L'Essentiel
Le magazine a évolué pour proposer quatre parutions par an, tout en maintenant une régularité et une approche sérieuse, ce qui lui permet de fidéliser un lectorat qui suit l'évolution de ses enfants.
QLF Magazine témoigne d'un espoir pour la presse papier en offrant une qualité de contenu qui attire les lecteurs, tout en soulignant l'importance de l'offre culturelle pour les familles à Clermont.
À l’arrivée de sa fille, Mélanie Cubizolle décide de prendre un tournant dans sa carrière. Soucieuse et engagée dans sa vie de jeune maman, elle crée en 2017 un média print afin d’aider les parents dans leur quotidien. QLF magazine se distingue par son approche singulière, en traitant notamment des sujets de société souvent sensibles, mais avec humour et second degré, offrant à ses lecteurs un regard décalé et rafraîchissant. La directrice de Publication s’exprime sur la diversité et l’évolution du magazine depuis sa création.
QLF Magazine : un magazine qui sort du lot
7 Jours à Clermont : Le festival MamaMia est porté par QLF Magazine, qui par ailleurs fête sa année sa 8e année à la rentrée prochaine ?
Mélanie Cubizolle : Oui, c’est un très bel âge auquel je ne m’attendais pas quand je l’ai créé. C’est vrai que je n’avais pas d’objectif particulier mais je suis très contente car ça fonctionne bien. Il a trouvé sa place dans le paysage des médias Clermontois, notamment par rapport aux familles, donc c’est une belle réussite.
7 JàC : C’est une réussite parce qu’il n’y avait pas ce type de sujets avant, est-ce aussi l’occasion de combler un manque et un vide ?
M.C : Il y avait certainement des parutions, mais c’est vrai que ça permet aux parents d’avoir un rendez-vous régulier. Depuis 7 ans on le sort tout le temps, même quand il y a eu le confinement. On a toujours été présent, donc il y a vraiment une régularité, un sérieux dans les parutions et les sorties. Je pense que ça peut rassurer aussi les lecteurs et leur permettre de grandir avec nous. Il y en a certains qui ont commencé à nous lire quand leur enfant avait 2, 3 ans et maintenant ils ont 9, 10 ans et c’est marrant de voir l’évolution.
7JàC : Vous l’avez fait évoluer au niveau du contenu ?
M.C : Alors il a évolué en termes de parution, et de contenu aussi. Au départ on en imprimait un tous les deux mois et maintenant on est plutôt par trimestre, soit 4 par an et il y a aussi des hors-série. Après, dans le contenu, il a également évolué, mais c’est vrai que l’idée c’est toujours de mettre en avant un gros sujet de société, ramené de manière locale et de questionner des professionnels, des parents, de mettre un peu les pieds dans le plat sur différents sujets.
7JàC : Quels genres de sujets ? Sur quoi avez-vous envie de partir ? (J’imagine la numérisation, l’éducation aux médias…)
M.C : Oui, tout à fait, mais c’est surtout aussi sur des sujets intrafamiliaux, comme la séparation, le divorce, les fausses couches, l’arrivée d’un beau-parent, le harcèlement scolaire, voilà, des faits sociétaux finalement. Des écrans aussi bien sûr, c’est un sujet qui nous occupe comme la santé mentale de l’enfant et de l’adolescent. Ce sont des sujets qui ne sont pas forcément simples à aborder mais qu’on essaye de traiter avec du second degré dans les introductions. Dès l’instant où on donne la parole aux professionnels ça devient plus sérieux, avec des dossiers plus fournis et surtout intemporel. Donc c’est vrai que l’on peut garder le magazine longtemps et se replonger en fonction de la problématique qu’on rencontre.
Un espoir pour la presse papier
7JàC : Le QLF Magazine a une spécificité, c’est celle du papier. Il y a 7 ans certains ont décidé de passer au numérique, vous vous avez choisi de rester au format papier. C’est important de maintenir ce côté physique et surtout de pouvoir le conserver et de le propulser, on peut le faire sur le web mais ce n’est pas la même démarche selon vous ?
