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L'Essentiel
La possession de balle et la domination parisienne ont mis en évidence les lacunes tactiques de Clermont, qui a également souffert d'une expulsion de Damien Da Silva, laissant l'équipe à dix.
Avec un bilan alarmant de seulement 4 points sur les 33 derniers possibles, le club est désormais dans une situation critique, et Sébastien Mazeyrat a été nommé nouvel entraîneur pour tenter de renverser la tendance avant la fin de la saison.
Avant-dernier de Ligue 2, le CF63 affrontait un Paris FC lancé dans la course à la montée directe.
Mais ce qui devait être une tentative de sursaut s’est rapidement transformé en démonstration d’impuissance.
Battus 2-0 dans les grandes largeurs, les Clermontois ont affiché un niveau de jeu très inquiétant et enregistré leur onzième match consécutif sans victoire.
Ce revers aura été celui de trop pour l’entraîneur Laurent Batlles, limogé dans la foulée.
Un match à sens unique dès les premières minutes
Dès l’entame, les intentions parisiennes ont été claires.
Avec 67 % de possession, les hommes de Stéphane Gilli ont d’ailleurs monopolisé le ballon et imposé leur tempo face à un Clermont recroquevillé et rapidement dépassé.
La sanction est intervenue dès la 8e minute avec l’ouverture du score signée Cafaro. Clermont, pris de vitesse et souvent désorganisé par le jeu, pourtant tranquille des Parisiens, n’a jamais semblé en mesure de répondre.
Le deuxième acte a démarré sur les mêmes bases.
Mbow a doublé la mise à la 51e minute, profitant d’une nouvelle erreur de positionnement clermontoise. Paris a dominé dans tous les secteurs : 10 occasions créées contre seulement 2 pour Clermont, 28 touches dans la surface adverse contre 11 côté CF63, 1,4 xG pour les locaux contre 0,14 pour les visiteurs.
À cela s’ajoutent 614 courses à haute intensité côté parisien contre 571 pour les Clermontois (à nuancer encore une fois avec l’expulsion de Da Silva).
Une dynamique illustrant bien, en tout cas, l’écart d’intensité et de lucidité entre les deux formations.
Une structure d’équipe toujours aussi problématique
Malgré les alertes successives et les performances en berne, Laurent Batlles a persisté avec une organisation peu lisible, notamment dans l’axe du terrain.
Le positionnement moyen des joueurs clermontois montrant une nouvelle fois une équipe coupée en deux, avec un entrejeu abandonné et des lignes désarticulées.
Ce choix tactique, qui avait déjà montré ses limites lors des dernières rencontres, a encore coûté cher.
En plus des lacunes collectives, c’est la gestion des temps faibles et des faits de jeu qui interroge encore une fois.
Comme Gastien précédemment, c’est cette fois Damien Da Silva, pourtant aussi expérimenté, qui a laissé son équipe à 10 en se faisant expulser à la 66e minute.
Un manque de maîtrise qui symbolise l’incapacité du groupe à gérer ses nerfs dans une période critique.

Paris FC – Clermont : Magnin seul au combat, les autres absents
Dans cette débâcle, un joueur a au moins répondu présent : Yohann Magnin. Capitaine du jour, il a montré l’attitude attendue dans un match de ce type.
Avec 60 ballons touchés (2e total de l’équipe), 10 interventions défensives (meilleur total du match) et 88 % de duels gagnés, il a été l’un des rares à sortir la tête de l’eau. Sa combativité contraste fortement avec la passivité du reste du groupe.
En revanche, les autres joueurs ont livré des prestations bien trop ternes pour espérer quoi que ce soit.
À divers degrés, tous ont semblé dépassés, que ce soit dans les duels (47 % de duels gagnés contre 53 % pour Paris), dans l’impact (104 km parcourus contre 111 pour les Parisiens), ou dans l’agressivité.
Le CF63 n’a pas cadré un seul tir et n’a jamais semblé en mesure d’inquiéter le gardien adverse. À ce niveau de compétition, l’absence totale de danger offensif est tout simplement rédhibitoire.
Un électrochoc indispensable à cinq journées de la fin
Avec seulement 4 points pris sur les 33 derniers possibles, le Clermont Foot s’enfonce inexorablement vers la relégation.
Ce nouveau revers laisse les Auvergnats avant-derniers, toujours à un point de Martigues, barragiste, mais désormais à 7 longueurs d’Amiens, du Red Star et de Troyes, premiers non relégables (avec une différence de but négative sur tous).
Les chiffres sont alarmants et la dynamique encore plus.
La direction a donc tranché : Laurent Batlles n’est plus l’entraîneur du CF63. Sébastien Mazeyrat le remplace.
Ce départ, aussi brutal que nécessaire, sera-t-il suffisant pour provoquer un électrochoc dans un vestiaire qui ne répond plus ?
Le calendrier restant est court, les points à rattraper nombreux, et la confiance à reconstruire quasiment inexistante.
Mazeyrat aura donc la mission de faire dans l’exceptionnel comme il a su le faire avec les jeunes du club en les menant en finale de la Gambardella pour la première fois de l’histoire du club.
La dernière cartouche…
Ce déplacement à Paris n’aura été qu’une confirmation de plus des maux profonds qui minent le Clermont Foot depuis des mois.
Une équipe sans âme, des joueurs qui se planquent, un collectif désorganisé, des leaders qui craquent, et une absence totale de tranchant offensif : tous les ingrédients de la relégation sont réunis.
Avec cinq matchs restants, le temps presse. Le changement d’entraîneur est donc l’ultime cartouche du club. À défaut de mieux, il faudra au moins s’en servir pour sauver ce qui peut encore l’être.
Voir la dernière interview de Laurent Batlles













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