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Lisa Barbelin et Thomas Chirault / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
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Lisa Barbelin, Thomas Chirault, un couple en or

Cupidon a manifestement décoché de très belles flèches sur Lisa Barbelin et Thomas Chirault. Il leur a non seulement apporté l'amour mais aussi une incroyable maîtrise du tir à l'arc. Rencontre avec deux médaillés aux JO de Paris

Les archers Lisa Barbelin, 24 ans, licenciée aux Archers riomois et Thomas Chirault, 26 ans, licencié au Stade Clermontois, vivent depuis en couple depuis qu’ils se sont rencontrés à l’INSEP. Et c’est en couple qu’ils ont préparé les JO de Paris 2024, une formule gagnante. Aux épreuves de tir à l’arc, elle, a remporté une médaille de bronze en individuel, lui, a remporté une médaille d’argent par équipe.
Rencontre avec deux médaillés d’une simplicité et d’une gentillesse hors du commun :

Que retenez-vous des JO de Paris 2024 ?
Lisa Barbelin : Des jeux exceptionnels, on a vécu quelque chose d’extraordinaire. Remporter une médaille tous les deux, sur deux catégories différentes, mais les remporter ensemble, c’est vraiment exceptionnel, ce n’était jamais arrivé. Une olympiade avec deux médailles, on est très très fiers.

Lisa en bronze, Thomas en argent… êtes-vous jaloux l’un de l’autre ?
Thomas Chirault : Non pas du tout. On les partage, comme cela à la maison, on a deux couleurs différentes et c’est bien mieux pour les exposer. Et puis une de bronze et une d’argent cela fait un couple en or !

Participer aux JO en couple était une force ?
Lisa Barbelin : Oui c’était une grande force, d’être tous les deux, de vivre cela ensemble, de voir que c’était possible d’avoir une médaille, avec Thomas en premier, à condition de se mettre dans les bonnes conditions. Et cela a joué grandement, je pense.

Lisa, vous êtes la première française à obtenir une médaille olympique en tir à l’arc individuel dans l’histoire des jeux. Cela vous fait quelque-chose ?
Lisa Barbelin : Je suis entrée dans l’histoire, mais je ne m’en rends par tout à fait compte, parce que c’est énorme. Thomas aussi est entré dans l’histoire puisque c’est la première équipe masculine a remporter une médaille aux Jeux Olympiques.
Thomas Chirault : Il y a eu pas mal d’histoires sur ces JO. La première double médaille au tir à l’arc sur une olympiade ce n’était jamais arrivé. On a écrit l’histoire d’une belle manière et l’on repart sur une page blanche vers Los Angeles pour essayer de faire encore quelque chose là bas.

Vous êtes revenus de Paris en stars, on vous demande d’intervenir pour témoigner ?
Lisa Barbelin : Oui, aujourd’hui par exemple je vais visiter des école avec le président des Archers Riomois, Julien Maigret et parler aux enfants de ce que j’ai vécu. Je suis ravie de pouvoir partager ma médaille. La médaille olympique, c’est chouette pour cela aussi, on peut la partager et on a envie de partager, de montrer aux enfants que tout est possible si on s’en donne les moyens.

Dans votre vie quotidienne vous avez l’impression d’avoir changé de statut ?
Thomas Chirault : Oui on est reconnus dans la rue, chose qui n’était pas forcement la cas auparavant. Même pendant nos vacances dans le Jura, en rando, on nous a reconnu en plein milieu de la forêt. C’est même plutôt impressionnant parce que comme le dit Lisa, au final, on vient chacun d’un petit village et nous sommes des gens normaux qui ont fait des choses extraordinaires. Cela montre encore une fois que peu importe d’où l’on vient, l’important c’est ce à quoi on rêve et ce que l’on fait pour s’y accrocher et aller au bout. C’est ce message que l’on voudrait faire passer aux petits comme aux grands, parce qu’il n’y a pas d’âge pour rêver.
Lisa Barbelin : On s’est aussi rendu compte qu’une médaille, au niveau mondial ou européen, fait rêver les enfants et qu’une médaille au niveau olympique fait aussi rêver les adultes. Et cela ça change beaucoup car c’est très gratifiant de se sentir un peu modèle de gens qui sont plus âgés que nous. Tout ce que l’on a vécu peut être transposé à plein de choses différentes. Cela peut être transposé à l’entreprise, à l’école, à la guérison après une maladie… je trouve que c’est ça la magie d’une médaille olympique.

Vous sentez que vous portez aussi une responsabilité en tant que porte-étendard de votre discipline?
Lisa Barbelin : Oui clairement… mais je le ressentais déjà avant d’avoir cette médaille. Je sentais déjà que les gens s’identifiaient à moi, peut-être de part les émotions que j’ai fait vivre aux gens aux JO, mais avant aussi. Oui, on est porte-étendard et qu’est-ce qu’on est heureux de l’être. Parce que c’est génial de donner du rêve aux gens, de leur montrer que tout est possible. Encore une fois, si on cherche à faire des choses et si l’on travaille, on y arrive. On aime être cela, on adore être cela.

Ces médailles servent aussi à promouvoir le tir à l’arc ?
Lisa Barbelin : J’espère… je pense que c’est déjà le cas. J’espère que ces médailles vont amener beaucoup de jeunes dans les clubs et pas que des jeunes d’ailleurs… des adultes, des ados, de tous les horizons pour justement faire briller le tir à l’arc.

Comment gérez-vous le fait que vous n’êtes pas licenciés dans le même club ?
Thomas Chirault : On le gère plutôt très bien puisqu’on est un peu les Roméo et Juliette de l’Auvergne. Riom a une super équipe féminine et Clermont une super équipe masculine. Les clubs sont un peu rivaux car ce sont deux grosses structures installées à proximité l’une de l’autre. Mais sur les terrains en France on est très fiers de mixer nos t-shirt Riom et Clermont pour montrer l’unité de l’Auvergne.

Vous pensez-déjà à Los Angeles ?
Lisa Barbelin : Oui on pense beaucoup à Los Angeles, parce qu’on aimerait marquer l’histoire, mais d’une autre manière : remporter la première médaille en mixte, tous les deux, cela ferait une sacrée histoire. Mais pour l’instant, on se concentre davantage sur 2024. Je pense que le temps est plus à la célébration qu’à l’avenir, mais en tout cas, oui, on est prêts pour 2028, on a envie d’y être et on va tout donner y être.

Comment s’est passé votre retour à la vie normale ?
Lisa Barbelin : C’est pas facile !
Thomas Chirault : On a fait notre rentrée après un an d’absence pour préparer les jeux et effectivement ce n’est pas évident. Mais cela fait du bien de sortir un peu de la routine d’entraînement qu’on a connu l’année passée et de se nourrir un peu l’esprit et le cerveau d’autres choses, de continuer à se développer chacun sur nos passions qui diffèrent un peu du sport.

Après ces médailles qu’est ce qui vous manque ?
Lisa Barbelin : Qu’est ce qui nous manque ? Pas grand chose. Même avant ces médailles, il ne nous manquait pas grand chose… c’est cela qui est important à dire. Ces médailles oui, apportent beaucoup de bonheur, mais on était déjà très heureux avant et on avait déjà accompli de grandes choses. Même sans accomplir de grandes choses, ce qui compte c’est juste d’être bien dans ses baskets et d’être heureux. Et là, avec ou sans médaille, c’est le cas.

Merci à la CEPAL, Caisse d’Épargne Auvergne Limousin, qui a soutenu Lisa Barbelin dans l’aventure JO de Paris 2024, d’avoir permis cette rencontre.

Lisa Barbelin, dédicace / Photo Olivier Perrot
Photo Olivier Perrot

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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