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Henry, le fleuriste / Photo Dorian Blanot
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Économie Entretiens Vendredi

Chez Henry le fleuriste, pas de roses pour la Saint-Valentin

Henry le fleuriste agit pour l’environnement en offrant à ses clients, des fleurs et des plantes cultivées en France, de saison et sans pesticides. Cette année, il a décidé de ne pas vendre de roses à la Saint-Valentin par volonté.

Chez Henry le fleuriste, cette année, on ne vend pas de rose pour la Saint-Valentin. Cette décision illustre un engagement écologique fort et même si le chiffre d’affaire doit en souffrir, le bien de la planète passe avant tout. Les clients ont, tout de même, un large choix de fleurs et de plantes cultivées sans pesticides, en France et surtout de saison.  
Installé à proximité de la place Gaillard, ce magasin de fleurs est écolabellisé depuis son ouverture, début 2024. Il a été crée par Henry Gaillard (comme la place…) professionnel de la fleur qui a passé de nombreuses années dans des grands groupes, avant d’opérer un virage radical et engagé, en créant sa première boutique. 

Créer un magasin 100% écolabellisé

Dorian Blanot : Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre parcours ?
Henry Gaillard : Moi, c’est Henry, fondateur de l’entreprise Henry le Fleuriste. Je suis maître artisan car j’ai suivi des études jusqu’à la maîtrise en art floral. Aujourd’hui, c’est le premier magasin « Henry » que j’ai ouvert mais c’est le treizième que je gère en 17 ans. J’ai géré jusqu’à 7 magasins pour des grands groupes. Et j’ai voulu m’affranchir de tout ça pour pouvoir créer un magasin 100% écolabellisé. C’était une volonté et une réflexion, menée depuis le départ, c’est-à-dire depuis 17 ans.

D.B : C’est un choix que vous assumez pleinement ?
H.G : Oui, mais je n’imaginais pas que ça serait si compliqué. Mais je ne reviendrais en arrière pour rien au monde. C’est vraiment ce que  j’ai voulu et c’est hyper intéressant au quotidien. Même si aujourd’hui, un seul magasin, comme celui-ci, demande deux fois plus de travail que les 7 magasins que je gérais avant.

Favoriser le local et limiter les importations

D.B : La production est-elle majoritairement française ou issue de l’importation ?
H.G : Nos fleurs poussent dans des serres géothermiques, qui se situent en France. Les plus lointaines sont localisées au nord de l’Italie et au nord de l’Espagne. Ces fermes sont écolabellisés également. La ferme nord espagnole ne fait aucun traitement et en extérieur n’a aucune serre. Et celle au nord de l’Italie possède une serre géothermique. Après, 80% de la production annuelle est cultivée dans le sud de la France dans  le Var, le Gard, l’Hérault et l’Aude. Parmi ces 80%, il y a 20% des fleurs qui sont cueillies en Auvergne et dans la région parisienne qui devient un beau vivier. Cela concerne seulement les fleurs car sur les végétaux, le feuillage et le branchage, nous sommes 100% auto-suffisants. Nous possédons des terres dans la Creuse et dans le Sud de la France.

D.B : Avez vous des objectifs encore plus ambitieux dans l’avenir ?
H.G : L’objectif est d’être, dans quelques années, au moins à moitié auto-suffisant sur notre gamme de végétaux. Sur nos plantes, nous travaillons avec un seul pépiniériste depuis 15 ans. Je donne cette anecdote, j’étais au collège avec le pépiniériste et depuis il a repris l’entreprise familiale du côté de son père. De plus, nos grands-pères travaillaient ensemble dans cette pépinière. Mon grand-père a travaillé lui aussi dans les vignes, c’était sa spécialité. Toute ma famille était dans le monde viticole et agricole, donc j’ai toujours grandi au milieu des plantes. Je suis plus proche de la garrigue que du volcan.

La conviction écologique d’Henry

D.B : Avec le choix de l’écologique, y-a-t-il une différence de prix entre les bouquets vendus ici et ceux vendus chez vos confrères?
H.G : Ici, le bouquet sera moins cher qu’un traditionnel. C’est moins cher parce que ce sont des fleurs de saison, elles sont habituées au climat de saison. Il n’y aura donc pas de compensation avec de l’électricité ou du chauffage. On va économiser tout ce qui est transport.       Nos fleurs sont transportées de la ferme et arrive à nous sans détour par les Pays-Bas ou par un autre coin de l’Europe. Au final, on arrive à être moins cher sur une grosse quantité de fleurs. Sur les plantes, on est légèrement plus chers que nos confrères parce que les plantes extérieures doivent résister au climat auvergnat qui varie de -15°C en hiver à 40°C en été. Je veux que les plantes vendues soient durables, dans un sens d’éco-responsabilité. Le choix de la même pépinière est primordial car les personnes vont bien s’occuper des plantes pour les faire durer plusieurs années. C’est le cas des mimosas extérieurs que nous vendons actuellement. Les sujets ont entre 10 et 15 ans et qui sont capables de résister à ces aléas de température.

D.B : En parlant de transport, avez-vous mis en place des moyens écologiques pour la livraison ?
H.G : Dans Clermont, la livraison se fait à vélo électrique ou à pied. Quelques exceptions sont à noter pour les pièces plus volumineuses ou transport dans l’agglomération clermontoise. Dans ces cas-là, nous utilisons un camion. Je peux ajouter que l’emballage est fait en kraft 100% français qui est également écolabellisé. On a fait le choix du zéro plastique, du transport de la ferme au magasin jusqu’à l’acheminement chez le client.

Pour la Saint-Valentin, les fleurs de saison s’imposent

D.B : Zéro rose pour la Saint-Valentin, quelles sont les raisons et les impacts engendrés par cette décision ?
H.G : Le 100% zéro rose, c’est un choix fort car cette fleur est emblématique de la Saint-Valentin. Néanmoins, on a fait le choix de ne pas faire de roses car de toute façon, elles ne sont pas de saison. Pour nous, les roses c’est de mi-juin à mi-septembre uniquement. Retirer la rose permet d’enlever la stigmatisation autour du rouge.

D.B : Du coup que proposez-vous pour ce 14 février ?
H.G :  on est repartis à zéro. Notre Saint-Valentin est pleine de couleur avec des fleurs de saison, de la tulipe, de la renoncule, de l’anémone,… Jouer sur l’unicité de chaque bouquet est important pour nous car le bouquet est à offrir à une personne qui est unique. La rose ne représente pas forcément chaque personne lors de la Saint-Valentin. Mais effectivement, le fait de ne pas vendre rose est une perte. Pour nous, le plus important n’est pas la vente, nos convictions sont supérieures à la vente de roses. Cette opinion diffère des autres fleuristes traditionnels car elle est la fleur la plus vendue en Europe.

Henry le fleuriste / Photo Dorian Blanot
Photo Dorian Blanot

D.B : Quelle fleur serait la meilleure alternative aux roses pour la Saint-Valentin ?
H.G : Moi je choisirais une belle anémone ou une tulipe. Ces fleurs sont très sensuelles et cela reste très important pour la Saint Valentin.

 

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À propos de l'auteur

Dorian Blanot

Natif de Bourgogne, Dorian Blanot est étudiant en Master Études Européennes Internationales, à l'Université Clermont Auvergne. Durant une année en Erasmus à Saragosse en Espagne, il a suivi une formation en journalisme et se destine à faire carrière dans la presse.

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