Le Tour de France cycliste féminin est de retour à Clermont, ce 31 juillet, avec la 6e étape Clermont/Jaude-Ambert, un parcours 100% Puy-de-Dôme qui passera par le sommet du col du Béal.
Après la superbe étape masculine du 14 juillet dernier, la fête du vélo se poursuit, et donne l’occasion d’un long entretien avec Marion Rousse, directrice de la course.
7 Jours à Clermont : Le Tour de France femmes s’installe de nouveau à Jaude. L’épreuve serait-elle déjà attachée à la ville de Clermont ?
Marion Rousse : Clermont est la seule ville à accueillir le Tour femme pour la seconde fois, avec une place particulière puisque puisqu’elle a été la ville du grand départ de la seconde édition. La première était parti de Paris et Clermont c’était un peu comme si on s’émancipait avec notre propre départ pour le cyclisme féminin. Et puis, Clermont est clairement une ville vélo.
7JàC : Pourquoi tant de faveurs pour Clermont ?
M.R : Il faut dire que Clermont est une ville très sportive. Cela se voit avec le vélo mais il y a aussi le rugby et le foot et puis, ici, il y a un terrain de jeu exceptionnel. On peut se permettre de faire un parcours pour puncheurs ou dans les montagnes. Je crois que quand on est venu une fois, on a un spectacle tellement magnifique, que l’on a envie d’y revenir, cela se vérifie ces dernières années.
7JàC : Vous ressentez que l’engouement pour le cyclisme féminin se renforce ?
M. R : Oui clairement. Sur la première édition on nous posait certaines questions… on nous demandait si c’était une bonne idée, si les gens allaient suivre, si cela allait être beau à regarder à la TV. En fait les championnes ont répondu à la pédale et dès la seconde édition les questions étaient très différentes. C’était “quelles sont les favorites ?”, “quel parcours ?” On le voit, depuis le Tour femmes, il y a un avant et un après. Cet hiver, par exemple, on a autant parlé du transfert de Demi Vollering que du transfert de n’importe quel autre coureur homme. On est donc passé dans une phase très différente où maintenant ce n’est plus une curiosité de voir des femmes sur un vélo. Ce sont des championnes, des championnes méritantes qui offrent du beau spectacle, parfois même plus de spectacle que chez les hommes, avec plus de suspense. L’an dernier 4 secondes au sommet de l’Alpe-d’Huez, c’était du jamais vu.
“Le cyclisme féminin a toute sa place à la TV et sur les routes”
7 Jour à Clermont : Où est en le cyclisme féminin en 2025, comment le Tour prend-il sa place ?
Marion Rousse : On est en train de s’installer, on progresse mais il ne faut pas aller trop vite car l’écosystème du cyclisme féminin reste fragile. On est là dans un rôle d’accompagnateur, il ne faut pas se brûler les ailes et aller trop vite, mais on est clairement sur de bons rails. On est passé de 8 à 9 étapes, donc cela montre que l’on est parti pour de belles années. Encore une fois, il ne faut pas aller trop vite. Par exemple, chez les hommes, il y a trente coureurs à être rémunérés, le staff autant, chez les femmes ce n’est pas du tout le cas. Elles sont 10 ou 11 par équipe. Les courses ce n’est pas ce qui manque finalement, on s’est intégré dans un calendrier bien fourni et le but est de ne pas tuer les autres courses et surtout de ne pas épuiser le stock de concurrentes. Il faut y aller progressivement. C’est un signe fort de passer de 8 à 9 étapes mais il faut retenir que l’on y va prudemment, sans fermer la porte à quoi que ce soit.
7JàC : Les équipes réclament fortement de participer à l’épreuve ?
M. R : Oui c’est comme pour les hommes. Vraiment, il y a un besoin de participer au Tour, parce que la course est médiatique, retransmise dans plus de 190 pays dans le monde. On intéresse des gens qui ne regardent pas forcement du cyclisme tout au long de l’année, mais parce que c’est le Tour de France, parce que c’est pendant les vacances, parce qu’il y a la caravane qui passe. Tout ce qui marche pour les homme a été remis pour les femmes. La magie du Tour opère également pour le cyclisme féminin. C’est très important pour les sponsors d’y être, parce qu’une telle visibilité n’existe sur aucune autre course. C’est parfois vital pour certaines équipes d’y participer.
7JàC : On dit que le Tour femmes est un prolongement du Tour hommes. Cela se ressent en terme d’audience ?
M. R : En terme d’audience TV, ça marche très bien. L’an passé on était un peu dans l’attente de savoir si cela allait fonctionner puisqu’on était pas à la suite du Tour hommes. Malgré la coupure des JO, on a vu que les gens avaient pris rendez-vous avec le Tour femmes. Cela montre que le cyclisme féminin a toute sa place à la TV et sur les routes.
7JàC : Le Tour femmes est-il un booster pour la pratique ?
M. R : C’est encore un peu tôt car nous n’en sommes qu’à la 4e édition. Évidemment le Tour crée des vocations, ça c’est sûr. Les petites filles ne s’imaginaient pas de pouvoir faire le Tour un jour, puisqu’il n’existait pas… Et là on leur offre la possibilité avec le Tour mais aussi d’autres compétitions que l’on peut voir à la TV, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Milan-San-Remo…maintenant il y a de quoi faire et l’on donne la possibilité à de jeunes femmes de décider ce qu’elles veulent faire. Ça c’était notre priorité et bien sûr que cela se verra dans quelques années sur le nombre de licenciées.
7JàC : Le tour c’est aussi des opérations connexes à la course…
M.R : L’événement est tellement énorme que cela met du temps pour son accueil, et l’on profite de ce moment d’attente pour voir les collectivités, pour rencontrer des gens comme lors de La Dictée du Tour que l’on propose dans toutes les villes départ et arrivée. C’est l’occasion d’expliquer ce qu’est le cyclisme. Même si les enfants ne deviennent pas des champions, s’ils rentrent chez eux avec l’envie de prendre leur bicyclette et d’aller rouler, le pari est déjà gagné. Le Tour ce n’est pas que la compétition, c’est tout ce qu’il y à côté. Par exemple, à Rotterdam pour le grand départ l’an dernier, on avait monté un projet pour apprendre à des femmes issues des quartiers, à faire du vélo parce qu’on s’était rendu compte qu’elles ne savaient pas toutes en faire. On leur a aussi montré que le vélo est un outil de liberté. On veut que le Tour donne plus qu’une simple course de vélo.
Le Tour femmes, un jour, au sommet du puy de Dôme ?
7 Jours à Clermont : Un petit mot sur l’étape Clermont-Ambert ?
Marion Rousse : Cette 6e étape est importante car on va changer de braquet. On aura eu des étapes pour les sprinteuses et les puncheuses et là on arrive dans la montagne avec l’ascension du col du Béal, en milieu d’étape. 124 kilomètres et pratiquement 2 500 mètres de dénivelé positif. On pourra même assister à des premiers écarts au classement général et ce sera que de la montagne jusqu’à l’arrivée finale.
7JàC : On pourrait voir un jour le Tour femmes arriver au sommet du puy de Dôme ?
M. R : Si cela a été réalisable pour les hommes ce le sera pour les femmes… évidemment que ce sera un de nos futur projets parce que le Tour femmes aime bien suivre les trace de son grand frère et clairement cela fait partie de l’histoire du Tour, donc on espère un jour y aller.













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