La course cycliste Paris-Clermont-Ferrand est une épreuve dont la première édition a eu lieu en 1892. Qui retrouve-t-on derrière l’organisation de ce qui apparaît comme un véritable défis sportif et humain ? Les frères Michelin. Édouard et André voient dans cette course une opportunité formidable de promouvoir un peu plus leur nouveau pneu de vélo démontable. Il convient de rappeler qu’un an plus tôt, la manufacture clermontoise a équipé le vélo de Charles Terront de pneus démontables pour la course Paris-Brest-Paris de 1891 et qu’il a remporta=é l’épreuve.
Pas de place pour les tricheurs
Le règlement de la Paris-Clermont-Ferrand stipule que les 400 km doivent être parcourus en moins de 60 heures, (chose rendue possible grâce à la capacité de réparer rapidement en cas de crevaison), que les coureurs doivent être amateurs et que tous les vélos, qu’importe leur marque, sont obligatoirement équipés de pneus Michelin achetés par les coureurs… il faut bien faire tourner le business. Avec les pneus les coureurs reçoivent aussi un roadbook plié en accordéon qui préfigure les futures cartes Michelin.
Le jour J, deux coureurs professionnels squattent l’épreuve pourtant annoncée comme “un challenge cyclotouriste” et s’alignent avec des machines équipées de pneus Dunlop collés. Qu’à cela ne tienne, des clous seront répandus tête en l’air, par l’entreprise Michelin entre Nevers et Riom. L’un des deux professionnels arrive, en tête à Clermont, les derniers kilomètres parcourus sur les jantes. Mais le règlement c’est le règlement et il est déclassé au profit d’un certain Henri Farman, coureur de fond et cycliste qui deviendra par la suite le célèbre constructeur d’avions. La course passera à la postérité avec un nouveau nom “La course aux clous”. (Lire le récit complet de cette course dans la chronique d’Anne-Sophie Simonet.
8 éditions entre 1892 et 1957
Paris-Clermont ne se sera finalement déroulée que 8 fois au total. Après la première édition de 1892, la seule au XIXe siècle, il faudra attendre l’après seconde guerre mondiale pour voir de nouveau des coureurs s’aligner sur cette course à étape unique. L’édition 1947 est remportée par Pierre Brambilla, un italien qui prendra la nationalité française deux ans plus tard. Les 6 éditions suivantes sont remportées exclusivement par des coureurs français : Le Strat, Quentin, Rémy, Muller, Guéguen et Telotte. Au cours du XXe siècle, les courses de vélo changeront de format avec les classiques d’un jour sur des distances de 200 à 250 km, les longues distances étant dévolues aux courses à étapes. La Paris-Clermont disparaît du calendrier à l’issue de l’édition 1953 et Eugène Telotte reste à ce jour le tenant du titre, un statut qui va changer en 2025 car l’épreuve va connaître une 9e édition le 6 septembre prochain.
Plus de 400 km entre Brétigny-sur-Orge et la place des Carmes
En 2024, Émilien Mottet, ingénieur chez Michelin, passionné de cyclisme, a lancé l’idée de faire revivre la Paris-Clermont-Ferrand, un projet qui a séduit pas mal de monde, y compris au sein des dirigeants de l’entreprise clermontoise. La marque ne s’impliquera pas directement dans l’organisation, mais elle apporte son soutien financier et autorise l’utilisation de son nom. Ainsi la version contemporaine de la Paris-Clermont-Ferrand se nomme L’Échappée Michelin Paris-Clermont. Comme pour la première édition, le parcours sera long de plus de 400 kilomètres. Le départ sera donné à Brétigny-sur-Orge et l’arrivée place des Carmes à Clermont. Les participants feront une halte à proximité de l’usine Michelin de Bourges, pour un ravitaillement et avant de franchir la ligne d’arrivée, ils auront l’occasion de rouler sur le circuit de Ladoux.
Les participants à L’Échappée Michelin Paris-Clermont, 200 maximum, disposeront d’un temps limité à 27 heures, mais ils devront respecter la moyenne de 33 km/h. Il est possible de s’inscrire en solo, duo, trio ou quatuor. Le départ organisé par le CSB Brétigny Cyclo, sera donné le 06 septembre à partir de 6h du matin, l’arrivée étant prévue entre 18 heures le 06 et 09 heures le 07. Il y a fort à parier que certains inscrits mettront plus de 17 heures pour arriver place des Carmes, ce qui mettra en perspective l’exceptionnelle performance d’Henri Farman qui avait mis 17 heures et 12 minutes pour relier le Bois de Vincennes à la place de Jaude, mais sur un vélo plus de 20 kg et sur des routes sans doute plus chaotiques que celles d’aujourd’hui.
Inscriptions à L’Échappée Michelin Paris-Clermont, ouvertes jusqu’au 1er juillet 2025 ou jusqu’à atteinte des 200 participants.














Idée géniale de faire coïncider la durée maximale avec celle du trajet en train.