Accueil » Chroniques » Maisons hasardeuses
Photo D.R.
Chroniques

Maisons hasardeuses

Dans une maison construisez d’abord le toit. Vous serez tout de suite à l’abri.

Les plaies d’une maison sont bien connues : la foudre contre laquelle on a les paratonnerres, les rats contre lesquels on a les chats et les voisins contre lesquels il n’y a pas grand-chose à faire.

J’ai trop bien dressé mon chien de garde. Il m’interdit rigoureusement de franchir la porte de ma maison.

Il avait pour sa maison un attachement touchant. Quand il pleuvait, il montait éponger le toit avec son mouchoir.

Photo D.R.

J’ai acheté une maison à monter tout seul. Depuis dix ans je fais du camping dans mon jardin.

On met des numéros aux maisons pour que s’y retrouvent les facteurs et les ivrognes.

Ma maison n’a pas d’étage, mais pour une question de standing j’y ai fait installer un ascenseur.

Elle eut tort de demander aux services de nettoiement de la ville d’effacer les tags sur les murs de sa maison. C’étaient les tags qui soutenaient les murs.

Fermer sa porte est le meilleur moyen de se faire cambrioler. J’ai un ami qui a décidé de laisser tout ouvert dans sa maison. On lui a volé sa porte.

Il ne voulait surtout pas que quelqu’un puisse habiter la maison qu’il avait construite et où il avait toujours vécu. Quand il sentit sa fin proche, il la fit sauter à la dynamite et fut obligé de vivre dehors pendant quinze ans.

Depuis que sa maison se trouvait au-dessous d’un couloir aérien, il trouvait que les insectes étaient de plus en plus gros et bruyants.

L’accélération de la circulation est impressionnante. J’ai dû creuser un souterrain pour sortir de ma maison.

L’orthographe évolue. Il y a de moins en moins de gens qui écrivent clef au lieu de clé. La sécurité des appartements y a beaucoup perdu.

Celui qui habite dans un virage au bas d’une côte sait qu’une porte n’est jamais vraiment fermée et qu’on ne connaît pas toujours celui qui vient dîner le soir.

Accrochez à votre porte une pancarte « Attention, chien méchant », vous ferez plaisir à votre petit caniche qui a la trouille de son ombre.

Une porte condamnée peut-elle faire appel ?

Le vent est l’ami des isolés. Il secoue leur porte et leur donne l’illusion qu’on leur rend visite.

N’ouvrez jamais votre porte à un inconnu. Vous pourriez constater que vous le connaissez.

Photo D.R.

Ceux qui mettent des rideaux à leurs fenêtres sont souvent ceux qui ont le moins de chose à cacher.

Les doubles vitrages des fenêtres évitent aux automobilistes d’être gênés par les bruits de disputes venant de l’intérieur des immeubles.

Même si vous n’êtes entouré que de trois arbres, dites que vous habitez une maison forestière.

Il naquit, vécut et mourut dans la même maison, avec l’espoir de revenir la hanter comme fantôme.

C’était un spécialiste de l’immobilier. Il avait connu des tas de maisons : maisons de correction, maisons d’arrêt, maisons centrales.

Si vous vous sentez mal à l’aise dans votre maison, ce n’est pas forcément de la faute de votre maison.

Photo D.R.

Il est dommage qu’on détruise les échafaudages qui ont servi à construire une maison. Parfois ils étaient plus beaux que la maison.

Si vous voulez être prudent à l’extrême : construisez votre maison près d’un hôpital, d’une caserne de pompiers, et d’un cimetière.

La planète est, paraît-il, notre maison commune, mais il y en a qui occupent les plus grandes pièces.

Dites je réside. Ça a plus d’allure que j’habite ou je crèche.

J’ai fait une expérience de colocation avec moi-même, mais ça n’a pas marché.

Les gens très croyants rêvent d’habiter un gratte-ciel pour être plus près du Seigneur.

Avant, on plantait sur son toit un drapeau pour montrer qu’on avait terminé sa maison. Maintenant, c’est pour montrer qu’on a gagné la Coupe du monde de foot.

Si l’on habite une péniche, peut-on dire qu’on a un pied-à-terre ?

La construction d’une maison est une question d’inspiration : les uns commencent par les fondations, les autres par le deuxième étage.

On achève bien les maisons. On dit que leur bail expire.

Les accueillantes et tranquilles maisons de famille, celles qu’on se dispute âprement au moment des héritages.

Photo D.R

La petite maison dans la prairie avec la cheminée qui fume séduira toujours ceux qui n’ont jamais eu à couper du bois.

Sa maison était si poussiéreuse, si pleine de moutons, qu’on l’appelait la bergerie.

Quand, du train ou de la voiture, on aperçoit un village tranquillement blotti dans un vallon, il est difficile d’imaginer que dans certaines maisons des gens s’engueulent.

Certains architectes sont comme les écoliers maladroits. Ils font des pâtés de maisons.

Une maison qui fume se prépare un sacré cancer.

L’accession à la propriété sera toujours plus dure dans les pays de montagne.

Les maisons ont deux ennemis : les termites et la taxe d’habitation.

N’habitez jamais une maison ronde. Calculer sa surface carrée est un vrai casse-tête.

« Ma dernière demeure », disait en parlant de sa tombe ce futur mort qui ne se doutait pas qu’un glissement de terrain le ferait encore voyager.

Photo D.R.

 

 

 

À propos de l'auteur

Denis Langlois

Denis Langlois

Ancien avocat parisien spécialisé dans la défense des Droits de l'Homme. Écrivain, auteur d'une trentaine de livres dont "L'Affaire Seznec", "La Maison de Marie Belland" ou "La Politique expliquée aux enfants (et aux autres)". Écrit des aphorismes humoristiques qu'il a publié dans diverses revues, notamment "Fluide Glacial". Vit depuis une quinzaine d'années en Auvergne.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite