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La Grande Arche Photo Olivier Perrot
La Grande Arche / Photo Olivier Perrot
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La malédiction de la Grande Arche, dernier rendez-vous d’Archi&Toile 2025

Le dernier rendez-vous du programme Archi&Toile 2025 de la Maison de l'Architecture Auvergne sera consacré à la Grande Arche de la défense. Jean-Marie Montangerand, réalisateur du documentaire "La malédiction de la Grande Arche" viendra présenter son film.

En 1982, Roger Quilliot occupe le siège de maire de Clermont depuis déjà 9 ans, mais il est aussi le ministre du Logement et de l’Urbanisme du gouvernement Mauroy. C’est à ce titre qu’il lance officiellement en juillet, avec Robert Lion, président de l’EPAD, (Établissement public pour l’aménagement de la région de la Défense), un concours international d’architecture pour un projet situé dans le quartier d’affaires de La Défense à l’ouest de Paris, sur la commune de Puteaux. Le lancement de ce concours ouvre le premier chapitre d’une histoire où s’entrechoquent idéalisme, politique et économie.
Le projet est né dans la tête de François Mitterrand qui souhaite que son passage à l’Elysée soit marqué par des « grands travaux » et il aimerait rester ad vitam aeternam le président qui a prolongé la perspective des Champs-Elysées au-delà de l’Arc de triomphe, vers l’avenir…  Le programme de La Grande Arche ou Arche de la défense sera en quelque sorte l’Arc de Triomphe Mitterrand.

Un architecte inconnu

424 projets venus du monde entier remontent vers Paris. Quatre sont sélectionnés par le jury et présentés au président. Mitterrand se rallie à la proposition du jury qui retient celui de Johan Otto von Spreckelsen, un architecte danois inconnu sans agence ni associé, professeur à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark. Sa proposition repose sur sa forme fétiche, le cube qui, ouvert en son centre, permet de créer la perspective voulu par Mitterrand, tout en créant à sa base une vaste esplanade où « les hommes pourront se rencontrer librement » selon sa profession de foi.
Le chantier débute en 1985. Von Spreckelsen respecte le règlement du concours et fait appel à Paul Andreu pour la partie construction, mais les deux hommes ne s’entendent pas toujours sur la méthode. Les relations entre l’architecte et ses commanditaires ne sont pas non plus au beau fixe. En 1986, suite à la dissolution de l’Assemblée, le gouvernement Chirac conteste le caractère public du bâtiment et supprime le CICOM, Carrefour international de la communication considéré comme l’âme du projet. Johan Otto von Spreckelsen ne supportant pas que l’on dénature son projet, démissionne et meurt quelques mois plus tard d’un cancer. Paul Andreu poursuit seul le travail et procède à des adaptations. La Grande Arche est inaugurée en 1989, année du bicentenaire de la Révolution et du centenaire de la Tour Eiffel. Le symbole historique est fort, mais le projet devenu réalité est aussi un bel exemple de ce que peut être un gouffre financier.
Depuis 1989, la vie de la Grande Arche est émaillée de problèmes techniques, d’éléments de façade à remplacer, de coûteux travaux d’entretien, d’arrivées et de départs d’occupants… mais finalement n’est-ce pas l’inévitable destin pour ce colosse dont le vide central pourrait accueillir Notre-Dame de Paris ?

Diffusion du documentaire La malédiction de la Grande Arche

L’histoire de ce projet chaotique a fait l’objet d’un film documentaire de 52 minutes de Jean-Marie Montangerand, sorti en 2023 intitulé La malédiction de la Grande Arche. C’est avec la projection de ce film, en présence de son réalisateur, que se refermera l’édition 2025 Archi&Toile, présenté par La Maison de l’Architecture Auvergne.

Archi&Toile 2025 : La malédiction de la Grande Arche de Jean-Marie Montangerand. Projection + débat, jeudi 4 décembre à 20 heures au Lieu-Dit, rue Fontgiève à Clermont. Entrée au chapeau. 

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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