand.

1 Commentaire

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  • Evidemment…
    La faute aussi à un nombre incalculable (et bien trop important !) d’associations en tout genre. Rien que dans le Puy-de Dôme, c’est déjà plus d’une dizaine enregistrées pour la cause animale.
    Ne vaudrait-il pas mieux regrouper les meilleures compétences et les personnes de bonne volonté autour d’un projet commun, comme l’APA (par exemple).
    A force de vouloir promouvoir chacun dans leur coin, des valeurs, quitte à ce qu’elles soient identiques à d’autres, ces associations n’ont fait que de minimiser leur impact, tout en ayant les mêmes besoins : fonds, visibilité mercatique, emploi de personnel et lieux pour excercer…
    Au final, c’est toujours moins de possibilités au bénéfice des animaux. C’est vraiment dommage !

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