Le cycle des 6 réunions publiques, organisée par la mairie clermontoise, s’est terminée ce jeudi 3 avril, à la Maison des sports, remplie comme lors des grands événements sportifs métropolitains. Tout au long de ces échanges avec les clermontois, le maire est revenu sur de nombreux sujets tels que les travaux, InspiRe et les problèmes d’insécurités de la métropole. À l’aube de la prochaine campagne électorale débutant à la fin de l’été 2025, ce rendez-vous annuel a permis au maire, comme à ses opposants, de comprendre quelles seraient les enjeux du prochain mandat municipal. Olivier Bianchi a confié ces impressions sur les réunions publiques et ce qu’elles engendrent sur la vie publique de la capitale auvergnate.
“Les réunions publiques, une conviction”
Dorian Blanot : 10 ans de réunions publiques, est-ce que vous êtes toujours autant investi pour ce type de format ?
Olivier Bianchi : Ah oui, c’était un engagement qui est parti d’une conviction. Je sens, et c’était déjà le cas il y a 10 ans, la distance se faire entre la chose publique, les élus, les décisions et ce qu’on appelle en ce moment le peuple, les habitants, les citoyens. Et je m’étais dit qu’il y a que des interviews relayées par les médias, et donc pas de contact direct sur le terrain. On en a quelquefois avec des responsables d’associations, mais le citoyen lambda, lui, n’a pas l’opportunité de voir le maire. Donc je me suis dit : tous les ans, on fera 6 réunions, on changera de quartier et on ira au contact du peuple pour échanger.
D.B : Qu’est-ce que vous pensez de l’individualisme qui règne dans certaines questions qui vous ont été soumises ?
O.B : On peut avoir un regard négatif en remarquant que dans cette individualisation, il existe une part d’égoïsme. Néanmoins, je le vois personnellement comme des choses sur la vie quotidienne, sur des demandes concernant la vie des clermontois. Les habitants se disent tout naturellement : le maire est responsable de cette ville et il doit me répondre. Cette réaction est légitime en quelque sorte. Par contre, ce qu’il faut éviter, c’est le consumérisme. Je suis là aussi, pendant les réunions publiques, pour essayer de répondre au maximum à ces demandes personnelles. Et quelques fois, il est de mon devoir, d’expliquer comment l’intérêt général fait qu’on ne peut pas trouver des réponses à tout le monde.
D.B : Avez-vous remarqué la présence des membres de l’opposition municipale ? Qu’en est-il de vos détracteurs sur les réseaux ?
O.B : Alors l’opposition municipale vient et elle en a le droit d’ailleurs. En général, ses membres ne s’expriment pas. Mais par contre le sujet de mes détracteurs est intéressant. Ils sont venus quelquefois, je les ai vus. Mais ils sont plus courageux, chez eux, devant leur ordinateur parce que même le grand leader n’a pas posé de question et ne s’est pas exprimé. Je suis assez déçu pour tout vous dire…
“Un besoin d’explication et de réponses”
Dorian Blanot : Y a-t-il un besoin d’éducation concernant les institutions publiques françaises ?
Olivier Bianchi : Bien sûr, les gens ont toujours besoin de comprendre. Ils ont besoin de pédagogie, ils ont besoin d’explications. Je fais œuvre de pédagogie au cours de ces réunions. Par ailleurs, je suis aussi enseignant de sciences politiques, et donc je suis favorable à ce qu’il y ait de la science politique au lycée. À un moment de l’histoire, on a mis en place la philosophie dans les lycées, pour apprendre à penser, réfléchir sur le monde qui nous entoure. Aujourd’hui, je pense que les citoyens sont très éloignés et ne comprennent que peu de choses sur le champ des compétences de la ville, du département, de la région voire même, du rôle d’un préfet et de la préfecture. Donc moi, je suis assez favorable à ce qu’on remonte le niveau de connaissance de la vie publique.
D.B : Vous êtes engagé à répondre aux questions et demandes des personnes au cas par cas. Que va t-il se passer concrètement ?
O.B : Là, on récolte avec les agents municipaux, comme depuis 10 ans, des fiches pleines de demandes et de requêtes. Ces dernières sont traitées par les services de la mairie concernés, et ensuite, on prépare une réponse à ma signature qu’on envoie à tous ceux qui nous ont écrit. Alors, on va répondre à de nombreuses des demandes, au cours des ces trois prochaines semaines. Néanmoins, il y a des sujets plus compliqués, qui demandent des appréciations plus lentes. Et donc, il m’arrive de répondre à nos concitoyens trois mois après ces réunions.













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