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Raphael Géminiani / Photo Wikipédia
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Raphaël Géminiani, on pensait le héros immortel

Le grand champion cycliste Raphaël Géminiani vient de s'éteindre sans avoir le temps de fêter son centenaire, ni de voir la fin du Tour de France 2024. Au moins aura-t-il échappé à la vision d'une Assemblée Nationale bousculée par l'extrême droite, la moindre des choses pour cet enfant d'immigrés qui avaient choisi l'Auvergne pour échapper à l'Italie Fasciste.

On le pensait immortel, comme tous les héros, et pourtant Raphaël Géminiani vient de rejoindre le paradis à l’âge de 99 ans. « Là haut » il va rejoindre ses compagnons de route les Coppi (son grand ami), Bartali, Koblet, Kübler, Bobet, Robic, Lauredi, Nencini, Gaul mais aussi Anquetil qu’il a accompagné vers la gloire.
Avec Géminiani, c’est une partie de la mémoire du cyclisme qui s’en va, jetant un voile sur une époque bénie, après celle des forçats de la route et avant l’ennuyeuse période moderne. À son époque, les coureurs se mettaient un coup de peigne avant de recevoir le bouquet du vainqueur, passaient sous les barrières des passages à niveau fermés pour tenter de gagner une course ou une étape du Tour et avalaient du Maxiton pour rallier les lignes d’arrivées dans les meilleures conditions. Avec la disparition du champion auvergnat, se referme le chapitre le plus romanesque de l’histoire du cyclisme.

Géminiani « servi par une insolente santé »

Sans revenir sur le très beau palmarès de Raphaël Géminiani qui fait pâlir d’envie Evenepoele, retenons tout de même qu’il porta les trois maillots de leader des trois grand tours, qu’il gagna 7 étapes de la Grande Boucle et qu’il fut champion de France. Mais il brilla aussi comme directeur sportif et comme homme d’affaire car il fut l’un des premiers à partir à la pèche aux sponsors pour mieux payer les coureurs. Décrocher un budget chez Saint-Raphaël apéritif de France quand on se prénomme Raphaël, il n’y avait que Géminiani pour cela, d’autant que se réputation de très bon vivant n’était pas usurpée. Il était un excellent grimpeur et un très bon descendeur… bien « servi par une insolente santé » pour reprendre l’expression de l’écrivain Christophe Penot.

Un œil très attentif sur le cyclisme

Géminiani est aussi une figure auvergnate. Né à Clermont parce que ses parents avaient quitté l’Italie fasciste pour s’installer en Auvergne, il resta fidèle à cette terre d’accueil toute sa vie, animant les soirées clermontoises durant sa période de patron d’hôtel-restaurant. Même avec de nouvelles activités et même plus tard, au crépuscule de sa vie, Raphaël Géminiani garda un œil très attentif sur le cyclisme, toujours prêt à commenter avec sa gouaille inimitable ou à donner de bons conseils à ceux qui comme lui jadis, rêvent de décrocher des maillots et des bouquets de fleurs.

Géminiani et Bianchi au Stade Marcombes / Photo Olivier Perrot
Géminiani et Bianchi au Stade Marcombes / Photo Olivier Perrot

Olivier Bianchi, maire de Clermont a déjà annoncé qu’il proposera au Conseil municipal, que la tribune du stade Marcombes, devant laquelle il avait triomphé lors de la 9ème étape du Tour de France 1951, porte son nom.

 

 

 

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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