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Jean-François Cassant en compagnie de Stéphane Ortelli, vainqueur des 24 Heures du Mans 1998.
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Jean-François Cassant, passionnéMans

Depuis cinquante ans, le Clermontois Jean-François Cassant est fidèle aux 24 Heures du Mans. Samedi prochain, il sera une nouvelle fois au départ, en tant que commissaire de course lors d'une édition pas comme les autres.

Cette année, les Clermontois ne seront pas nombreux à se rendre aux 24 Heures du Mans. Et pour cause : la prestigieuse épreuve se déroulera à huis clos ! Une exception et un paradoxe pour cette manifestation éminemment populaire qui rassemble généralement plus de 200.000 spectateurs. Et comme 2020 n’est décidemment pas ordinaire, Le Mans a quitté les longues journées de juin pour trouver refuge aux portes de l’automne. Situation qui ne s’est produite qu’une fois dans l’histoire de la course : c’était en 1968, dans la foulée des événements de mai.

Le contexte très particulier de cette édition 2020 n’empêchera pas Nathanaël Berthon de faire partie des pilotes de pointe de la compétition. Le Clermontois sera, en effet, au volant de l’un des six prototypes LMP1 au départ de l’épreuve. Une auto qu’il partagera avec le Français Romain Dumas (vainqueur à deux reprises) et le Suisse Louis Delétraz (qui dispute également le championnat de Formule 2). Sa Rebellion R13 visera peut-être la pole position mais on la voit mal tenir la dragée haute aux deux Toyota, seules au monde depuis le retrait d’Audi et de Porsche, pendant les deux tours d’horloge.

Une atmosphère unique

En poste dans la courbe Dunlop.

Si les pilotes écrivent l’histoire du sport-automobile, les commissaires de course restent indispensables à leurs exploits. Sur le circuit du Mans, une douzaine d’entre eux proviendra de l’ASACA (Association Sportive de l’Automobile Club d’Auvergne). Et le Clermontois Jean-François Cassant restera fidèle à une épreuve qu’il a découverte en 1969, l’année où Jacky Ickx, parti le dernier, souffla la victoire pour quelques mètres à Hans Herrmann. « Ça a été un véritable coup de cœur. Le Mans est véritablement unique avec son atmosphère de fête, les bolides qui roulent en pleine nuit. Il n’existe pas de véritable mot pour décrire ce que l’on ressent alors… ». Depuis cinquante ans, les 24 Heures font partie intégrante de la vie du commissaire. C’est dans la courbe Dunlop, qui suit la ligne droite des stands, qu’il s’installera dès les essais jeudi 16 septembre, au milieu de son équipe, avec pour mission de veiller à la sécurité des concurrents. « Nous faisons un travail basique. Mais sans commissaires, il n’y aurait pas de course » explique-t-il. « Les drapeaux que nous agitons signalent les dangers aux pilotes, ils indiquent aussi les conditions de la piste. Il nous arrive également de pousser les voitures en panne. Tout cela demande beaucoup d’attention et de vigilance. » La courbe Dunlop reste un endroit “chaud” du tracé. Les sorties de route n’y sont pas rares. C’est là, contre un rail, que la carrière du Belge Thierry Boutsen s’est arrêtée brutalement contre un rail en 1999, un accident dont Jean-François Cassant fut l’un des témoins.

Sans public

Au Mans, les plages d’action alternent avec les phases nécessaires de repos. Comme les pilotes, les commissaires se relaient. « Cela me permet de profiter pleinement de la compétition. Lorsque je laisse tomber les drapeaux, j’aime particulièrement me rendre dans les stands. Ou encore aller sur d’autres endroits du circuit » précise le Clermontois qui a été à l’oeuvre lors de nombreux Grand-Prix de Formule 1. A ses yeux, les 24 Heures demeurent incomparables. “La F1 a perdu de son charme, elle est désormais impersonnelle. Au Mans, la magie a perduré même si les contraintes et les restrictions se sont devenues plus nombreuses au fil des années.” Le commissaire clermontois n’appréhende-t-il pas cette édition privée de public et donc de la fête qui fait pourtant partie intégrante de l’épreuve ? “En réalité, je préfère ne pas trop y réfléchir. Je pense que ce sera différent, qu’il manquera une dimension. Mais, dans la période que nous vivons, il me semble qu’il est important que la course se déroule, malgré tout...”

Rituels

Jean-François Cassant entend bien vivre à fond cette semaine hors de Clermont. Au printemps dernier, la tenue des 24 Heures du Mans était incertaine. Alors, pour maintenir, contre vents et marées, ce rituel qui marque son année, il n’avait pas hésité à effectuer le voyage jusqu’à la Sarthe. Histoire de retrouver des impressions, des sensations ou des rendez-vous, comme cette halte dans la ville de Loches dont il est coutumier. Une façon, aussi, d’entretenir une flamme qui, au bout de cinquante ans, ne s’est pas éteinte. Preuve que l’enthousiasme n’est pas l’apanage de la jeunesse…

 

La magie du Mans- photo Michelin.

 

Les 24 Heures du Mans seront retransmises intégralement sur Eurosport 2 du samedi 19 septembre à 14h au dimanche 20 à 15h; également sur France 3 le samedi de 14h15 à 17h05 et le dimanche de 00h15 à 11h15 et de 12h55 à 14h55. 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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