M.C : Oui, pour moi ce n’est pas pareil. De plus, il faut rappeler que je viens de l’imprimerie, j’ai fait toutes mes études dans les arts graphiques et l’impression, donc c’est vrai que pour moi le papier c’est une longue histoire, je trouve que c’est quelque chose de noble et de très intéressant à travailler. Pour moi, effectivement il y a 7 ans, je voulais un magazine physique et papier. Avec le temps, le prix du papier, il y a beaucoup de choses qui ont fortement évolué et qui ont été compliquées à ingérer de notre côté. Mais quand même on a toujours eu la volonté de sortir ce magazine en papier parce qu’on estime que ça fait la différence. Il est également présent de manière digitale sur notre site. Je pense aujourd’hui avec tous les retours qu’on a, c’est que les gens l’attendent et ont envie de le feuilleter et cela permet de déconnecter aussi.
7JàC : Ça veut dire aussi qu’il y a une forme d’espoir, on s’interroge énormément sur le devenir de la presse papier mais finalement on se rend compte que quand on propose des produits de qualité où les gens sont au rendez-vous, ils le prennent ? M.C : Oui, effectivement pour moi il restera toujours des livres et des magazines, je garde espoir. Après il ne faut pas non plus dénigrer le digital, je pense que c’est très important et ça permet des prises de parole pour beaucoup. Mais c’est vrai qu’on s’aperçoit aussi que les gens prennent parfois davantage au sérieux quand c’est imprimé. Il y a eu quelques sondages et la plupart prêtent plus de crédit à un produit imprimé plutôt que sur le net. Parce qu’aujourd’hui tout le monde peut publier tout et n’importe quoi sur internet, en revanche tout le monde ne va pas lancer une offset et imprimer 15 000 exemplaires pour raconter n’importe quoi, je ne pense pas.
Clermont : une ville épanouissante pour parents et enfants
7JàC : Comment voyez-vous le bassin Clermontois aujourd’hui, est-ce qu’il y a un renouveau des familles par rapport au début ? Est-ce que la pyramide des âges a évolué ?
M.C : Ce qui perdure c’est toute la partie culturelle qui, quand j’ai commencé il y a 7 ans, il y avait toujours ces acteurs locaux importants, mais je trouve que l’offre à destination des enfants s’est vraiment étoffée, c’est-à dire que chaque salle quasiment de concert a une programmation jeune public à part entière, des produits et des concerts de qualité fait pour les enfants et c’est assez nouveau. La scène nationale, comme la Comédie a des programmes vraiment de grande qualité pour les enfants, je trouve que c’est vraiment à saluer et à continuer. Pour la pyramide des âges, on a énormément d’enfants à Clermont avec justement cette politique culturelle qui est assez importante et le renouveau urbain, avec la mise en place de parcs, d’espaces verts qui peuvent être aussi intéressants.
7JàC : Que pensez-vous du programme mille formes, quel regard portez-vous à cette initiative ?
M.C : Mille formes c’est très intéressant, après ça vient du centre Pompidou à Paris, donc c’est vrai que Clermont a été la capsule pour voir comment ça prenait pour ensuite le dupliquer en France. Je trouve que c’est très bien, c’est ce qui manquait aussi, parfois quand on a un enfant très petit on ne sait pas où l’amener pour qu’il s’amuse, pour qu’il découvre des choses, donc le parti pris du 0-6 ans est intéressant. Ça permet réellement d’ouvrir la culture et l’art aux enfants. Le fait que ce soit gratuit et ouvert à tous permet à des familles qui n’ont pas forcément les moyens de se rendre à des musées, à des spectacles, d’avoir une ouverture sur l’art par ce biais.
7JàC : Quel retour avez-vous de vos lecteurs sur la manière dont les familles vivent à Clermont ?
M.C : Alors nous à QLF Magazine, c’est une ligne éditoriale qui est fortement basée sur l’humour, le second degré et le décalage parce que je pense que c’est important, et donc dans tous les dialogues qu’on peut avoir avec nos lecteurs, on est plutôt sur du feelgood, je n’ai pas de remontée négative de choses sur Clermont. J’ai l’impression que quand on fait des événements, les parents répondent tout le temps présent et je trouve que l’offre à destination des enfants est aussi variée et multiple. Je pense que les parents Clermontois ont une offre intéressante. Ce qui est amusant, c’est qu’on est lu par un panel très varié de CSP ++ à des personnes sans emploi et que chacun y trouve son compte. C’est vraiment notre volonté de prendre un ton qui est universel, qui leur parle à tous et qui n’est jamais culpabilisant sur leur rôle de parents.









Commenter